Les priorités de la droite en tête

Les priorités des Québécois penchent à droite lorsqu'il est question des grandes orientations que le gouvernement devrait prendre dans les prochaines années, selon un nouveau sondage Léger Marketing-Le Devoir.

Dans la liste des priorités, trois des quatre premières places sont présentement occupées par des idées associées au courant de la droite. La réduction de la taille de l'État arrive largement en tête, suivie d'une augmentation des budgets en éducation et d'une plus grande place du privé en santé. Au quatrième rang, on retrouve «la réduction des impôts, quitte à réduire les services des programmes sociaux».

Cette quatrième priorité est toutefois à égalité avec «la réduction de la latitude accordée aux entreprises privées pour l'exploitation des ressources naturelles», une préférence qui vient de surgir en raison du débat sur les gaz de schiste.

Les 12 priorités suggérées aux 1001 répondants contenaient autant des idées associées à la gauche qu'à la droite. L'objectif était de sonder l'humeur des Québécois avec des propositions précises, alors que le débat entre les orientations de droite et de gauche a pris de l'ampleur dans les dernières semaines, notamment avec la création du Réseau Liberté-Québec et la possible naissance d'un parti de centre droit dirigé par François Legault.

En même temps, le Parti québécois, davantage de centre gauche, continue de trôner au sommet des intentions de vote, avec 37 % (44 % chez les francophones), contre 33 % pour le PLQ, 11 % pour l'ADQ et 8 % pour Québec solidaire. Plus de détails sur les intentions de vote dans notre édition de lundi.

À regarder la liste des priorités des Québécois, force est de constater que l'idée fort répandue voulant que la majorité des Québecois penche à gauche sur l'échiquier politique «est un mythe», affirme Christian Bourque, vice-président de Léger Marketing. Le portrait est plus nuancé. «Ce n'est pas tout à fait vrai que le Québec est à gauche. Il l'est plus que d'autres provinces, mais on constate un virage vers la droite depuis quelques années.»

Le sondeur ajoute qu'il ne faut pas confondre Montréal, où l'idéologie est plutôt à gauche, avec le reste de la province, où la droite, notamment à Québec, Saguenay et dans le Bas-du-Fleuve, a des adhérents. «Au final, avec Montréal plus à gauche et des régions plus à droite, ça fait une province pas mal au centre de l'échiquier politique», dit Christian Bourque.

D'ailleurs, quand on demande aux citoyens de s'identifier comme étant à droite ou à gauche, c'est presque un match nul. Près de 31 % des répondants se disent à gauche (dont 23 % de centre gauche), et 27 % à droite (dont 22 % de centre droit).

Plus d'une personne sur trois (35 %) affirme ne pas savoir si elle est à gauche ou à droite, ce qui n'étonne pas le sondeur. «Au Québec, on se définit depuis très longtemps comme souverainiste ou fédéraliste, contrairement aux États-Unis ou à l'Europe, ou les notions de droite et de gauche sont importantes. Ici, le PQ et le PLQ sont des coalitions qui regroupent des gens de droite et de gauche. Plusieurs personnes ne se sont jamais [interrogées sur] leur idéologie politique», dit M. Bourque.

C'est pour cette raison que les priorités des Québécois sont un meilleur indicateur de leur humeur, mais aussi de leur étiquette idéologique. Pour l'instant, la droite réussit à classer quatre de ses cinq priorités en haut de la liste. Même que 38 % des gens qui se déclarent à gauche affirment qu'on devrait réduire la taille de l'État, alors que celui-ci a généralement été utilisé pour combattre les inégalités sociales.

«Les gens veulent assurer la pérennité des services, mais ils ne savent pas comment. Ils cherchent des solutions. En même temps, ils se sentent étouffés par le fardeau fiscal. Les Québécois disent qu'ils ont assez payé et qu'il faut de nouvelles avenues», dit Christian Bourque.

Toutes les questions et les résultats du sondage sont disponibles sur notre site Internet. Celui-ci a été mené en ligne du 8 au 11 novembre, auprès de 1001 personnes représentatives de la population et selon une méthode fiable et éprouvée. Un échantillon probabiliste de la même taille présenterait une marge d'erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20.

