Surprise dans Kamouraska

Les militants libéraux réunis à Saint-Alexandre affichaient des mines déconfites à mesure que les résultats donnant l’avance au PQ s’affichaient hier soir.<br />
Photo: Yan Doublet - Le Devoir Les militants libéraux réunis à Saint-Alexandre affichaient des mines déconfites à mesure que les résultats donnant l’avance au PQ s’affichaient hier soir.
Dès l'ouverture des urnes, la candidate libérale, France Dionne, partie favorite, et le candidat péquiste, André Simard, se sont retrouvés à égalité, prenant à tour de rôle la tête avec quelques dizaines de voix d'avance. Bon troisième, le candidat adéquiste, Gérald Beaulieu, a quand même fait bonne figure. Selon les résultats complets, André Simard s'est démarqué, avec une faible majorité de 196 voix sur France Dionne et 36,85 % des votes, contre 35,85 % pour la libérale et 23,03 % pour l'adéquiste.

Dans le restaurant Chez Diane où les libéraux se sont réunis, l'optimisme du début de soirée a fait place à une inquiétude papable vers 21 h au moment où l'avance péquiste, bien que très mince, persistait.

Plusieurs élus libéraux s'étaient déplacés pour l'occasion, dont le député de Chomedey, Guy Ouellette, le député de Rivière-du-Loup, Jean D'Amour, de la circonscription voisine, et la vice-première ministre, Nathalie Normandeau. Le PLQ n'a épargné aucun effort pour remporter la victoire, a reconnu la ministre, que ce soit l'octroi du contrat des voitures de métro à l'usine de Bombardier à La Pocatière ou la suspension des pouvoirs du Directeur général des élections (DGE) pour éviter la disparition de la circonscription.

Le candidat péquiste, André Simard, a voulu tirer profit du ras-le-bol de l'électorat à l'égard d'un gouvernement aux prises avec des problèmes d'éthique, un gouvernement qui doit répondre à des allégations de malversations et de tentative de corruption, un gouvernement qui refuse de tenir une commission d'enquête sur la construction et le financement des partis politiques. André Simard s'est présenté comme le candidat qui «va faire le ménage» et qui propose «l'intégrité et la compétence».

Tout au long de la campagne, la candidate libérale a souligné que son adversaire péquiste parlait d'enjeux nationaux qui ne touchent pas la population de la circonscription. Ce qui intéresse les électeurs de Kamouraska-Témiscouata, «c'est la création d'emploi, l'économie, le pain et le beurre», disait France Dionne. Les libéraux ont ainsi mené une campagne que l'on peut résumer ainsi: votez du bord du gouvernement pour faire avancer les dossiers locaux.

La campagne a donné lieu à un échange acerbe entre un bénévole libéral et un militant souverainiste qui se sont lancé des invectives. La candidate libérale a également porté plainte à la Sûreté du Québec pour intimidation.

De son côté, Gérald Beaulieu s'est posé en représentant du centre droit préoccupé par le déclin démographique de la région. L'ADQ est le seul parti à avoir refusé de voter en faveur du projet de loi qui entrave l'abolition de la circonscription.

Pour les péquistes, l'élection partielle représentait un test pour le leadership de Pauline Marois, mais aussi pour leur stratégie qui consiste à dénoncer le piètre sens de l'éthique du gouvernement et de son chef, Jean Charest. Le seul véritable enjeu qu'a exploité le PQ dans cette élection, c'est le manque d'intégrité du gouvernement.

Dès le début de la campagne, les péquistes avaient tenté de diminuer les attentes envers le résultat de l'élection partielle. La circonscription de Kamouraska-Témiscouata a donné lieu à une lutte soutenue ces dernières semaines, en vue du scrutin qui doit permettre de trouver un successeur au ministre libéral Claude Béchard, décédé d'un cancer en septembre dernier après avoir représenté la circonscription pendant 13 ans.

La candidate libérale a voté dans son village natal de Saint-Pascal en matinée. Elle a elle-même représenté la circonscription de 1985 à 1997, et se montrait confiante hier soir.

Les 129 bureaux de scrutin répartis à 40 endroits ont ouvert à 9h30. La liste électorale compte 34 447 électeurs inscrits.

Mme Marois, dont le leadership a fait l'objet de critiques au cours des dernières semaines, n'a ménagé aucun effort, se déplaçant personnellement à six reprises pour faire campagne aux côtés de M. Simard, un ancien directeur général de l'Institut de technologie agroalimentaire, à La Pocatière.

De son côté, Jean Charest n'est venu dans la circonscription que deux fois, mais les limousines de ministres se sont succédé.

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Avec La Presse canadienne
5 commentaires
  • jacques lecuyer - Inscrit 30 novembre 2010 00 h 04

    merci Kamouraska-Témiscouata

    Jean-Charest est sur le bord de la porte, Meric mille fois à vous de lui avoir montré.

  • Jean-François Trottier - Inscrit 30 novembre 2010 00 h 28

    Défaite malgré des atouts indéniables.

    Le PLQ avait plusieurs atouts dans leurs manches: l'usine de Bombardier de la région qui recevait les contrats du métro de Montréal, une candidate d'expérience qui avait représenté le comté longtemps, un capital de sympathie certain pour un ministre défunt, différentes allégations d'intimidation et un vidéo qui avait fait le tour de la province. Le PQ y allait d'une cheffe supposément peu charismatique, d'un candidat qui me semble drabe au possible, et rien de plus à offrir que ce qu'un parti d'opposition a à offrir: un vote de protestation.
    54% des électeurs se sont déplacés pour une partielle. 64% de ces électeurs(péquistes, adéquistes, etc...) ont dit NON au PLQ.
    Si ça se passe comme ça dans les "forteresses", vous devinez ce que ça va donner ailleurs. Pour le PLQ, il commence à être temps de faire des constats.

  • Bernard Terreault - Abonné 30 novembre 2010 09 h 51

    Drabe ?

    En entrevue, le vainqueur m'a paru un homme calme, respectueux et intelligent, est-ce ce que ce sont là des défauts? Est-ce que seuls les démagogues aux clips percutants peuvent faire de bons députés? Et il avait une bonne réputation comme directeur retraité de l'école de technologie dont la population locale est très fière : je le sais même si je ne suis pas du coin, mais ayant connu un grand nombre de super techniciens issus de ce cégep.

  • Jean-François Trottier - Inscrit 30 novembre 2010 12 h 06

    @Bernard Terreault

    'Est-ce que seuls les démagogues aux clips percutants peuvent faire de bons députés? "
    Heureusement non, mais les démagogues sont souvent plus facilement élus. Et je note qu'en comparaison, son opposante avait du charisme à revendre. Cela dit, j'admets y être allé un peu fort. Je tentais seulement de faire l'inventaire des points positifs dont jouissait la candidate Libérale et non de dénigrer la candidate péquiste. Il faudrait lire "qui semblait moins charismatique que sa rivale".
    Il s'agit très certainement d'un candidat de valeur pour le PQ et j'en suis très heureux.

  • Roland Berger - Inscrit 30 novembre 2010 13 h 20

    Alleluia!

    Je me réjouis que le PLQ n'ait pas gagné.
    Roland Berger