Limiter les contributions aux partis à 100$ - Le PQ cherche à tuer dans l'oeuf le nouveau parti de François Legault, juge Raymond Bachand

Québec — Le ministre des Finances, Raymond Bachand, a avancé hier que les péquistes qui proposent de limiter à 100 $ la contribution maximale à un parti politique cherchent à empêcher François Legault de financer son nouveau parti.

«Est-ce que c'est une tentative pour que François Legault, son nouveau parti, ne puisse pas se financer?», s'est demandé Raymond Bachand.

Le ministre réagissait à la proposition qu'ont rendue publique, hier, trois députés péquistes, Nicolas Marceau, Bernard Drainville et Nicolas Girard. Prenant leurs distances de la position du Parti québécois qui préconise de ramener de 3000 $ à 500 $ la contribution maximale qu'une personne peut verser à un parti politique, les trois élus fixent à 100 $ le montant maximum du don, que seuls les membres en règle du parti pourront verser. Ils proposent aussi que l'État assume l'essentiel du financement des partis en fonction de leurs résultats électoraux.

«Pour démarrer un parti, si vous avez 500 personnes qui mettent, disons, 1000 $, ça vous fait quand même 500 000 $. Si on limite ça à 100 $, évidemment, c'est peut-être une tentative pour tuer dans l'oeuf la fronde dans le PQ», a soutenu Raymond Bachand.

Bachand écoperait

Chose certaine, une limite de 100 $ viendrait également nuire aux activités de financement du député d'Outremont. Raymond Bachand organise chaque année un cocktail de financement auquel de 400 à 600 personnes apportent une contribution de 150 $, a-t-il précisé. En outre, il tient «une petite activité» au centre-ville, à 1000 $ la tête de pipe, à laquelle participent une soixantaine de personnes. Ces deux seules activités rapportent au député et à son parti entre 120 000 $ et 150 000 $ par an. Le quota de 100 000 $ imposé aux ministres libéraux ne s'applique pas à lui. À son dernier cocktail de financement cet automne, M. Bachand, en se voulant «provocant», a salué le «gut» de ses donateurs, a-t-il relaté. «Ce qui est en train d'être fait actuellement, c'est une tentative délibérée de sabotage pour que les gens aient peur de donner à un parti politique», leur a-t-il dit, évoquant les diverses allégations concernant les donateurs et collecteurs de fonds du PLQ.

Chez les libéraux, on s'oppose à l'idée de limiter à 100 $ les contributions, ou encore à 500 $, ou même à 1000 $, comme l'a suggéré le Directeur général des élections (DGE), Me Marcel Blanchet. Selon le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc-Fournier, le consensus, comme en fait foi un rapport commandé en 2007 par le DGE à un groupe de réflexion tripartisan, c'est de maintenir à 3000 $ le plafond des contributions.
15 commentaires
  • Socrate - Inscrit 28 octobre 2010 04 h 33

    5%

    5% par contrat serait beaucoup plus équitable pour tous les partis.

  • Ciceron Derome - Inscrit 28 octobre 2010 08 h 31

    Pharisianisme

    Le pharisianisme des Marceau, Drainville et Girard est évident. Et leur objectif aussi: écraser tout mouvement politique naissant, surtout celui de monsieur Legault, en coupant leur financement. Même avec les règles de financement actuelles, Pauline Marois, lors de la campagne à la chefferie péquiste, a réussi, par le biais de prête-noms, à gonfler son financement.

    Enfin, écoutant monsieur Parizeau hier, ce dernier mentionnait que lors du référendum de 1995 il y avait eu beaucoup de votes illégaux, c'est à dire des gens qui votaient sans en avoir le droit. Ma question est la suivante: Est-ce seulement, si c'est le cas, des gens du camp du "non" ou il y avait aussi des gens du camp du "oui" qui auraient voté sans en avoir le droit? Faudrait peut-être demander à Marie Malavoy qui s'est déjà permise ce genre de vote à Sherbrooke...

  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 28 octobre 2010 09 h 01

    Pharisianisme...

    "écraser tout mouvement politique naissant, surtout celui de monsieur Legault, en coupant leur financement."
    Force nous est de conclure que le nouveau parti serait lui aussi un parti de bien nantis, de grosses poches. Nous en avons déjà un: le PLQ.
    En ce qui a trait aux votes illégaux lors du référendum, certains secteurs de Westmount ont atteint 103 et 107% de participation. Il y avait sûrement quelques votes illégaux en ces endroits.

  • Sanzalure - Inscrit 28 octobre 2010 09 h 08

    Démocratie : une personne, un vote

    Je suis d'accord avec Frankric. En mettant un plafond à 100$, on limite l'influence de la minorité des personnes qui peuvent donner plus que les autres. Ce n'est pas parce qu'elles ont plus d'argent que la moyenne qu'elles sont de meilleurs citoyens et que leurs opinions sont plus éclairées.

    Aussi, je trouve que Raymond Bachand dit n'importe quoi. Ce débat sur le plafond du montant des contributions a commencé longtemps avant que François Legault ait annoncé son idée de créer un nouveau parti.

    Serge Grenier

  • bourgeoisgentilhomme - Inscrit 28 octobre 2010 09 h 26

    Les 3 colombes

    M. René Lévesque n'était donc pas aussi blanc que nous trois nouvelles colombes. Il avait fixé à 3000$ la contribution maximale avec un maximum de 300$ en crédit d'impôt. Donc, il reste que la personne qui donne le maximum doit débourser réellement de sa poche 2700$. J'ignore combien ce 3000$ du début du PQ au pouvoir peut représenter en dollars d'aujourd'hui. Supposons 3 fois. Ca veut donc dire que ça équivaut à un donateur qui verserait 9000$ en 2010. On dit que Fava et Rondeau contrôlait le PLQ. Fava n'a pas contribué à la caisse du parti depuis 2002 et Rondeau depuis 2005. S'il est vrai de prétendre que les grands argentiers le parti contrôlent le parti, dans ce cas-ci c'est donc faux.
    Autre point. Si cette réforme passe, comme le DGE fera-t-il pour déterminer si le parti n'a pas d'autres type souterrain de financement? Surtout s'il n'y a plus de crédit d'impôt tel que demandé par nos 3 mousquetaires.