La motion de défiance du Parti québécois ne fait pas fléchir Jean Charest

La motion de défiance du Parti québécois n’a pas fait fléchir le premier ministre Jean Charest. Au cours du débat sur la motion à l’Assemblée nationale, M. Charest a dit comprendre l’inquiétude de la population mais a de nouveau refusé d’instituer une commission d’enquête sur l’industrie de la construction et le financement politique.

«Nous sommes convaincus qu’il faut permettre aux policiers, aux enquêteurs et aux procureurs de faire leur travail correctement et avec sérénité», a affirmé le premier ministre, réitérant sa confiance à l’égard des enquêtes policières et administratives en cours.

«Selon le résultat des enquêtes, nous devrons envisager des mesures permanentes. La réponse ne doit pas se limiter à une mesure temporaire, il ne s’agit pas uniquement de faire un grand coup», a  poursuivi M. Charest, pour qui une commission d’enquête ne servirait qu’à accoucher d’un autre rapport.

Comme prévu, le gouvernement Charest a survécu à la motion de défiance. Forts de leur majorité à l’Assemblée nationale, les libéraux de Jean Charest sont parvenus à défaire la motion de censure par 61 voix contre et 57 pour.

Précipiter un débat référendaire

Le premier ministre s’est par la suite interrogé sur les motivations réelles qui animent la chef péquiste Pauline Marois dans sa volonté de faire tomber le gouvernement et entraîner le Québec dans une élection «entre Noël et le Jour de l’an».

Selon lui, Mme Marois n’est nullement préoccupée par l’intérêt public mais tente par tous les moyens de précipiter le Québec dans un nouveau débat référendaire.

«La chef du PQ veut plonger le Québec dans une crise référendaire le plus rapidement possible. Pendant que nous, nous posons les gestes nécessaires pour contrer la corruption et la collusion, la chef de l’opposition passera à l’histoire comme étant la première chef de parti à proposer des élections générales alors qu’elle n’a aucun programme, entre Noël et le Jour de l’an», a-t-il lancé.

Plutôt que de rester en porte-à-faux avec la population, le chef du gouvernement devrait «rendre service» aux Québecois en quittant ses fonctions, a pour sa part déclaré la leader souverainiste.

Les citoyens, a-t-elle soulevé, sont «dégoûtés et écoeurés» par les «magouilles et les cachotteries» d’un gouvernement en «bris de légitimité».

Pour obtenir enfin une commission d’enquête sur les allégations de corruption et faire le ménage qui s’impose, le Parti québécois est prêt à défaire le gouvernement, partir en campagne électorale et mériter la confiance des Québécois, a insisté la chef péquiste.

«Le premier ministre aura beau se plaindre et dire que la politique est injuste, mais tant et aussi longtemps que cette commission d’enquête n’aura pas été convoquée, il n’aura que lui à blâmer. Depuis un an, le premier ministre a perdu son pari. Les révélations ont continué de s’accumuler et ont même atteint le réseau des garderies», a-t-elle dit.

De la rallonge salariale secrète de 75 000 $ versée au premier ministre aux allégations de corruption en passant par les nominations partisanes, la députée de Charlevoix a brossé un tableau dévastateur de la gouvernance libérale depuis l’élection de 2008.

Mme Marois a de nouveau promis de retirer sa motion si le premier ministre revient sur sa décision et lance enfin une commission d’enquête.

En même temps, elle a fait appel à la «conscience» des députés libéraux pour les convaincre de défier leur chef.

La motion de défiance enjoint l’Assemblée nationale à retirer sa confiance «au gouvernement libéral et à son premier ministre pour son refus obstiné de déclencher une enquête publique et indépendante sur l’industrie de la construction, sur l’octroi de contrats publics, de permis ou de subventions ainsi que sur le financement des partis politiques».

Hypothèse théorique

Si elle devait être adoptée, la motion forcerait le premier ministre à déclencher de nouvelles élections. Il s’agit toutefois d’une hypothèse toute théorique puisque les libéraux, majoritaires en Chambre, devraient battre la motion au vote en fin d’après-midi.

Pour leur part, Amir Khadir de Québec solidaire, et le chef de l’Action démocratique, Gérard Deltell, ont uni leur voix derrière le Parti québécois.

