«Il était ici pour défendre les intérêts de tous les Québécois»

Le premier ministre Jean Charest a accompagné hier la veuve de Pierre Laporte, Françoise Brouillet, lors du dévoilement à saint-Lambert d’un monument en l’honneur du politicien.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le premier ministre Jean Charest a accompagné hier la veuve de Pierre Laporte, Françoise Brouillet, lors du dévoilement à saint-Lambert d’un monument en l’honneur du politicien.

Pour le 40e anniversaire de son assassinat aux mains du Front de libération du Québec (FLQ), Pierre Laporte a pu retrouver une place honorable dans l'histoire, hier. Un monument commémorant son engagement politique a été dévoilé à Saint-Lambert, à deux pas de la résidence familiale où il a été arraché aux siens, à jamais.

La veuve de M. Laporte, Françoise Brouillet, leurs enfants (Jean et Claire) et leurs petits-enfants étaient présents au parc de la Voie maritime, de même qu'une importante délégation de politiciens libéraux qui ont connu l'ex-ministre libéral du Travail.

Enlevé par la cellule Chénier (Paul Rose, Jacques Rose, Francis Simard et Bernard Lortie), le 10 octobre 1970, Pierre Laporte a été tué par strangulation après sept jours de captivité. Son cadavre a été abandonné dans le coffre arrière d'une voiture, sur la base militaire de Saint-Hubert.

Une victime complètement innocente, a rappelé hier le premier ministre, Jean Charest. «Il y a encore, même après 40 ans, une certaine pudeur, un certain malaise à mettre les mots justes sur ce qui s'est produit, probablement parce que c'est très lourd à porter. On accepte difficilement l'idée qu'il s'est produit chez nous un crime politique de cette nature. La chose est d'autant plus difficile à nommer qu'il y a eu, d'une certaine façon, une très grave erreur sur la personne. Alors que les ravisseurs prétendaient libérer le Québec, ils s'en sont pris à un homme dont la vie a été marquée par son dévouement envers le progrès et l'affirmation du Québec», a dit M. Charest.

Jean Laporte s'est dit soulagé que l'on redonne enfin à son père la place qu'il mérite dans l'histoire. «Il était ici pour défendre les intérêts de tous les Québécois et, finalement, on peut reconnaître ce que Pierre Laporte a fait et différencier la Crise d'octobre de sa carrière», a-t-il dit.

Jean Charest et Raymond Garneau, ancien ministre des Finances au sein du gouvernement Bourassa, ont critiqué les reportages diffusés dans la foulée du 40e anniversaire de la Crise d'octobre. À leurs yeux, les médias ont fait preuve de révisionnisme, en tentant de banaliser et de justifier, même indirectement, l'enlèvement de Pierre Laporte.

L'autre Octobre

Samedi, une centaine de personnes portant des drapeaux du Québec, et des Patriotes ont pris part au dévoilement d'un monument dédié aux victimes de la rafle policière du 16 octobre 1970, installé devant les locaux de la Société Saint-Jean-Baptiste, à Montréal.

Ce monument est une sculpture de l'artiste Marcel Barbeau, l'un des signataires du Refus global. Les noms des quelque 500 personnes arrêtées par la police en octobre 1970 y sont gravés.

Selon l'ex-premier ministre du Québec Bernard Landry, la promulgation de la Loi sur les mesures de guerre par le gouvernement Trudeau était une forme de «terrorisme psychologique étatique». Tout comme M. Landry, le député du Bloc québécois Serge Ménard a rappelé que ce coup de force était indigne d'une démocratie. Ils ont également pris soin de préciser que les crimes du FLQ étaient inexcusables.

«James Cross n'a jamais mérité le sort qu'il a subi, Pierre Laporte ne méritait pas d'être tué, rien dans la situation que nous défendions n'était plus contraire, d'ailleurs, à l'idéal que nous poursuivions comme indépendantistes, rien ne pourrait justifier ces deux crimes, qui ont commencé la Crise d'octobre», a lancé Serge Ménard.

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Avec La Presse canadienne
10 commentaires
  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 18 octobre 2010 09 h 56

    Deux poids deux mesures

    @Tremblay: Vous vous objectez à l'installation de ce monument d'un homme politique assassiné (enlevé, séquestré, et mort dans ce contexte, quelle qu'en soit la raison exacte), mais vous trouvez sans doute tout naturel que l'on élève un monument aux deux-cent personnes qui ont été emprisonnées sous la Loi des mesures de guerre. En effet, ces martyrs ont beaucoup souffert, alors que M. Laporte, ministre libéral et sans aucun doute très malhonnête par extension, méritait son dû.

    Je trouve tout cela ignoble.

  • Ciceron Derome - Inscrit 18 octobre 2010 10 h 40

    Bien sûr

    Fallait-il s'attendre à autre chose de la part de monsieur Tremblay? Du vrai talibano-péquisme, c'est à dire y aller allègrement avec des allégués, leur poison préféré sur le plan politique.

  • Erwan Basque - Inscrit 18 octobre 2010 11 h 12

    La petitesse d'esprit.

    Bonjour,
    A ce Monsieur Saint-Cyr, dans cette société dite distincte, le ridicule ne tue pas car tous les jours, nous nous devons de fermer les yeux et surtout le clapet. N'attendez pas l'objectivité d'un nationaliste comme ce Monsieur Tremblay, il a besoin de détester pour justifier sa Cause Nationale et ce dans la dérision que l'on pourrait qualifier d'abjecte.... Bien à vous, Erwan Basque.

  • Jean-François Trottier - Inscrit 18 octobre 2010 11 h 49

    @Jacques Saint-Cyr: Récupération politique des deux bords

    Y avait-il des non-libéraux invités à la cérémonie? Non. Pauline Marois aurait pu lire la condamnation que René Lévesque avait faite de ces événements par exemple. Ça aurait été approprié: René Lévesque était un ex-collègue de Pierre Laporte et nul doute que sa condamnation poignante était sincère. Mais c'était une cérémonie entre Libéraux.
    Les indépendantistes ont souligné les victimes de la crise d'octobre. Propagande et contre propagande. C'est comme ça. Après 40 ans, il y en a encore qui ont peur des souverainistes et qui font régulièrement rappel à ces événements très utile pour distiller la peur de la "séparation". Lisez la Chouinard encore tout récemment et vous comprendrez la réaction de M. Tremblay. Se faire dire, par exemple, que "faut surveiller spécialement les péquistes par le registre des armes à feu" alors qu'il n'y a rien eu depuis 40 ans, c'est de la démagogie primaire. L'exemple n'est pas unique.
    Alors oui, ça donne moins le goût de prendre qui que ce soit en pitié. Évidemment, ça donne des dénis "ignobles". Mais jouer et rejouer la cassette d'un événement tragique à l'échelle individuelle, mais qui demeure une anomalie dans le comportement indépendantiste Québécois au cours des 2 derniers siècles, c'est de la récupération.

  • Guy Lemieux - Inscrit 18 octobre 2010 12 h 24

    Un peu d aménagement du terrotoire péquiste .

    Comme je peut lire ce M.Tremblay n y vas pas de main morte ...Il a été prouver que M.Laporte était lavé de toute allégation ....alors ca ne prend pas un politicologue pour y voir une tentative subversive de la part ce monsieur...

    Il est indigne de citer M.Laporte ainsi .