Réseau Liberté-Québec s'attaque à un État «obèse et tentaculaire»

Québec — Le nouveau mouvement de droite Réseau Liberté-Québec (RLQ) cible non seulement des adéquistes et des conservateurs déjà convertis, mais aussi des gens de tous horizons qui ont perdu confiance envers le gouvernement et les institutions de la Révolution tranquille.

Réunis samedi dans un hôtel de Québec pour le premier événement public du RLQ, les ténors de la droite ont martelé, les uns après les autres, qu'il fallait s'attaquer à un État «obèse et tentaculaire».

Accueillie en héroïne au début de la journée, la réalisatrice du documentaire L'Illusion tranquille, Joanne Marcotte a présenté la droite comme la solution aux scandales politiques des derniers mois, les gouvernements de centre étant condamnés, selon elle, à l'inefficacité.

«Le gouvernement subventionne pour acheter des votes et peut-être financer des partis politiques», a-t-elle lancé devant environ 450 personnes. «Le Québec est cogéré par de puissants lobbies syndicaux et d'affaires.» Remplie à craquer, la salle était dominée par des hommes (environ neuf pour chaque femme présente), dont beaucoup de jeunes.

Quebecor sur place


À l'exception de CHOI-FM, les quotidiens de Quebecor étaient les seuls médias à tenir un stand à l'événement, où ils étaient distribués gratuitement. L'Institut Fraser et le Manning Center avaient aussi des stands. Créé par Preston Manning après son retrait de la vie politique, le Manning Center for Building Democracy vise à renforcer les idées de droite par différents programmes.

Comme l'a plaidé le professeur Frédéric Têtu, la droite estime qu'elle doit se battre sur le front intellectuel pour s'imposer. «Le changement va arriver quand la guerre idéologique va être gagnée sur le terrain», a-t-il lancé au terme d'une table ronde sur le débat identitaire auquel participaient le député conservateur Maxime Bernier et le chef de l'ADQ, Gérard Deltell.

La plupart des inscrits semblaient satisfaits. Robert Bellerose était venu de Montréal avec sa conjointe «par curiosité». Il n'a jamais milité pour l'ADQ ou le Parti conservateur et ne se considère «pas nécessairement à droite», mais il aime «l'attitude» du RLQ, le fait qu'on lui propose «de prendre en main les choses» à travers une diminution de l'intervention gouvernementale et «plus d'individualisme».

Maxime Bélanger, un jeune homme de 29 ans étudiant en économie était déjà intéressé par ces idées puisqu'il suivait les activités de l'IEDM. Refusant le qualificatif de droite, il préfère se décrire comme quelqu'un de «centre droit». «Ça me rejoint beaucoup. On passe tout le temps pour des méchants à cause de nos idées. Comme si on ne voulait pas prendre soin des opprimés! On veut juste le faire plus efficacement.»

Contrairement à M. Bélanger, un autre participant du nom de Pierre Bouchard n'a rien du parfait militant de droite. Artiste en arts visuels ayant grandi dans un milieu péquiste, il se dit de plus en plus séduit par des discours comme celui du RLQ. «J'ai commencé à lire des blogues sympathiques à l'ADQ en 2007 quand j'étais contre eux et ça me choquait», a-t-il raconté. «Puis il y a eu un changement, et j'ai réévalué [mes positions].»

À quel parti cela profitera-t-il? Dans un discours sans dérapages, l'ancien animateur Jeff Fillion a déclaré que la démarche des lucides ne constituait pas une réponse parce que c'est «le même modèle [que le modèle actuel] avec des tarifs en plus».

Le président de l'Institut économique de Montréal, Michel Kelly-Gagnon semblait pour sa part souhaiter l'émergence d'une coalition de la droite plus large. «Qu'ils se retrouvent avec une maison politique, un véhicule, ce n'est que normal. Que ce soit Gérard Deltell, François Legault ou une figure politique encore inconnue», il souhaite que ces énergies «se canalisent en politique».

