Jean D'Amour promu dans la controverse

Le député libéral de Rivière-du-Loup, Jean D’Amour, a déjà été condamné par le commissaire au lobbyisme pour 27 manquements à la loi. Il participera dorénavant à l’approbation du budget de ce même commissaire.<br />
Photo: Agence Reuters Mathieu Bélanger Le député libéral de Rivière-du-Loup, Jean D’Amour, a déjà été condamné par le commissaire au lobbyisme pour 27 manquements à la loi. Il participera dorénavant à l’approbation du budget de ce même commissaire.

Encore une promotion pour le député libéral controversé Jean D'Amour, qui accède au Bureau de l'Assemblée nationale, le Saint des Saints du Parlement. Celui qui a reconnu avoir violé la loi sur le lobbyisme approuvera désormais le budget du commissaire au lobbyisme.

Québec — Une nouvelle promotion parlementaire accordée par Jean Charest au député libéral de Rivière-du-Loup, Jean D'Amour, soulève un tollé dans les groupes d'opposition. Ancien président du Parti libéral du Québec et ancien maire de Rivière-du-Loup, M. D'Amour a accédé le 6 octobre au Saint des Saints du Parlement de Québec: le Bureau de l'Assemblée nationale. Le BAN, c'est un «conseil d'administration» qui gère un budget de plus de 120 millions de dollars. Il est composé de 10 élus: le président de l'Assemblée nationale, cinq députés du parti au pouvoir, trois du premier groupe d'opposition, un du second groupe.

Comme membre du BAN, M. D'Amour participera entre autres à l'approbation du budget du commissaire au lobbyisme. «Ce même commissaire qui a condamné M. D'Amour pour 27 manquements à la loi», rappelait hier le critique péquiste Bertrand St-Arnaud dans une entrevue au Devoir. M. St-Arnaud, membre du BAN jusqu'à récemment, souligne que le commissaire au lobbyisme — tout comme une des autres «personnes désignées par l'Assemblée nationale», le vérificateur général — doit parader devant les membres du Bureau pour présenter ses prévisions budgétaires et justifier ses augmentions. Ces discussions, qui ne sont pas publiques, peuvent être difficiles, raconte-t-on. L'ex-commissaire au lobbyisme André C. Côté aurait par exemple eu du mal avec le BAN à quelques reprises. Rappelant que

M. D'Amour a dû se retirer du caucus libéral le 10 novembre 2009, le temps que la Sûreté du Québec et le Directeur général des élections fassent enquête sur de possibles cas de financement illégal dans Rivière-du-Loup, l'adéquiste Sylvie Roy ironisait: «Un peu plus et les libéraux vont nous envoyer Tony Tomassi au BAN!» Au terme des enquêtes en février 2010, ni la SQ ni le DGE n'avaient toutefois trouvé matière à accuser M. D'Amour. Ce dernier avait alors réintégré le caucus libéral même si, par ailleurs, il faisait encore l'objet d'une enquête du commissaire au lobbyisme.

Le «loup dans la bergerie»

Accusé peu après par le commissaire, M. D'Amour a plaidé coupable. Non seulement il demeure dans le caucus libéral, mais il réintègre la Commission de l'administration publique (CAP). Cela avait été vertement dénoncé par l'opposition péquiste, qui y vit une manière de «laisser entrer le loup dans la bergerie» puisque la CAP «voit tous les appels d'offres [et] tous les contrats du gouvernement», avait souligné Agnès Maltais en Chambre. Le 22 septembre, M. D'Amour a toutefois quitté la CAP pour intégrer la Commission de l'aménagement du territoire. Ces nominations ne lui rapportent aucune rémunération supplémentaire. Sa récente nomination au BAN, cependant, est accompagnée d'une prime de 15 % du salaire global, ce qui équivaut à quelque 13 000 $.

