Colloque sur l’évolution de la question nationale - Duceppe et Marois veulent un référendum

Pauline Marois, Gilles Duceppe
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pauline Marois, Gilles Duceppe

A l’occasion des 15 ans du dernier référendum sur la souveraineté du Québec, Pauline Marois et Gilles Duceppe ont dit travailler main dans la main pour faire de la province un pays souverain. La chef du Parti québécois a défendu son plan pour y parvenir si elle était élue première ministre, tandis que le chef du Bloc québécois a dit que le «fossé» se creuse davantage entre le Québec et le reste du Canada, et qu’il se situe désormais au niveau des valeurs.

La dernière semaine a été mouvementée chez les souverainistes. En entrevue à Radio-Canada, Jacques Parizeau a dit mercredi que le chef du Bloc québécois est le plus efficace pour porter la souveraineté. Vendredi, Le Devoir révélait qu’une lettre mettant en doute le plan Marois et le concept de «gouvernance souverainiste» circule depuis quelques jours chez les militants du Parti québécois. La semaine précédente, l’ancien premier ministre Bernard Landry recommandait au Parti québécois de revenir à la question fondamentale: l’indépendance. 
 
La chef n’est pas ébranlée et ne croit pas que son leadership soit remis en cause. «Je ne sens pas ça du tout, honnêtement. Et je sais que [ces commentaires sont] faits de bonne foi. Les gens veulent la souveraineté, ils ont hâte», a-t-elle dit après avoir fait un discours dans le cadre du troisième colloque Quelque chose comme un grand peuple, organisé par l’Institut de recherche sur le Québec. 
 
Au centre de l'action

Le plan Marois propose entre autres de mener un référendum, sans toutefois s’engager sur le moment où il se tiendra et suggère de rapatrier certaines compétences d’Ottawa. Elle a martelé que la question de la souveraineté serait «au coeur de tous nos gestes», «au centre de l’action» et à «l’avant-plan, toujours et partout où il est possible».
Pauline Marois a indiqué qu’elle travaillait concrètement avec Gilles Duceppe pour reprendre «le travail de présentation et de préparation de la souveraineté» dans plusieurs domaines, indiquant que des précisions viendraient. 
 
Gilles Duceppe a rappelé son appui à la chef péquiste Pauline Marois sur tous les plans, précisant que la souveraineté doit demeurer la priorité. Oui, il faut se battre pour des «ententes administratives», par exemple, mais «ça ne change pas le fond des choses. On doit faire ce travail tout en se disant qu’il faut également préparer le pays.» Selon lui, il n’y a toutefois pas de «troisième voie» possible; le fédéralisme renouvelé est un «cul de sac». «C’était l’essence de [l’Accord du lac] Meech et c’était également l’essence de [l’Accord de] Charlottetown, a-t-il dit samedi. On n’était pas d’accord à l’époque, mais au moins, [les fédéralistes] avaient quelque chose à dire. Ils ne disent plus rien.»
 
Le «fossé»

Les Québécois ne se reconnaissent pas dans les décisions prises à Ottawa, estime Gilles Duceppe, ce qui est un moteur pour la souveraineté. La volonté des conservateurs d’abolir le registre des armes à feu, les positions en matière d’environnement et le refus de signer la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones: autant de sujets qui creusent «le fossé» entre le Québec et le reste du Canada. «Ils ont une autre façon de faire les choses. Je ne dis pas qu’on est meilleurs [..], mais on est certainement différents. Et on ne peut pas exprimer notre différence dans ce cadre-là.»
 
Quant aux propos tenus par l’ancien péquiste Joseph Facal vendredi soir, qui invitait les souverainistes à rompre avec «l’obsession référendaire», puisque l’appui du peuple n’est pour l’instant pas à la veille d’atteindre la majorité, Gilles Duceppe a rappelé que «s’il avait fallu accepter ce raisonnement en 1995, il n’y aurait pas eu de référendum, parce que la souveraineté, dans l’ordre des priorités était à 7 % et l’appui était à 38 %. Aujourd’hui, il est à environ 40 %».
 
Le chef bloquiste a aussi invité les souverainistes à «parler» plutôt que de «déplorer» pour enfin arriver à un nouveau référendum. La députée péquiste et porte-parole en matière de relations internationales, Louise Beaudoin, a quant à elle expliqué que le débat au sein des troupes souverainistes est sain. «Je préfère ça à la mort clinique» des échanges d’idées, a-t-elle confié, après son intervention au colloque.
 
Quelle morosité?

La «morosité» politique décrite par Joseph Facal vendredi ne se faisait pas sentir au colloque de samedi, où 200 personnes se sont présentées. La présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois, Christine Normandin, croit au contraire que le débat sur la souveraineté est plus pertinent que jamais. «Les enjeux ne sont pas les mêmes qu’en 1995, le souverainisme n’est plus réactionnaire. On parle désormais [du gisement pétrolier] Old Harry et des questions énergétiques.» Elle voit l’indépendance du Québec comme «un moyen» pour élever la province, et non comme une «fin».
 
Le syndicaliste Gérald Larose a parlé des remises en doute du leadership de Pauline Marois ou du souverainisme comme d’un «faux problème». «Je m’implique dans plusieurs mouvements [écologistes et sociaux] et dans ces milieux, ça ne prendrait pas grand-chose pour que le feu reprenne», si un gouvernement péquiste était élu.
 
