Sondage Léger marketing-QMI - Le projet de parti de François Legault fait chuter la cote du PQ

Le coup de sonde de Léger marketing-QMI tend à démontrer qu’un parti dirigé par l’ancien député-ministre péquiste François Legault récolterait 30 % des appuis, contre 27 % pour le Parti québécois et 25 % pour le Parti libéral du Québec.<br />
Photo: Clément Allard - Le Devoir Le coup de sonde de Léger marketing-QMI tend à démontrer qu’un parti dirigé par l’ancien député-ministre péquiste François Legault récolterait 30 % des appuis, contre 27 % pour le Parti québécois et 25 % pour le Parti libéral du Québec.

Le projet n'en est qu'à ses premiers balbutiements, mais le retour de François Legault à bord d'un nouveau véhicule politique semble susciter de l'intérêt chez les électeurs québécois. Selon un sondage Léger marketing-QMI publié hier, le parti de centre droit qui reste à créer se serait hissé au pouvoir si des élections avaient eu lieu cette semaine.

Le Parti québécois semble être le principal perdant de l'éventuelle création d'un nouveau parti. Par rapport à ses adversaires actuels, le PQ se maintient en première place depuis quelques mois. Mais l'arrivée de François Legault à la tête d'une formation de centre droit changerait la donne et lui ferait perdre 12 points de pourcentage et surtout, le ferait glisser en deuxième position.

Au Parti québécois, on ne cache pas que ce sondage lance plusieurs défis. Selon le député Bertrand St-Arnaud, un effort de pédagogie devra être déployé au PQ. «Il y a le défi de faire connaître et apprécier notre chef, notre équipe ainsi que notre programme qui est issu de la gauche efficace avec moins de structures», affirme M. St-Arnaud.

Ce dernier fait toutefois un appel à la prudence devant un parti virtuel dont on ne connaît rien, ni l'équipe, ni le programme, ni les valeurs. «Si François Legault se lance, il devra répondre à de vraies questions», souligne le député.

Pour l'instant, M. Legault ne souhaite pas commenter le sondage, dont il prend bonne note.

Du côté de l'ADQ, le député François Bonnardel dit avoir souri devant les résultats du sondage. «Ça ramène la pertinence de nos idées politiques. C'est bien que la population s'y s'intéresse, mais il n'y a qu'une formation qui défend les idées de centre droit actuellement, et c'est nous», insiste-t-il.

M. Bonnardel reconnaît toutefois que l'ADQ est encore dans un purgatoire duquel elle serait en train de s'extirper. «C'est là le défi», croit-il.

30 % des appuis


Le coup de sonde de Léger marketing-QMI tend à démontrer qu'un parti dirigé par l'ancien député-ministre péquiste François Legault récolterait 30 % des appuis, contre 27 % pour le Parti québécois et 25 % pour le Parti libéral du Québec. L'Action démocratique se classerait en quatrième position avec seulement 7 % des voix, et Québec solidaire obtiendrait 6 %. Dans ce contexte, la population assisterait à une course à trois comme ce fut le cas lors du scrutin de 2007, lorsque le PLQ a formé un gouvernement minoritaire.

La population estime à 61 % que le Québec a besoin d'une nouvelle formation politique compte tenu du contexte politique actuel. Aussi, la perception des électeurs à l'égard des principales personnalités politiques apparaît favorable à M. Legault. Ce dernier devance tous ces adversaires en recueillant 54 % d'appuis.

Dix points derrière, on retrouve le député de Québec solidaire, Amir Khadir. Plusieurs questions pertinentes ont été soulevées au cours des derniers mois par M. Khadir sur le financement occulte de firmes d'ingénierie, ce qui a conduit d'ailleurs le Directeur général des élections à enquêter.