Croisé dans un couloir du parlement, Le Devoir a demandé à M. D'Amour si cette nouvelle situation n'était pas incongrue, surtout en ce qui concerne le commissaire au lobbyisme: «Il n'y a rien de curieux là-dedans. [L'an dernier], le commissaire a fait son travail, j'ai réagi, je pense, correctement là-dedans. Moi, je suis rendu bien plus loin que ça.» Lorsqu'on lui a demandé si le commissaire avait selon lui un budget suffisant pour bien faire son travail, M. D'Amour a répondu: «On va discuter éventuellement de ce point-là avec les collègues.»

Pourquoi tant d'égards?

Bertrand St-Arnaud réclame plutôt du député qu'il réfléchisse à sa présence du BAN, «qui pose clairement problème». Le leader adjoint du PQ se demande d'ailleurs pourquoi M. D'Amour, qui va de controverse en controverse depuis le début de sa carrière politique, a droit à tant d'égards de la part du premier ministre. Il formule cette hypothèse: «M. D'Amour, de par les fonctions qu'il a occupées au PLQ, sait beaucoup de choses sur le fonctionnement de ce parti. Il était une des rares personnes à savoir que le premier ministre recevait, en plus du salaire versé par l'État, un salaire de 75 000 $ annuel payé par le PLQ. Est-ce qu'il sait autre chose sur les coulisses du PLQ? Est-ce que c'est pour cette raison qu'on en prend soin? Ce sont des questions qui se posent.»  
21 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 21 octobre 2010 00 h 52

    QUELQU'UN L'A DÉJÀDIT...

    Et ce n,est pas moi. Je l'ai déjà lu sur les blogues du DEVOIR. On disait de James Charest: une tête de mouton ( il est frisé) et un front de boeuf. Le front de boeuf, c'est d'avoir nommé d'Amour. Mais il sait que les québécois est un des peuples ld'ALZHEIMER . Donc, aucun danger à faire ce qu'il veut.

  • Naturelebo - Inscrit 21 octobre 2010 01 h 19

    2 ième Grande Noirceur

    Jonh James et sa gang = deuxième Grande Noirceur au Québec, c'est vraiment trop bizarre !!!

  • Normand Carrier - Inscrit 21 octobre 2010 06 h 33

    Un spécialiste du lobbyisme.......

    Jean Charest ne nous surprend plus en poussant l'outrecuidance a nommer Jean D'Amour responsable des budgets du commissaire au lobbyisme ! Après avoir enfreint plusieurs règles a la loi des lobbys , Jean D'Amour est en quelque sorte un spécisliste de cette loi .... Nul doute qu'il saura attribuer les bons budgets , lui qui connait très bien les besoins (sic,sic).
    Pourquoi toute cette attention a Jean D'Amour , lui qui avait dévoilé le supplément de salaire de $75,000.de Jean Charest ? Se donne-t-on au PLQ la garantie d'omerta et que cette fois il gardera le silence sur tous les secrets du fonctionnement du PLQ et de sa caisse électorale .....

  • Jean-Claude Archetto - Inscrit 21 octobre 2010 07 h 14

    Le malfaisant

    Comment qualifier cette nomination de Charest celui qui a vendu le poste de premier ministre du Québec 75,000/année aux donateurs libéraux? Si ce n'est pas rire du monde je me demande bien ce que c'esst.
    Non seulement il refuse une enquête qui révélerait toute la profondeur de la corruption de son gouvernement , que dévoile jour après jour des enquêtes journalistiques,mais il nomme un des adeptes de la valse des enveloppes brunes pour gérer le budget du commissaire au lobbyisme.
    La pieuvre libérale continue d'étendrre ses tentacules pour étouffer et asphixier tout l'état québécois .
    Sincèrement on ne pourra pas attendre deux ans et continuer à laisser faire le plus malfaisant premier ministre de l'histoire récente du Québec.
    Il va falloir puiser dans nos gènes français pour descendre dans la rue crier haut et fort notre écoeurement.

  • Sator - Inscrit 21 octobre 2010 08 h 19

    CORRUPTUON quand tu nous tiens

    On pourra dire ce que l on veut .il y a tellement de corruption qu on ne sait plus ou regarder on doit dire qu a ce niveau que JJ charest a les deux mains sur ce volant