Au cours de la journée de samedi, une table ronde et des ateliers ont fait un retour sur les 15 ans écoulés depuis le dernier référendum sur la souveraineté du Québec. Lors de son intervention, Louise Beaudoin a d’abord fait ses excuses à un ex-candidat péquiste et ancien député libéral dans les années 1960, Yves Michaud, contre lequel une motion de blâme a été votée en 2000 à l’Assemblée nationale pour des propos jugés inacceptables concernant la communauté juive. M. Michaud a toujours nié ces propos. Vendredi, Joseph Facal faisait les mêmes excuses. La semaine dernière, le député de Québec solidaire Amir Khadir a indiqué qu'il tenterait de rallier les députés de l'Assemblée nationale autour d'un règlement qui éviterait ce genre de «dérapage».
41 commentaires
  • Gebe Tremblay - Inscrit 30 octobre 2010 19 h 47

    Le télé-roman commence

    Production Le Devoir !

    Sortez vos mouchoirs, Les Belles Mères épisode 1 commence !

    Quand vous aurez fini brailler, faites entrer Michaud en triomphe au PQ et à l'Assemblée nationale ou alors ce sera dix fois pire !!

    N'essayez surtout pas de faire les choses à moitié.

  • Michel Corbeil - Inscrit 30 octobre 2010 20 h 24

    Marois-première ministre, Duceppe-président

    La question qui se pose aujourd'hui c'est quoi d'être un pays de 8 millions d'habitants, le Québec au quotidien sur une planète globalisée de plus de 7 milliards d'individus.

    Ce ne sont pas les chicanes de colonisés avec Toronto et Ottawa!!!
    On n'est pas pareil, on est une NATION !!!

    On va pas continuer à avoir un gouverneur général représentant la reine d'Angleterre pour nous représenter et ouvrir les futurs jeux olympiques d'hiver à Québec!!! Hé non...
    Si on fait un pays c'est pour nous. C'est pas pour embêter ou être contre le Canada monarchique britannique.

    C'est pourquoi une future République du Québec aura un président et un premier ministre.

    On oublie souvent qu'un Québec libre nous soustrait de toutes ces traditions britanniques: un seul chef et la reine inamovible au-dessus. Donc il y a d'la job pour tout le monde et pour plein de monde.

    Au départ l'importance d'une reconnaissance de ce nouveau pays et de l'établissement des relations internationales (y compris avec le Canada) reviendra au président.
    Et l'immense tâche de créer ce pays le Québec régionalisé et démocratique et de la séparation/intégration avec les officines du Canada au Québec reviendra au Premier Ministre.
    Les deux sont compétents avec leur équipe respective pour réaliser cette immense tâche.
    Travailler main dans la main avec Pauline Marois première Première Ministre de la REPUBLIQUE DU QUEBEC
    et avec Gilles Duceppe premier Président de la REPUBLIQUE DU QUEBEC… c'est ce qui arrivera...

    Si on dit "Yes we can" c'est à nous d’inventer !!!! C’est à nous de choisir ce qu’on veut…ou pas...

    Mais il va falloir se décider un jour!
    avant qu'on soit plus là...

  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 30 octobre 2010 21 h 19

    La démocratie en marche

    René Lévesque,qui était un grand démocrate, a insisté dès la fondation du parti pour en faire un véritable parti démocratique.
    L’aspect essentiel de la démocratie est le débat et l’égalité de tous. Le chef préside au débat mais les membres décident des objectifs à atteindre et des grandes stratégies à déployer. Le chef et son exécutif voient à établir les tactiques pour atteindre les objectifs fixés.
    Pour être à l’aise dans un tel parti, il faut connaître la démocratie et être démocrate. Et cela ne consiste pas en seulement voter lors d’élection ou de référendum.
    Dans notre système de gouvernance, qui est en fait une dictature temporaire, et dans la dynamique des partis traditionnels, les plus influents, les mieux nantis décident des objectifs à atteindre et , très souvent, s’achètent un chef. A partir de là, tous les membres doivent obéissance au chef et un respect intégral à la ligne de parti. Et parce que l’on vote, on se dit démocrate, alors que c’en est qu’une caricature.
    Nous avons actuellement nos réunions de comtés où nous proposons nos résolutions pour le congrès du printemps prochain. Ces résolutions seront reprises et débattues au palier régional. Puis les décisions finales seront prises au congrès. Ce sont les membres qui décident du programme. Pas seulement les personnes qui sont en vedette de par leurs fonction présentes ou passées.

  • 54lili - Inscrit 30 octobre 2010 22 h 11

    c'est oui

    la procédure en marche pour le pays, je vais également m'impliquer et y travailler..
    le congrès en avril et ensuite les élections, en attendant on en parle, on discute de quel genre de pays on veut..
    c'est parti !!

  • Naturelebo - Inscrit 30 octobre 2010 23 h 48

    Référendum = Démocratie avec un Grand D

    Référendums = Démocratie avec un Grand D,

    Peu importe la raison ou le pourquoi, il n'y a pas de plus Grand Acte démocratique que le référendum, arrêtons d'avoir peur de ce mot et de cet outil, car il est Saint et démocratique.

    BCP d'endroits dans le monde, le Référendum est systématique lorsque le nombre de signataires suffit pour déclencher le processus référendaire. (Califorie, Suisse, etc)

    La dictature de peur du camp Fédéralisé est une campagne, en fait, ANTI-DÉMOCRATIQUE, au lieu d'encourager le débat et la RÉPONSE du peuple, ils jugent et défont l'idée de Consultation Populaire = Référendum, donc c'est un Acte anti-démocratique de la part des partis Fédérés à la Reine !!!

    Référendum = Vraie Démocratie Directe (dire le contraire est irrémédiablement venter les valeurs de la DICTATURE )