Ken Pereira veut des compensations de la FTQ

Celui par qui le scandale à la FTQ-Construction a été mis sur la place publique, le syndicaliste Ken Pereira, réclame de l'organisation le versement de 600 000 $ à titre d'indemnité de fin d'emploi, de dommages moraux et exemplaires.

Dans une mise en demeure qui sera signifiée aujourd'hui au président de la FTQ-Construction, Yves Mercure, ainsi qu'au président de la FTQ, Michel Arsenault, et dont Le Devoir a obtenu copie, M. Pereira explique ce qu'il estime être la «trahison» du syndicat et de la centrale syndicale à son égard.

En 2005, la FTQ-Construction a recruté M. Pereira pour qu'il dirige le Local 1981, c'est-à-dire le syndicat des mécaniciens industriels. M. Pereira estime ne pas avoir obtenu le soutien nécessaire pour contrer la pratique d'embauche discriminatoire qui favorise les membres d'un syndicat dominant dans son métier, soit le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (communément appelé l'international).

«Le syndicat ne voulait pas nuire aux intérêts d'entrepreneurs entretenant des relations privilégiées avec certains des hauts dirigeants de la FTQ-Construction et du Fonds de solidarité des travailleurs du Québec», indique l'avocat de M. Pereira.

Devant l'insistance de M. Pereira, la FTQ-Construction l'a congédié, ce qui a été transformé en suspension. À la même époque, M. Pereira avait obtenu de façon anonyme les factures et les reçus des dépenses de l'ancien directeur général de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis, pour la fin de son mandat. Au total, 125 000 $ auraient été dépensés en notes de restaurants entre décembre 2007 et décembre 2008. Et c'est sans compter des avances de fonds de 69 000 $.

Puisque ni la FTQ-Construction ni la FTQ n'agissaient devant l'abus financier présumé, M. Pereira a révélé le pot aux roses dans un reportage à l'émission Enquête de Radio-Canada. Jocelyn Dupuis est actuellement accusé de fraude à l'encontre de la FTQ-Construction.

Mais Ken Pereira est devenu un empêcheur de tourner en rond, et l'organisation syndicale a tenté d'«acheter» son silence. D'abord par un emploi en Alberta puis par une indemnité de départ. «La FTQ-Construction et la FTQ veulent clairement étouffer le Local 1981 et son directeur général, peut-on lire dans la mise en demeure. Elles exercent aussi de la diffamation à l'égard de M. Pereira en l'accusant publiquement d'être une personne jouant sur deux identités en plus d'être un voleur. Ces propos ne font que l'isoler davantage et l'amènent à craindre pour sa vie.»

De plus, le président de la FTQ-Construction, Yves Mercure, a porté plainte auprès de la police pour avoir subi des menaces de la part de M. Pereira. M. Mercure l'a également identifié comme le possible auteur de l'attentat de l'incendie sur sa voiture.

Pour toutes ces raisons, Ken Pereira réclame 238 750 $ d'indemnité de fin d'emploi, somme à laquelle s'ajoutent 250 000 $ en dommages moraux et 100 000 $ à titre de dommages exemplaires.