À part l'ancien ministre péquiste Jacques Brassard qui prononçait une conférence sur le «climato-scepticisme», on retrouvait surtout des adéquistes et des conservateurs à l'événement. D'Éric Caire à Sylvie Roy en passant par Jean Nobert ou Christian Lévesque, l'ADQ était particulièrement bien représentée, tandis que Maxime Bernier et Steven Blaney y participaient pour le camp conservateur. Les organisateurs, qui sont pour la plupart d'anciens militants adéquistes, ont toutefois répété à satiété qu'ils ne souhaitaient pas devenir un parti politique.

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NDLR: Ce texte est une version plus courte d'un texte publié samedi soir sur Le Devoir.com.
18 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 25 octobre 2010 08 h 04

    Quel État?

    L'État canadien, qui double les provinces?
    Pourquoi on n'en parle jamais, de lui?

  • Sator - Inscrit 25 octobre 2010 08 h 16

    une gerance du quebec pathque

    On nous disait que pendant que Rome brulait Neron jouait du violon en la regardant bruler
    Si au moins on voulait s attaquer aux vrais problèmes\ la dernière fois sous la férule de lucien bouchard on s attaqua a l obésité de l état en coupant des postes chez les médecins et les infirmières au lieu de la haute bureaucratie vous savez les postes a gros salaire que l on crée pour les amis a touts les niveau de la fonction publique et dans les conseils d administration chez Hydro, etc., mais ça on en parle pas. Et quand l on regarde qui tourne alentours de ce nouveau mouvement moi je débarque. Le problème a été de crée des supers structures et après on s aperçoit qu’ on est incapable des les gérer on peu prendre pour exemple les fusions comment Montréal a de la misère avec ses structures ou encore le ministère de la Santé et en fin de compte qui paie la note pour ces intellos libre penseur qui ont toujours des solutions faciles et miraculeuses a chaque problème, mais qui une fois rendu dans la réalité et les appliquent nous mettent encore plus dans la merde et bien c est la classe moyenne et silencieuse comme d habitude on coupe toujours dans le même gras et croyez moi la couche de plus en plus mince bientôt on va toucher l os

  • Marie-France Legault - Inscrit 25 octobre 2010 08 h 48

    La gratuité mur à mur...

    ne peut plus durer...la dette augmente toujours approx. $220,000,000,000
    sans compter les intérêts...

    D'abord la vraie gratuité est un mythe....nous paysons de plus en plus d'impôts et les plus riches n'en payent pas du tout...un truc populaire: les impôts reportés....

    Cogeco inc....170 millions
    Astral Média inc......195.8 millions
    Quebecor.......679.5 millions
    Alcan et Domtar......2,3 milliards
    Molson inc.......481 millions
    BioChem Pharma.........160 millions
    Groupe Saputo.....102 millions déjà subventionné par B.Landry


    Sans compter les abris fiscaux en Suisse aux Bahamas.
    Pendant que la classe moyenne est saignée à blanc
    que les B.S n'en payent pas et qu'ils jouissent de la gratuité
    presque partout...

    Source: Ces riches qui ne payent pas d'impôts.
    Brigitte Alepin CA, M.Fisc.
    Méridien Éditions 2004

    Le ticket modérateur dans la Santé a été abandonné.
    Si on est capable de payer $30, une caisse de bière
    chaque fin de semaine on est capable de payer
    un ticket modérateur...

  • Sylvain Auclair - Abonné 25 octobre 2010 09 h 18

    Conseils d'administration...

    Se rend-on compte que, de plus en plus, sous toutes sortes de prétexte mais avant tout, selon moi, pour plagier le privé, on transforme des pans de la fonction publique en agences, ce qui permet de nommer ses amis dans un nouveau conseil d'administration et, accessoirement, au ministre de ne plus avoir à répondre de ses fonctionnaires, parce que l'agence est dorénavant «indépendante». Et dire qu'on parle d'imputabilité!

  • T. Julien - Inscrit 25 octobre 2010 09 h 44

    Sylvain Auclair

    Il est question du Qc présentement - faudrait peut-être cesser cette manière à toujours vouloir faire DÉVIER les sujets ...