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27 commentaires
  • Roger Kemp - Inscrit 13 novembre 2010 06 h 59

    Ni à gauche, ni à droite

    Pourquoi le dégraissement de la taille de l'état est-il attribué à la droite? Est-ce parce qu'on retrouvait cette idée dans le programme du PLQ? Est-il possible que la gauche puisse désirer une réingénérie de l'État? Entre vous et moi, serais-ce un voeu pieux? Ce qui est à retenir c'est 22 à 23% sont au centre gauche ou centre droit... comme tout le reste de la population donc ni à gauche, ni à droite.
    Ce que la population désire par dessus tout c'est que ses impôts soitent gérés efficacement ce qui ne semble pas le cas avec ce parti de droite. Donc un gouvernement de la gauche aurait plus de chance de gérer les impôts plus en regard de leeurs besoins que la droite n'a réussi à le faire en 8 ans au pouvoir. À part bien sûr l'enrichissement de quelques petits amis du parti.
    Ce qui caractérise les gens de la droite c'est l'empressement à se donner la richesse à tout prix.

  • Stéphanie Giroux - Inscrite 13 novembre 2010 07 h 15

    Questions plus favorables pour la droite ?

    Il est clair que lorsque l'on interroge monsieur/madame tout le monde sur leur position droite gauche en offrant des choix de réponse entre réduction ou augmentation de dépenses, il est clair que la plupart des gens vont opter pour des diminutions. Or, si d'autres choix de réponse avaient été offerts aux personnes sondées, par exemple : Une intervention de l'État pour imposer un plafond sur le prix de l'essence plutôt qu'une augmentation des dépenses en transport en comme, peut-être que les résultats en faveur de l'intervention de l'État auraient été différents et donc plus à gauche.
    Stéphanie Giroux

  • Gilles Théberge - Abonné 13 novembre 2010 07 h 24

    Surprenantes conclusions

    Je trouve qu'ily aurait un autre angle sous lequel examiner les tendances. Pour moi en tout cas gauche droite ça ne veut pas vraiment dire grand chose. Je ne sais pas si je suis de gauche ou de droite selon cette grille d'analyse. Parfois sans doute ai-je des réflexes dits de droite parfois d'autres plud à gauche.

    Ma propre grille m'incline à penser que je me définis davantage comme humaniste préoccupé par l'autre qu'individualiste préoccupé par moi, mon petit cul et mon confort douillet.

    Si l'on pense que c'est en démantelant les mesures sociales qui nous caractérisent qu'on va se retrouver par magie dans une société plus juste, que ça va coûter moins cher au total etc, on a le doigt profondément enfoncé dans l'oeil.

    Je ne suis pas surpris qu'un bon nombre de répondants ne savent pas trop comment ils se définissent. Pas surpris aussi que plusieurs hésitent à brader l'héritage qui nos vient du passé bien sûr, mais qui nous appartient.

  • Sanzalure - Inscrit 13 novembre 2010 09 h 15

    Idées associées à quoi, par qui ?

    Il y a toutes sortes de gauches. Par exemple, il y a des gens de gauche qui ont pris le bois et qui n'en veulent tout simplement plus d'État.

    «Imagine no countries», c'est de gauche ça et ça veut dire «moins d'État».

    C'est faire de la désinformation que de dire que les gens de gauche veulent plus d'État, plus de gaspillage, moins d'efficacité, etc.

    Serge Grenier

  • Andre Vallee - Abonné 13 novembre 2010 09 h 19

    Questions suggérèes

    Êtes-vous d'accord que nous réduisions les impôts et que nous augmentions les contributions des usagers pour la santé, l'éducation, les loisirs, la justice...?

    Êtes-vous d'accord que nous dépensions quelques millions pour enquêter sur le magouillage dans la construction afin de sauver plusieurs millions qui aideraient à mieux financer la santé et l'éducation?

    S'il nous reste quelques millions, devrions-nous privilégier la diminution des listes d'attente ou à la procréation in vitro?

    etc...etc... Parce que, après tout, il faut faire des choix.