La loi sur les écoles passerelles est adoptée après une nuit de débat

Le gouvernement de Jean Charest payera le prix politique de l’adoption de la loi 115 lors des prochaines élections générales, selon la chef péquiste Pauline Marois.

La défense de la langue française constituera d’ailleurs un des grands enjeux du prochain scrutin attendu d’ici deux ans, a prédit Mme Marois, en conférence de presse, ce matin, quelques heures après l’adoption du projet de loi 115.

«J’espère que nous aurons de la mémoire», a-t-elle dit, en considérant que la langue sera, assurément, «un enjeu important» de la prochaine élection.

Si elle prend le pouvoir aux prochains élections, Mme Marois s’est engagée à abroger cette loi, donc à étendre l’application de la Charte de la langue française aux écoles privées non subventionnées de langue anglaise. Et «mes engagements électoraux, je les tiendrai», a-t-elle ajouté, précisant qu’il fallait donner préséance aux droits collectifs sur les droits individuels dès qu’il est question de langue au Québec.

La loi 115, décriée par l’opposition péquiste, aura pour effet de légaliser l’accès à l’école anglaise pour les francophones et les allophones, à certaines conditions.

Au terme d’un marathon de 15 heures de débat autour du projet de loi, la procédure de bâillon s’est soldée par un vote favorable à 7h23, avec un résultat de 61 députés en faveur et 54 contre.

Dans une mesure d’exception, le gouvernement avait convoqué les élus lundi pour forcer l’adoption immédiate du projet de loi controversé. Les députés ont donc dû siéger pendant toute la nuit.

La loi 115 rendra légal l’accès aux écoles dites passerelles, qui servent de tremplin aux élèves francophones et allophones pour accéder au réseau public anglophone. Leurs parents devront cependant accepter de payer leur passage par l’école privée non subventionnée de langue anglaise pendant trois ans, avant d’avoir droit de fréquenter le secteur public anglophone public, donc gratuit.

De plus, en vertu de la loi 115, des fonctionnaires du ministère de l’Éducation devront d’abord confirmer que ces élèves ont effectué un «parcours scolaire authentique» avant de passer au secteur public.

L’avocat Brent Tyler, qui a représenté les parents francophones et allophones désireux d’obtenir un plus grand accès à l’école anglaise, est déçu. Il se dit sidéré par le fait qu’une infime minorité pourra réellement obtenir le droit à l’instruction en anglais. Selon lui, la loi 115 ne va pas assez loin et ne respecte certainement l’esprit de la Cour suprême lorsqu’elle a rejeté la loi 104. Me Tyler se dit convaincu que le dossier continuera de cheminer. L’avocat s’attend à ce que d’ici sept ans, un nouveau texte de loi soit débattu devant la Cour suprême.

24 commentaires
  • maxime belley - Inscrit 19 octobre 2010 11 h 28

    bye bye québec

    et c'est comme ça que les francophones d'Amérique du nord devinrent folklore.

  • Marcel Bernier - Inscrit 19 octobre 2010 12 h 01

    C'est reparti...

    Alors que nous vivions une relative paix sociale quant à la question linguistique, le Liberal Party of Quebec en a remis une couche.
    Remarquez que c'est tout naturel pour ce parti de privilégier sa clientèle anglophone, c'est à elle qu'il doit le fait d'être au pouvoir.
    Il reste qu'il vient heurter de plein fouet tous ceux et toutes celles qui veulent préserver leur langue française et leur culture d'une assimilation.
    D'ailleurs, il me vient à l'esprit que ce premier minus, tout imcompétent qu'il soit, est un Anglais de bonne souche dans toute sa mentalité et qu'il peut faire des dégâts assez pénibles, merci, si on le laisse aller sans garde-fou.
    Que peut-on espérer maintenant alors que la porte est grande ouverte pour le bilingue?
    Il se peut qu'il y ait des juristes allumés qui portent cette loi devant les tribunaux pour cause de discrimination.
    Et que la leçon étant apprise, à savoir que la Cour suprême veut et cherche à invalider l'ensemble de la loi 101 pour cause de droits individuels, nous revotions un jour une loi 201 qui tienne compte de toutes les arguties anglopratines de ces valeureux avocats, de la trempe des Brent Tyler de ce monde, pour faire valoir notre désir de vivre en français dans cette province si distincte. Une nation, disent-ils!

