Accurso pourrait devoir témoigner à Ottawa

Ottawa — L'entrepreneur en construction Tony Accurso pourrait devoir s'expliquer devant les parlementaires à Ottawa si le Bloc québécois réussit à faire adopter sa toute dernière motion.

Le Bloc souhaite que le comité des finances s'octroie le mandat d'étudier les allégations de fraude fiscale par des entreprises en construction — dont deux sont reliées à M. Accurso — avec l'aide d'employés de l'Agence du revenu du Canada.

Si cette motion, déposée hier, est adoptée par une majorité de députés, une série de témoins seront alors convoqués pour faire la lumière sur cette affaire qui, selon le Bloc, a une odeur de trafic d'influence. Le puissant entrepreneur Tony Accurso fait partie de la liste des témoins envisagés, tout comme des responsables de l'Agence du revenu et le ministre du Revenu national, Keith Ashfield.

L'Agence du revenu a d'ailleurs ouvert une enquête sur une douzaine de personnes — dont des fonctionnaires du bureau montréalais de l'impôt — qui auraient aidé des individus ou des entreprises à frauder le fisc.

L'enquête porte notamment sur des déclarations fiscales de Constructions Louisbourg et de Simard-Beaudry Construction, deux entreprises reliées à M. Accurso. Ces entreprises ont plaidé coupables la semaine dernière à des accusations de fraude fiscale. Une affaire de fausses factures et de dépenses inadmissibles — mais pourtant réclamées — totalisant un peu plus de 4 millions.

Des employés de l'Agence fédérale du revenu auraient été congédiés en lien avec cette enquête et d'autres, suspendus.

Le Bloc s'inquiète

Mais le Bloc s'inquiète que cette affaire ne soit pas limitée à quelques employés. «Il y a peut-être tout un réseau en arrière de cela», a fait remarquer le bloquiste Daniel Paillé, qui siège au comité des finances, en entrevue avec la Presse canadienne.

«Est-ce que le premier ministre va mettre fin au règne de l'omerta et nous répondre? S'agit-il d'un réseau? Combien y a-t-il de personnes impliquées dans cette affaire?» a demandé Gilles Duceppe.

«Il y a une enquête et la GRC en a été informée. Comme je viens de le dire, les inconduites sont tout à fait inacceptables, et notre gouvernement considérera cette situation», s'est contenté de répondre le premier ministre, hier, aux Communes.

L'histoire a pris une tournure surprenante lorsqu'il a été rapporté par Radio-Canada qu'un cadre responsable de l'enquête de l'Agence du revenu a été tabassé au sortir d'une fête de Noël la fin de semaine dernière. André St-Amand fait aussi partie des témoins pressentis par le Bloc. Même si on ne sait pas encore si elle est reliée à l'enquête en cours, cette agression est choquante et justifie de poser des questions, insiste le Bloc.

Pourquoi Accurso?

M. Duceppe a dû justifier la présence de Tony Accurso sur la liste de témoins du comité. «Parce qu'il a été mêlé à ça. On veut le savoir. C'est ça que l'on nous dit, que l'enquête concernait ses propres compagnies. On veut faire la lumière sur ça», a expliqué le chef.

Pour lui, il est important de faire une enquête pour rassurer les gens.