Hausse des cotisations de la RRQ - Force Jeunesse dénonce l'attentisme du gouvernement

Québec — L'attentisme du gouvernement au sujet du Régime des rentes coûtera cher aux jeunes, a averti récemment l'organisme Force Jeunesse (FJ), dans une lettre à la ministre de l'Emploi, Julie Boulet, dont Le Devoir a obtenu copie. «Nous sommes à la fin de 2010» et aucun projet de loi n'a encore été déposé afin de «rectifier le taux de cotisation au régime», y déplore le président de FJ, Jonathan Plamondon.

Dans un document en juin 2008, la Régie des rentes du Québec proposait que les cotisations soient haussées de 9,9 % à 10,4 % sur cinq ans à partir de 2011 afin d'éviter que le régime ne soit à sec dans les années 2030. «Mais depuis, le gouvernement n'a pas bougé», déplore M. Plamondon, qui souligne que les pertes à la Caisse de dépôt en 2008 ont aggravé le problème pour la RRQ. Depuis 2008, estime-t-il, chaque année écoulée sans ajustement représente une perte de plus de 800 millions de dollars.

M. Plamondon rappelle la fameuse échéance de 2012, où les départs à la retraite seront massifs et où les travailleurs seront de moins en moins nombreux pour supporter le régime. «Ça n'a pas l'air important pour le gouvernement», a soutenu M. Plamondon hier au Devoir.

Croisée dans le couloir au sortir du Conseil des ministres, Julie Boulet a soutenu qu'un projet de loi serait déposé au «début de la prochaine session» et qu'une hausse des cotisations n'était pas exclue. Elle a ajouté que le gouvernement pourrait agir sur «toutes sortes de paramètres».

Le critique péquiste en la matière, François Rebello, s'est dit «choqué» hier de voir que le gouvernement «attendra encore». Avec un projet de loi en début d'année, des consultations, les ajustements requis au régime pourraient bien ne pas être apportés avant 2012, «alors que le gouvernement a été averti en 2008». Le député croit que le gouvernement ne devrait pas se limiter à une hausse des cotisations, mais devrait explorer d'autres avenues, comme augmenter les pénalités des travailleurs qui prennent leur retraite à 60 ans, par exemple. «C'est ce que des provinces au Canada anglais ont fait», a-t-il souligné.
1 commentaire
  • Jean-Pierre Aubry - Abonné 9 décembre 2010 09 h 41

    La première étape : le rapport actuariel au 31 décembre 2009

    La première étape dans le dossier de la détermination du taux de cotisation au RRQ est de présenter aux citoyens du Québec qui sont les participants à ce régime une évaluation actuarielle. Cela aurait dû être fait par la publication d’un rapport spécial, à l’automne 2008 après les pertes colossales, ou au printemps 2009 après la production des états financiers au 31 décembre 2008. Le gouvernement a malheureusement choisi de ne pas traiter la situation comme étant extraordinaire et de suivre le cycle normal de publication de trois ans (le dernier rapport était au 31 décembre 2006) et de publier le rapport actuariel au 31 décembre 2009 et, en plus, de le faire à la toute fin de 2010.

    On a tellement tardé à informer les participants à ce régime public de pension, que je me demande si le gouvernement le fera avant la fin de 2010 ou s’il ne cherchera pas une façon d’échapper à cette échéance légale.

    Un augmentation du déficit actuariel de ce régime durant cette période de trois ans (du 31 décembre 2006 au 31 décembre 2009) représente, à mon avis, une augmentation de l’endettement du gouvernement, jusqu’à ce qu’il prenne les mesures (hausse des cotisations ou baisses des bénéfices) pour rétablir l’équilibre actuariel du régime. Il faudrait ajouter ce montant à la hausse de l’endettement global du gouvernement déjà comptabilisée durant cette période.