  • Gilles Bousquet - Inscrit 19 octobre 2010 12 h 08

    Alternatives au Québec francophone

    Malgré la Cour suprême et le PLQ-Charest, nous possédons certains ingrédients pour améliorer le Québec francophone, à l’intérieur de nos pouvoirs, à condition de voter stratégiquement à la prochaine élection générale, pour notre actuel gouvernement, comme suit :

    -Étendre le français, langue de travail, aux entreprises du Québec, de 10 à 49 employés, pour lancer un fort message aux immigrants et à nos anglophones, que c’est en français que ça se passe au Québec et qu’ils devront parler français s’ils veulent y travailler et y prospérer.

    -Améliorer l’enseignement du français et de l’anglais, à partir de la maternelle, afin que nos jeunes sortent du secondaire avec une excellente connaissance du français et une bonne connaissance pratique de l’anglais, ce qui va moins attirer les francophones et les immigrants à vouloir fréquenter l’école anglaise. S’il faut allonger les heures d’enseignement pour le faire, allons-y ! L’Idée que l’apprentissage, trop jeune, d’une autre langue, peut nuire, ne se confirme pas chez nos connaissances…au contraire.

    -Adopter un hymne national québécois, qui accompagnerait mieux nos évènements « nationaux » pour remplacer le O Canada qui continuera bien à être chanté aux parties de hockey du CH. Nous sommes une nation avec un drapeau et toutes sortes d’autres symboles nationaux mais pas encore d’hymne national pour nous titiller le nationalisme. C’est un grand manquement qu’il serait pressant de corriger. Voici ma suggestion chantée par M. Richard Verreau :

    http://www.youtube.com/watch?v=uNnepxk-N04

  • François Caron - Abonné 19 octobre 2010 12 h 18

    Dans un moment de grande détresse nationale, ...

    ... Franklin Delano Roosevelt, président des États-Unis en décembre 1941, a eu ces mots que je me permets de lui emprunter et que je ne tenterai pas de traduire, mais en leur conservant le génie de la langue anglaise (on lui doit bien cela) et pour décupler toute leur puissance odieusement indignée:

    'This Day Will Live In Infamy !'.

  • Claude Levac - Inscrit 19 octobre 2010 12 h 26

    Blessure

    Le titre aurait pu être plaie. Mais j'ai préféré être politico correct.

    La langue c'est plus qu'un code parlé, c'est aussi et surtout LE moyen de communication le plus puissant pour échanger des informations objectives, émotives, philosophiques, de transmettre avec précision ce que l'on veut que l'autre comprenne. C'est aussi un excellent moyen pour se détendre en ajoutant des jeux de mots qui nous font réfléchir d'une façon différente sur plusieurs sujets des aléas de la vie. C'est l'outil le plus performant que l'humain c'est doté.

    Le Québec est une nation qui malgré sa faible proportion en nombre en Amérique du Nord a réussi à s'épanouir à se faire entendre sur toute la planète par sa culture son ingénierie ces politiques sociales son système d'éducation. Aussi, il a également établi de formidables ponts avec les gens qui venu d'ailleurs on apprit à vivre chez-nous, et cela, en Français.

    Il fait tout cela beaucoup mieux et plus rapidement car il c'est doté d'une loi affirmant la langue française comme seule officiel au Québec.

    Le gouvernement du petit monsieur Charest me blesse dans son regrettable non-respect de ce que les Québécois et plusieurs immigrants souhaitent protéger avec amour. Leur langue française. Leurs outils de vie.

    C.L.