Signature du contrat des voitures de métro - Lucien Bouchard défend Jean Charest

Sam Hamad a qualifié hier de «moment historique» la signature du contrat des voitures de métro.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Sam Hamad a qualifié hier de «moment historique» la signature du contrat des voitures de métro.

Lucien Bouchard s'est porté à la défense du gouvernement de Jean Charest, hier, à l'occasion de la signature du contrat des voitures du métro accordé au consortium Bombardier-Alstom. L'ancien premier ministre, qui a agi comme négociateur pour la Société de transport de Montréal (STM) dans ce dossier, estime que le gouvernement se devait de mettre un terme à ce qui s'annonçait comme une interminable saga judiciaire.

«Ça devenait embarrassant de dépenser autant d'argent en frais d'avocats, a commenté Lucien Bouchard, en marge de la signature du contrat. Des mémoires, des contestations et des plaidoiries avec des appels à l'infini, il y en avait pour des années et des années. Il fallait que quelqu'un prenne une décision et assume des responsabilités [...] pour mettre fin à quelque chose qui devenait contre-productif et négatif.»

Qualifiée de «moment historique» par le ministre des Transports, Sam Hamad, la signature du contrat s'est déroulée hier matin sur un quai de la station Lionel-Groulx. Ce contrat, totalisant 1,235 milliard de dollars, vise la construction par Bombardier-Alstom de 468 voitures du métro au coût de 2,64 millions l'unité, pour remplacer les MR-63 qui roulent sur la ligne verte.

Les prototypes des MPM-10 (pour Matériel pneumatique de Montréal acquis en 2010) seront livrés en juin 2013 et les nouvelles voitures seront mises en service à compter de février 2014. Comme les trains seront de type «boa», les voyageurs pourront circuler librement d'une voiture à l'autre.

Alstom assurera la construction des moteurs, des freins et des systèmes de traction, de contrôle et de communications. Pour sa part, Bombardier se chargera notamment de la construction des caisses, de leur aménagement et de l'assemblage des voitures.

Si le contrat s'élève à 1,2 milliard, la STM entend procéder à un règlement d'emprunt totalisant 2,7 milliards, car l'arrivée du nouveau matériel roulant l'obligera à procéder à la mise à niveau de ses ateliers.

Pour mettre un terme à la saga des voitures du métro qui durait depuis maintenant quatre ans et demi, le gouvernement a court-circuité le processus d'appel d'offres et adopté une loi spéciale destinée à le protéger de toute poursuite judiciaire.

Lucien Bouchard ne croit pas que cette manoeuvre nuise à l'image du Québec sur la scène internationale ou compromette les négociations engagées dans le cadre d'un éventuel accord de libre-échange avec l'Europe. Selon lui, la décision du gouvernement se justifie dans la mesure où les obstacles rencontrés ne permettaient pas d'entrevoir une conclusion rapide du dossier, alors que les voitures ont déjà dépassé leur durée de vie utile. «Je crois que dans le monde entier, les gens vont comprendre», a-t-il soutenu.

Il ne s'inquiète pas davantage des effets que pourrait avoir cet épisode sur relations d'affaires de Bombardier ou Alstom à l'étranger, car selon lui, ces entreprises qui sont des chefs de file dans leur domaine.

La STM aurait-elle pu obtenir un meilleur prix avec un appel d'offres? «On ne le saura jamais», a-t-il reconnu. Il doute toutefois que le constructeur espagnol CAF, écarté de la course, trouve matière à poursuite compte tenu de l'adoption d'une loi spéciale.
10 commentaires
  • Roland Berger - Inscrit 23 octobre 2010 10 h 48

    Retour en politique

    “Come on”, Lucien, retourne en politique. John va bientôt se prélasser dans sa retraite dorée. La tête du Parti libéral t'appartient. Jamais deux sans trois !
    Roland Berger

  • Raymonde Chouinard - Inscrit 23 octobre 2010 12 h 00

    Bravo aux libéraux....

    Ce n'est pas le PQ qui aurait eu le courage de mettre ses culottes pour régler cet imbroglio....et faire en sorte que le contrat soit alloué à Bombardier.

    Bouchard a réalisé, dès le début, qu'il n'y avait rien à faire avec ce parti d'attentistes, de pleutres et de braillards qui promettent tout mais qui ne réalisent rien....!

  • Michel Simard - Inscrit 23 octobre 2010 14 h 02

    Un peu de respect

    Madame Chouinard est très irrespectueuses des péquistes. Je ne comprends pas que le mdoérateur autorise pareil irrespect. D'autant plus que ses "commentaires" ne sont toujours que spéculations et insultes, comme dans le cas présent, ou complètement hors sujet.

  • Sylvain Auclair - Abonné 23 octobre 2010 18 h 33

    Jeu dangereux

    Le problème, c'est: que se passera-t-il si les entreprises exclues contestent la loi au nom des ententes commerciales signées par la Canada?

  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 23 octobre 2010 20 h 27

    De gauche ET pour la libre concurrence

    2.7G$ pour rénover nos ateliers quand le contrat a une valeur de 1.2G$???
    À ce prix-la, on devrait avoir des fauteuils en cuir en plus de l'air climatisé me semble.

    Entre le Grand Trunk de Van Horne en 1867 et Bombardier de Beaudoin et Charest en 2010, bien peu me semble avoir changé... Il y a quelque chose qui fonctionnait bien au Québec et à Montréal, qui était productif et positif, c'était l'appel d'offre pour les nouveaux wagons de métro de la STM.

    Au même titre que c'est pas aux montréalais de décider du Colisée de Québec-ville ou de gérer les pêcheries et les forêts des autres régions, ce devrait être à la région montréalaise l'ultime décision du renouvellement du métro. La STM a toujours prôné l'appel d'offre pour avoir le meilleur deal.

    "La STM aurait-elle pu obtenir un meilleur prix avec un appel d'offres? «On ne le saura jamais», a-t-il reconnu."

    Et ça se prétend lucide : !? diminution des dépenses de l'état et de l'endettement collectif ?! C'est manifestement pas lui qui prendra le métro avec un cout de billet augmenté année après année ; on ne peut interpréter cette décision autrement qu'un geste pour plaire à ses amis oligarques.

    «Je crois que dans le monde entier, les gens vont comprendre», a-t-il soutenu.

    On peut avoir aimé planter les russes dans la série de 1972... parce qu'on a pas changé les règles du jeu, j'aurais aimé voir Bombardier gagner la série.

    La game se continuait en prolongation : ce n'était pas une prolongation indéfinie parce que balisée par la durée de l'appel d'offre fait par la STM. Le cout de ne pas aller en appel d'offre excèdent, d'après moi, les couts de réparation évalués.

    Le PLQ et Bouchard pour la concurrence et la libre entreprise?

    Contrairement aux lucides, qui démontrent pour qui ils travaillent, les lucides vont prendre l'argent dans les paradis fiscaux et chez les bs à cravate.

    Appel à ceux qui croient que la 3e voix est Legault...

    Guillaume Blo