Charest ne fait pas de cas des dissidents

Le premier ministre Jean Charest a accueilli avec un haussement d'épaules, hier, la dissidence affichée par deux membres de l'aile jeunesse du Parti libéral.

De leur côté, les 25 représentants régionaux de la Commission-Jeunesse du PLQ se sont empressés, dimanche, à voter de façon unanime une résolution accordant leur pleine confiance au chef libéral.

Mécontents du refus du premier ministre de déclencher une enquête publique sur l'industrie de la construction, Anthony Beauséjour, le président de la Commission politique de la Commission-Jeunesse de Lanaudière, et Félix Martineau ont suggéré lundi à Jean Charest de donner sa démission pour se soumettre ensuite à un vote de confiance.

À Cancún, au Mexique, pour le Sommet des leaders sur le climat, Jean Charest a fait comprendre qu'il ne se laissait pas distraire par la «fronde» des deux militants mécontents.

«Je ne suis pas préoccupé par ça. Les gens ont la liberté de s'exprimer. S'il y a une ou deux personnes qui s'expriment, ça peut arriver, mais outre ça, j'ai un appui très solide de mon parti», a soutenu M. Charest dans un point de presse.

Anthony Beauséjour, qui a dit exprimer la position d'une vingtaine de militants libéraux, juge que la perte de crédibilité du chef est associée à tort au PLQ, a-t-il livré à Radio-Canada.

La sortie des deux jeunes n'ébranle pas pour autant le chef libéral, qui n'y voit nullement l'amorce d'une contestation organisée et crédible de son leadership.

La présidente de la Commission-Jeunesse du PLQ, Maripier Isabelle, a affirmé hier au Devoir qu'il n'y avait «aucun courant» de contestation du leadership de Jean Charest chez les jeunes libéraux. «Toute cette histoire-là est un peu anecdotique, a fait valoir Mme Isabelle. On a plusieurs milliers de militants à la Commission-Jeunesse; ça se peut qu'il y ait 20 personnes qui pensent ça [que M. Charest doit démissionner].»

Anthony Beauséjour «a préféré en parler aux médias plutôt que de venir nous en parler. Mais je peux vous assurer qu'on l'aurait écouté», a-t-elle dit, jouant la carte de l'ouverture. «Il y a de la place pour débattre d'à peu près n'importe quoi dans nos instances.»

Le whip libéral Pierre Moreau a dit n'éprouver «aucune inquiétude» relativement au leadership de Jean Charest. «Comparé aux 50 signataires sur le leadership de Mme Marois, je ne vois pas là un grand mouvement», a-t-il dit, évoquant la lettre ouverte que 50 jeunes militants péquistes ont publiée au début de novembre et qui contestait la stratégie de la «gouverne souverainiste» adoptée par Pauline Marois.

***

Avec La Presse canadienne