Jean Charest veut créer une unité permanente contre la corruption

Québec — À défaut d’une commission d’enquête, Québec veut mettre sur pied une unité permanente de lutte contre la corruption et la collusion dans l’industrie de la construction. Le premier ministre Jean Charest a fait part de cette intention au lendemain de la défaite de son parti dans Kamouraska-Témiscouata, une circonscription que détenait les libéraux depuis 25 ans.

Lors d’un court point de presse à l’Assemblée nationale, M. Charest a dit «accepter avec humilité» sa responsabilité dans la défaite de son parti aux mains du Parti québécois. Selon lui, le dossier de la corruption qui domine le débat politique depuis des mois n’est certainement pas étranger à la défaite libérale.

Le résultat de l’élection complémentaire «reflète ce que l’on constate dans la population au Québec. Beaucoup de gens s’inquiètent de toutes ces allégations de collusion et de corruption», a admis d’emblée le premier ministre.

Le message envoyé par les électeurs du Bas-Saint-Laurent «s’adresse au gouvernement et au premier ministre et je le reçois», a poursuivi le chef du gouvernement.

Dans l’espoir d’apaiser la grogne populaire, le premier ministre a rappelé son engagement à accroître la lutte contre la corruption. À son avis, la solution ne réside pas dans une commission d’enquête mais dans le travail d’une instance permanente mandatée pour débusquer les criminels qui infiltrent l’industrie de la construction. «On est en train de faire une analyse des modèles d’intervention permanents dans le domaine de la construction, parce que le problème revient. On l’a vécu dans le passé et il revient. On pense que pour agir efficacement, il faut regarder des solutions permanentes», a dit le premier ministre.

M. Charest avait déjà évoqué la semaine dernière la nécessité d’un modèle d’intervention permanent mais les résultats électoraux de lundi semblent l’avoir convaincu d’afficher plus clairement ses couleurs. «Il faut des solutions permanentes. Une commission d’enquête ce n’est pas permanent. Une commission d’enquête donne l’immunité à celui qui témoigne et ce n’est pas ça qui va régler le problème», a-t-il estimé.

Le premier ministre n’a cependant pas voulu fixer d’échéancier pour la mise sur pied de cette agence encore toute théorique. Il est impératif de «prendre le temps qu’il faut» pour attacher toutes les ficelles dans ce dossier complexe, a-t-il rappelé. «On va prendre le temps qu’il faut. Je veux le faire comme il faut. Il ne faut pas juste agir sur le coup, il faut le faire comme il faut», a-t-il insisté.

D’ici là, a poursuivi le premier ministre, plusieurs projets de loi susceptibles d’assainir le climat social devraient être adoptés d’ici l’interruption des travaux parlementaires, le 10 décembre.
M. Charest a cité les projets de loi sur l’éthique dans le monde municipal et chez les élus de l’Assemblée nationale, la lutte aux prête-noms et le plafonnement à 1000 $ de la contribution politique individuelle.

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