Immigration: faire plus avec moins

Il s'agit du deuxième secteur le plus touché par les compressions des dépenses qu'a annoncées hier la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget. Le budget du ministère des Relations avec les citoyens et de l'Immigration passe de 246,3 millions de dolars à 205,9 millions pour l'année se terminant le 31 mars 2004, soit une baisse de 40,4 millions.

Le plus grand effort budgétaire est exigé dans le volet stratégique de l'intégration et de la régionalisation des immigrants. Le Conseil du trésor évalue cette réduction à 5,8 millions. Mais par rapport aux dépenses effectuées plutôt que celles prévues au budget de l'année dernière, il s'agit d'une baisse de 12 millions.

Ce sont donc le recrutement, la sélection et l'intégration linguistique, culturelle et économique des immigrants qui seront touchés. Le Conseil du trésor explique les compressions principalement par une réduction des dépenses de fonctionnement ainsi que par une réorganisation administrative.

L'automne prochain, les flux d'immigration seront étudiés en commission parlementaire comme on le fait tous les trois ans. La ministre responsable du dossier, Michèle Courchesne, indiquait récemment en entrevue au Devoir qu'elle entendait profiter de l'occasion pour redire l'importance de l'apport des immigrants à la société québécoise et hausser le nombre d'immigrants dans une perspective de développement économique. Elle avait également souligné qu'elle était une fervente partisane d'une réingénierie de l'État, y compris une remise en question des façons de faire de son propre ministère.

Sylvain Simard, critique de l'opposition officielle pour ce qui touche au Conseil du trésor, a affirmé que cette baisse des dépenses en immigration lançait «un signal dangereux».

En ce qui concerne les relations avec les citoyens, le budget des dépenses montre une baisse de plus de deux millions. Il faut également noter que le programme national de réconciliation avec les orphelins de Duplessis, qui a reçu une somme totale de 28 millions, prend fin.

Du côté de la condition féminine, liée au ministère de l'immigration et des Relations avec les citoyens, on note une baisse de 200 000 $. Cela correspond essentiellement à une rationalisation des dépenses de fonctionnement. Même chose en ce qui a trait à la Commission d'accès à l'information, à la Commission des droits et libertés de la personne et au Conseil des relations interculturelles, dont l'effort à consentir s'élève à 600 000 $.

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