Vaillancourt forcé de quitter le CA d'Hydro-Québec

Québec — La ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau, a annoncé hier que le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, est suspendu de ses fonctions d'administrateur d'Hydro-Québec.

«Aujourd'hui, je vous confirme que j'ai officiellement demandé au maire de Laval de quitter ses fonctions en tant qu'administrateur d'Hydro-Québec», a déclaré Nathalie Normandeau lors de la période de questions à l'Assemblée nationale. «J'ai demandé à ce qu'il quitte ses fonctions sans rémunération, sans responsabilité, qu'il le fasse de façon temporaire pour la durée de l'enquête qui est en cours.»

Vendredi dernier, la ministre avait demandé au maire Vaillancourt de «réfléchir» à sa présence au conseil d'administration d'Hydro-Québec en soulignant qu'il ne pouvait pas quitter son poste temporairement: soit il abandonnait ses fonctions, soit il demeurait au conseil. «Il n'y a pas d'incongruité», a soutenu Mme Normandeau. «M. Vaillancourt, comme administrateur d'Hydro-Québec, n'a pas commis de faute grave. Ce n'est pas son statut d'administrateur qui est mis en cause.»

«On est face à un cas qui est particulier et ce cas particulier commande des mesures particulières», a avancé la ministre. Hydro-Québec doit «être au-dessus de tout soupçon» parce qu'elle fait des affaires sur la scène internationale et elle doit se conformer «aux meilleures pratiques en matière de gouvernance», a-t-elle vaguement évoqué.

En après-midi hier, le maire de Laval a diffusé un communiqué laconique. «Dans le contexte où des allégations sans fondement sont colportées et afin de protéger les intérêts supérieurs d'Hydro-Québec, il a décidé de se retirer momentanément de son rôle au sein du conseil d'administration de la société», peut-on lire. Gilles Vaillancourt «réitère qu'il ne laissera pas sa réputation, qu'il a bâtie au fil des ans, se faire détruire alors qu'il n'a enfreint aucune loi».

En 2009, Gilles Vaillancourt, pour siéger au conseil d'administration d'Hydro-Québec, a reçu une rémunération et d'autres avantages d'une valeur de 31 918 $.

Gilles Vaillancourt fait l'objet d'une enquête de la Sûreté du Québec en rapport avec de présumées tentatives de corruption visant l'ancien député péquiste de Laval-des-Rapides, Serge Ménard, et le député libéral de Vimont, Vincent Auclair.

Démission demandée

Pour le député de Jonquière et porte-parole de l'opposition officielle en matière d'énergie, Sylvain Gaudreault, le gouvernement aurait dû simplement démettre Gilles Vaillancourt de ses fonctions à Hydro-Québec parce que le «premier ministre croit la version du député de Vimont». Son collègue de Blainville, Daniel Ratthé, a exigé hier du ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, qu'il exige de M. Vaillancourt qu'il renonce temporairement à ses fonctions de maire le temps de l'enquête, ce que le ministre a refusé de faire.