Sondage Senergis-Le Devoir - L'opposition au gaz de schiste grandit

L'opposition au gaz de schiste grandit
Photo: Agence Reuters L'opposition au gaz de schiste grandit

L'industrie des gaz de schiste perd du terrain dans l'opinion publique, selon un sondage Senergis exclusif au Devoir, réalisé entre le 9 et le 16 octobre avec les marges d'erreur habituelles.

En effet, ce sondage indique qu'un Québécois sur deux se dit désormais «défavorable» au développement des gaz de schiste, comparativement à 35 % lors du sondage Senergis-Le Devoir de septembre dernier. Le nombre de personnes favorables à cette filière énergétique se situe à 17 %, soit à peu près au niveau mesuré en septembre, qui était de 14 %.

Selon l'analyse de la maison Senergis, dans le groupe de personnes qui suivent ce débat public, le pourcentage des opposants est encore plus élevé, soit à 67 %. Ce groupe d'opposants est trois fois plus important que celui des personnes informées et favorables (23 %).

En un mois, en somme, les efforts de l'industrie et de la ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau, n'ont pas porté leurs fruits, car les personnes défavorables demeurent nettement plus nombreuses, et surtout celles qui se disent «très» défavorables. En même temps, la proportion de ceux qui disaient ne pas avoir d'opinion sur la question en septembre a diminué de presque la moitié. Et ces répondants se sont visiblement rangés dans le camp des «défavorables».

Autre fait à signaler: on observe un «certain durcissement des positions», selon le sondeur du Devoir. Ainsi, explique-t-il dans son rapport, «le segment qui a le plus augmenté depuis un mois est celui des très défavorables: en septembre, ils étaient 20 % parmi ceux qui avaient entendu parler du gaz de schiste. Ils sont maintenant 29 %.»

Selon ce dernier coup de sonde, à la mi-octobre, trois Québécois sur quatre (74 %) disent avoir entendu parler du dossier et parmi eux, 77 % précisent avoir lu ou écouté des reportages sur la question. Ce chiffre traduit à sa façon une augmentation de la «notoriété» du dossier, car le nombre de personnes ayant entendu parler du dossier était moindre en septembre, soit 63 %. Parmi ceux qui suivent le dossier, un répondant sur trois seulement estime être véritablement «bien informé».

Ce flottement dans l'opinion laisse une place ouverte à des changements de perception et d'attitude.

En effet, si la moitié de la population du Québec se dit défavorable à la filière du gaz de schiste — 7 % n'ont pas d'opinion —, la plupart des «défavorables» affirment qu'ils «pourraient être favorables» au développement des gaz de schiste moyennant certaines conditions qui ne sont pas définies dans le sondage.

Si on ajoute toutes les voix susceptibles de se déplacer vers le camp des favorables, ce groupe pourrait éventuellement correspondre à 50 % de la population si on ajoute les 17 % de répondants «favorables» aux 33 % qui disent pouvoir le devenir. Par contre, 20 % de la population, selon le sondage, se dit toujours fermement opposée à ce développement énergétique au Québec, peu importe les conditions.

Dans ce contexte, il n'est pas surprenant de constater que 78 % des personnes qui se disent informées réclament un moratoire complet sur la filière. Ce groupe de 78 % représente 57 % de la population totale du Québec.

Par ailleurs, la perception des gens sur l'attitude du gouvernement dans ce dossier évolue aussi de façon négative. En effet, la partie de la population qui estime que le gouvernement agit dans l'intérêt supérieur de la collectivité est le même qu'en septembre, soit seulement 13 %.

Par contre, le pourcentage de ceux qui estiment que Québec est plus sensible dans ce dossier aux intérêts de l'industrie gazière que de la population est passé de 66 % à 74 %. Cette augmentation de la perception négative est le résultat du fait que les personnes sans opinion ont vu leur nombre passer de 21 % à 13 % en un mois, ce qui indique que ce sont les citoyens opposés à ce développement ainsi que les écologistes qui ont marqué le plus de points dans les dernières semaines.
29 commentaires
  • Roch Langlois - Abonné 22 octobre 2010 01 h 01

    Les sondages qu'osse ça donne !