Pour avoir «terni l’honneur du Québec», le gouvernement libéral ne mérite plus la confiance de la Chambre, a fait valoir Deltell.

Quant à lui, le co-chef de Québec solidaire a dit voir dans la crise actuelle la conséquence d’une grande proximité entre le gouvernement et «les élites économiques».

Trafic d’influence, financement illégal, menaces et corruption des moeurs, l’État québécois subit durement les conséquences de son abandon au secteur privé, a-t-il avancé.
5 commentaires
  • Michel Chayer - Inscrit 24 novembre 2010 16 h 16

    Qui va piano...

    Bien ! En matière de prévarication, il s’agit simplement d’être patient…

    Par exemple, il y a une quarantaine d’années, on avait commencé par mettre sous écoute le ministre libéral Pierre Laporte, parce que l’on soupçonnait fortement qu’il s’était acoquiné avec la pègre…

  • Georges Hubert - Inscrit 24 novembre 2010 17 h 13

    Les poubelles de l'histoire

    OUI ... beau gang de « suiveux » ... J'espère seulement que les électeurs de Kamouraska prendront note. L'unanimité contre les demandes du Québec vient d'un parti, le Parti libéral. TOUS les députés libéraux présents font front-commun contre ce dont le Québec a besoin en ce moment pour démanteler la plus formidable organisation mafieuse à se manifester dans l'histoire du Québec.
    Comme le dernier Congrès du même parti où l'omerta a fait régner un silence troublant sur une simple proposition d'une possibilité de débat...
    Attention à ceux et peut-être surtout à "celle" (qui se positionne depuis quelques mois pour succéder à un chef évanescent), qui quittera probablement ... pendant les Fêtes ou tôt l'an prochain ! Ils et "elle", en applaudissant cette unanimité, se placent dans les "poubelles de l'histoire".

  • Augustin Rehel - Inscrit 24 novembre 2010 20 h 27

    ... va insano!

    Les députés sont en train de perdre la boule et ils votent quand même en bloc derrière leur chef!

  • pagerry3 - Inscrit 25 novembre 2010 08 h 21

    Quelle honteuse orgie apolitique!

    Tout ce que les députés libéraux devaient démontrer, sont un droit jugement, un esprit de droiture et une saine lucidité. En d’autres termes, ils avaient besoin d’être libérés de l'emprise quasi démoniaque de leur chef, le plus démagogique des cardeurs de consciences de l’histoire politique du Québec. À ce chapitre, Duplessis fut un ange de tiers-ordre. Ils avaient la chance de sortir de la bergerie et de prendre en compte le nombre de loups de la FTQ complice, de la Mafia donatrice, de la Criminalité en appendice qui les guettent et les inculperont. Au lieu de respecter les dignes citoyens qui leur ont envoyé tous les signaux de rectitude et de droiture requises, ils ont suivi la ligne du parti, celle du mépris de la population devant laquelle ils s'imaginent pouvoir, à nouveau, se présenter, aux prochaines élections et mentir à pleins discours rédigés avec les plumes rouges de l'hypocrisie et de la lâcheté. Le résultat prochain dans Kamouraska, sera déterminant. On encrasse davantage ou on nettoie. La bergerie libérale croule sous le poids du crottin des allégations orgiaques qui s'écrasent sur elle et l’envahissent. Cette bergerie du PLQ loge des moutons castrés de tout sens d’imputabilité. SHAME ON YOU, John, James, Jean Charest et SHAME ON YOU ALL, ministres et députés de la FAMILIA LIBÉRALE DU QUÉBEC si bêtement parrainée.

  • Marie-France Legault - Inscrit 25 novembre 2010 15 h 07

    Immense déception

    pour le P.Q....celui-ci pensait faire tomber le gouvernement pour ensuite précipiter des élections et reprendre le pouvoir qui leur manque terriblement...

    Ce n'est pas au Premier Ministre à mettre de l'ordre dans la Police, la construction, les Maires etc...

    chaque association a son Conseil d'administration, alors que chaque associaition se fasse un devoir de NETTOYER sa maison...
    on parle d'autonomie alors c'est le temps de la pratiquer...

    Monsieur Charest est là pour rester 2008-2012...
    que le P.Q. en profite pour se trouver un nouveau CHEF....