Francisation: Québec veut outiller les petites entreprises montréalaises

La ministre Christine St-Pierre lançait hier le nouveau carrefour de francisation, un site Internet doublé d’une ligne téléphonique qui vise les petites entreprises montréalaises de 50 employés et moins qui veulent se franciser.
Photo: - Le Devoir La ministre Christine St-Pierre lançait hier le nouveau carrefour de francisation, un site Internet doublé d’une ligne téléphonique qui vise les petites entreprises montréalaises de 50 employés et moins qui veulent se franciser.
Et ce n'est pas superflu, semble-t-il, puisque le gouvernement du Québec et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain lançaient hier le nouveau carrefour de francisation, un site Internet doublé d'une ligne téléphonique qui vise les petites entreprises montréalaises de 50 employés et moins qui veulent se franciser.

Selon Christine St-Pierre, ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française, ce sont quelque 2400 petites entreprises de Montréal qui pourraient avoir besoin de ces services.

Cette dérive des services vers l'anglais serait d'ailleurs largement due à la présence des quelque 12 000 étudiants étrangers, notamment des universités Concordia et McGill, à qui on a permis de travailler hors campus, et qui ne maîtrisent souvent pas le français. Mme St-Pierre annonçait hier un programme de francisation de ces étudiants, assorti de bourses. Elle ajoute d'ailleurs que Québec aimerait bien que ces étudiants s'installent ici de façon permanente.

Dans le cadre du carrefour de francisation, la Chambre de commerce de Montréal embauchera aussi cinq démarcheurs, qui auront pour mission de se rendre dans les commerces, pour inciter les entreprises à utiliser les outils de francisation à leur disposition. Les quartiers visés en priorité par ce programme sont le centre-ville et l'ouest de Montréal, et la région de Ville-Saint-Laurent.

Se défendant d'être alarmiste quant à la situation du français à Montréal, la ministre St-Pierre reconnaissait cependant qu'il fallait être «plus vigilant» depuis environ cinq ans. L'usage courant d'Internet par les jeunes ainsi que le déplacement de la population francophone de Montréal vers les banlieues pourraient être responsables d'un certain glissement vers l'anglicisation.

Dans le cadre du carrefour de francisation, on entend travailler aussi sur la langue d'usage à l'intérieur des entreprises, dans l'administration par exemple. On veut aussi faire valoir aux entreprises qu'elles ont tout intérêt à offrir des services en français pour s'attirer une clientèle majoritairement francophone.

Du côté de la Chambre de commerce de Montréal comme du gouvernement, on invite finalement la population francophone du Québec à exiger des services en français.

La SSJB demande une enquête


Pendant ce temps, la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) demandait hier une enquête sur l'utilisation du français dans les établissements de santé qui détiennent un statut bilingue en vertu de la loi sur la langue française. Plusieurs de ces établissements ont en effet été l'objet de fusions au cours des dernières années, et la clientèle qu'ils desservent n'est plus majoritairement non francophone, comme le prévoit la loi. Or, dans ces établissements de santé, les communications internes se font régulièrement en anglais, et l'embauche de personnel unilingue anglophone est autorisée. La SSJB prenait hier en exemple le cas de l'Institut de réadaptation Gingras-Lindsay, produit de la fusion de l'Institut de réadaptation et du Lindsay Rehabilitation Hospital, qui demande un statut bilingue même si sa clientèle est désormais majoritairement francophone. La SSJB dit avoir déjà reçu de nombreuses plaintes d'usagers et d'employés de centres de santé bilingues concernant l'anglicisation de ces établissements.

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