    Mon titre paraphrase une citation d'Yvon Deschamps. Par contre, les opinons d'aujourd'hui, par des populistes, et les médias, arrêtent toute forme de développment. Alain Minc écrivait dans dans son essai, "Epitres à nos nouveaux maitres", la réalite suivante: (sic)..
    Traduction libre. "Supposons que Samuel de Champlain arrive aujourd'hui, dans "son" Québec. Qu'observerait-il ? La puissance du mouvement féministe, le rayonnement du monde homosexuel, l'assurance des groupes ethniques, la force de renvendications des locales, mais aussi la prégnance hostiles à la mondialisation, un refus diffus de l'économie de marché, un rejet nostalgique du progrès technique, la haine des forts, la jalousie à l'égard des riches. ...Quel pays décrirait-il à ses mandants ? Un Québec dominé par ses MINORITÉS; un discours collectif rythmé pas des REFUS; une société émiettée; des citoyens écartelés; des individus déboussolés; des dirigeants apeurés. C'est de nous QU'IL PARLERAIT.

  • letourse - Abonné 22 octobre 2010 06 h 25

    Une bonne nouvelle!!

    Enfin une excellente nouvelle!!

    Mais demeurons vigilants, les "tinamis" continuent de travailler en coulisse...

  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 22 octobre 2010 06 h 27

    Un moratoire est nécessaire

    Avant d'aller de l'avant avec un tel projet, il faut tout d'abord répondre à certaines questions.
    Quelles sont les meilleures façons d'exploiter ces gisements?
    Quels seront les effets à long terme?
    Devons-nous les exploiter maintenant alors que le prix du gaz est très bas et qu'une nouvelle source d'approvisionnement fera baisser le prix?
    Devrions-nous développer des sources d'énergie plus propres et moins polluantes? Comme l'éolien.

    Le gisement éolien disponible au Québec représente 100 fois la production totale d’électricité du Québec en 2008. C’est le plus important gisement de toute l’Amérique : sa richesse et sa qualité sont exceptionnelles. Ainsi, même au Québec où le coût de l’électricité est généralement considéré comme l’un des plus bas sur le continent nord-américain, l’électricité éolienne peut être produite à un prix compétitif avec celui des grandes filières énergétiques traditionnelles. Et les principaux sites éoliens sont dans les secteurs de La Grande et de Bersimis-Outardes, loin des centres habités.

  • clovis simard - Inscrit 22 octobre 2010 07 h 20

    Le Chaos

    L'opposition grandit ! Jusqu'à une limite, pour enfin devenir chaotique !

    C.Q.F.D

  • Bernard R - Inscrit 22 octobre 2010 07 h 59

    Pourquoi être surpris!...

    Il n'y a rien de surprenant a cet article, surtout quand madame N. Normandeau et ses acolytes des pétrolières font tout pour essayer de nous "éduquer" nous la population ignare, il faudra peut être que m. Fava et Bastarache s'en mêle, pourquoi pas.... Un peu plus un peu moins ou il y a de la gêne il n'y a aucun plaisir qu'ils disent.
    Depuis Janvier 2010 dans notre village plus on pose de questions plus les réponses changent au fil des nouvelles, e dois avouer que les ministères et madame N. Normandeau font une belle équipe quand il s'agit de ne pas tout dire aux citoyens, à tout le "Monde en parle" si je n'étais pas au courant du dossier je l'aurais presque cru, c'est pas croyable de ne dire que des demi vérités avec autant d'aplomb au public, la seule vérité que j'ai reconnu c'est le "CASH" il faut faire du cash, elle a juste oublié de dire que c'était juste pour les libéraux qui occupent une TRÈS grande place maintenant dans tous les conseils d'administration. Faut le faire quand même. Alors oui je ne suis pas du tout surpris que les gens avec toutes les réponses floues et les demi vérité et absurdités avancées par m. André Caillé lui même. (ha oui! il est pas du tout en dépression)
    Un citoyen choqué d'un tel gouvernement à la dérive et dire que c'est nos impôts qui payent ces gens là.