Projet hydroélectrique Eastmain - Dessau à la fois gérant et sous-traitant

La firme d'ingénierie Dessau est à la fois au sein du consortium de gestion du projet hydroélectrique Eastmain et parmi les entreprises retenues pour des services professionnels.


LVM Technisol inc. a obtenu 11 contrats totalisant 18,9 millions de dollars. Tous ces contrats ont été accordés de gré à gré par Hydro-Québec. LVM Technisol est un laboratoire de sols qui appartient entièrement à Dessau, comme l'indique le registre des entreprises du Québec.

Comme l'a confirmé hier au Devoir Hydro-Québec, une clause dans le contrat de 295 millions de dollars octroyé sans appel d'offres aux quatre partenaires du consortium Énergie gérance (BPR, Dessau, Axor et Groupe SM) leur interdit d'obtenir un mandat de services professionnels autre que celui de la gestion du projet.

«Il y a une éthique qui doit être respectée. C'est pour éviter les conflits [d'intérêts]», a indiqué la porte-parole de la société d'État, Marie-Élaine Deveault. Cette dernière a précisé que LVM ne fait pas d'ingénierie, bien que la firme appartienne à Dessau. De ce côté, on assure agir selon les règles. «On respecte le contrat», a affirmé Katia Reyburn au nom de Dessau.

Les contrats de LVM font partie de la longue liste obtenue par le Parti québécois qui cherchait depuis le printemps dernier à obliger Hydro-Québec à faire preuve de transparence dans ses contrats donnés au cours de la dernière décennie. Au total, ce sont 22 000 contrats de 50 000 $ et plus que le PQ pourra éplucher. Tous les contrats d'ingénierie liés au projet Eastmain ont été donnés sans appel d'offres. Selon une vérification faite par Le Devoir, ils totalisent 450 millions de dollars, dont le contrat le plus important est celui octroyé au consortium Énergie gérance.

Justifications

Hier, le PQ a tenté d'arracher les justifications du gouvernement pour qu'Hydro-Québec se départisse ainsi de la maîtrise d'oeuvre d'un projet de cette envergure. La ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a répété sa réponse de la veille, à savoir que le mode d'attribution de contrats par négociations n'a rien d'inhabituel. «La Société d'énergie de la Baie-James et Hydro-Québec n'ont pas le nombre d'ingénieurs suffisants pour répondre au défi auquel on est confrontés. Alors, Hydro-Québec s'est tournée vers quatre firmes d'ingénieurs», a expliqué la ministre, qui a également donné l'assurance que le bureau du premier ministre n'est pas intervenu dans ce dossier.

Selon le PQ, il y aurait des liens étroits entre les quatre firmes du consortium et les libéraux.

À voir en vidéo