Jean Charest en visite éclair à Paris - Paris soulignera les 50 ans de la délégation générale du Québec

Paris — Traînant derrière lui ses soucis québécois, Jean Charest semblait tout de même soulagé d'arriver hier enfin à Paris le temps d'une visite éclair. Comprimée en deux jours, cette visite officielle qui devait normalement en compter cinq lui aura permis de faire un saut au Sénat et à la mairie de Paris, avant de rencontrer ce matin le président Nicolas Sarkozy et le premier ministre François Fillon.

Vite rattrapé par les événements, le premier ministre a catégoriquement refusé de commenter le sondage publié le matin même, qui révélait qu'il n'avait plus la confiance de 81 % des Québécois. Il a martelé le message qu'il répète depuis des semaines: «Nous serons jugés aux résultats parce que c'est les résultats qui comptent.»

Le premier ministre semble avoir trouvé plus de réconfort auprès du maire de Paris. Après un entretien de 40 minutes, Bertrand Delanoë a annoncé que la ville soulignerait le cinquantième anniversaire de l'ouverture de la délégation générale du Québec à Paris en rénovant la place du Québec. Situé au coeur de Saint-Germain-des-Prés, ce lieu très fréquenté abrite une magnifique sculpture du Québécois Charles Daudelin représentant la débâcle du printemps. Un concert aux couleurs du Québec devrait aussi être organisé le 21 juin prochain à l'occasion de la Fête de la musique, ainsi qu'un événement artistique numérique au théâtre de la Gaîté lyrique. «Il se peut qu'on ait d'autres idées», a précisé le maire.

Interrogé par les journalistes québécois, le maire socialiste ne semblait pas vraiment au courant de l'intention de son parti de revenir à la politique traditionnelle de «non-ingérence et non-indifférence» à l'égard du Québec. Il ne semblait pas connaître le contenu exact de la résolution du programme socialiste adoptée le 10 octobre dernier. «Il ne s'agit pas pour nous de perturber la vie de la fédération du Canada [...]. Il s'agit de faire vivre une relation évidente d'amitié», a-t-il tout de même déclaré.

Le même éclat

Cette visite aura le même éclat que si elle n'avait pas été réduite a estimé Jean Charest, qui a été reçu au Sénat, où l'attendaient le président Gérard Larcher et l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Une vingtaine de sénateurs et de membres des groupes d'amitié ont dîné avec Jean Charest. Les élus ont discuté des négociations de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne et de l'entente franco-québécoise sur la mobilité de la main-d'oeuvre, sur le point d'être bouclée.

Accueilli par le général Cuche sous l'Arc de triomphe au son de La Marseillaise, le premier ministre a ravivé la flamme et déposé une couronne de lys sur la tombe du Soldat inconnu. Il a longuement serré la main à une vingtaine d'anciens combattants avant d'aller souper à la résidence du délégué général avec une vingtaine d'hommes d'affaires français qui ont des intérêts au Québec. Cette visite fait partie des visites officielles alternées que se rendent annuellement les premiers ministres français et québécois depuis 1977.

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Correspondant du Devoir à Paris
1 commentaire
  • michel lebel - Inscrit 26 novembre 2010 07 h 26

    Petite politique!

    Dommage que la visite du premier ministre du Québec ait été écourtée pour des raisons fort "provinciales". Ce n'est pas à l'honneur des partis de l'opposition d'avoir agir ainsi. La motion de défiance aurait pu être facilement retardée. Petite partisanerie!