La chef du PQ, Pauline Marois, se classe en troisième place avec 38 % d'appuis. Elle est suivie de près par Gérard Deltell de l'ADQ (35 %) et par l'ancien ministre péquiste Joseph Facal (34 %). C'est le chef du PLQ, Jean Charest, qui ferme la marche. Moins d'une personne sondée sur quatre (23 %) affirme avoir une perception favorable de M. Charest. À l'inverse, 70 % des électeurs ont une mauvaise opinion de l'homme. Quant à Mme Marois, plus d'un Québécois sur deux (52 %) dit avoir une mauvaise opinion de la chef péquiste.
8 commentaires
  • Geoffroi - Inscrit 13 octobre 2010 01 h 10

    Programme concret de pays provicial

    » Ce «programme de pays», financé virtuellement par l'apport des milliards de dollars que les Québécois versent à l'heure actuelle à Ottawa, servirait de plate-forme électorale aux prochaines élections. Parce que la souveraineté est rentable, a soutenu François Legault au cours d'un entretien avec Le Devoir, ce programme sera beaucoup plus attrayant que les programmes «provinciaux» du Parti libéral du Québec et de l'Action démocratique du Québec. C'est la «souveraineté solution», avance le député de Rousseau, une souveraineté ancrée dans le concret pour résoudre des problèmes actuels. Au cours de la dernière campagne électorale,...»

    Robert Dutrisac
    Le Devoir vendredi 6 février 2004

  • Henry Fleury - Inscrit 13 octobre 2010 05 h 21

    Un peu plus bas, toujours plus bas

    Ah bon, nous serons plusieurs heureux d'apprendre que le PQ avait une cote !

  • Normand Carrier - Inscrit 13 octobre 2010 06 h 27

    Toutes les cotes ont chuté ....

    La cote du PQ a chuté de 32% , celle du PLQ de 23% (merci au vote immuable des anglos) , cella de l'ADQ de 40% , celle de QS de 33% .... Mais attendons leur programme et d'autres sondages avant de se faire une meilleure idée sur ce sondage virtuel .....

  • Fabien Nadeau - Abonné 13 octobre 2010 08 h 17

    Phoenix

    Je crois que nous assistons au retour de l'Union Nationale!

  • Jean-François Trottier - Inscrit 13 octobre 2010 13 h 40

    Spéculations sur un sondage spéculatif

    Si on compte un 20% de vote anglophone quasi-unanime, il n'y a pas grand francophone qui voterait PLQ. Et le parti projeté ne compte que François Legault et Joseph Facal! Ajoutez des personnalités fédéralistes de renom et le PLQ tombera encore plus bas. Les anglos seront motivés à changer de camp (c'est d'ailleurs ce qu'affirme The Gazette) si et seulement si ça ne compte pas que d'anciens péquistes. Faudra aussi faire très attention au choix du chef.
    Ce qui me surprend, c'est que 7% des gens voteraient quand même ADQ. À moins d'acharnement thérapeutique, cette relique devrait normalement se fondre dans le nouveau parti. Donc ça ferait 37% de "Facal-Legault-Québec" (FLQ. Excusez-là, elle était facile).
    Bref, le PQ perdrait des plumes, mais l'ADQ serait pulvérisée et le PLQ tomberait encore plus bas.
    Autre point: Ce serait plus qu'une Union Nationale, leurs pointures sont d'un tout autre calibre. Ce qu'il manquait à l'ADQ, c'était un soupçon d'intelligence. Ce ne serait pas le problème ici.
    Je suis davantage à gauche qu'à droite, définitivement souverainiste, mais je pourrais vivre avec ce parti. Bien sûr, les fédéralistes qui croient que dilapider le Québec est une façon de défendre leur pays ne seraient pas intéressés (Ne riez pas, ça existe!) Mais les autres pourraient y trouver leur compte.
    Évidemment, ce parti demeurerait pur jusqu'à ce que le premier bailleur de fond l'approche. Et il subirait son premier vrai test d'unité à la prochaine crise constitutionnelle. Mais bon, ne soyons pas trop cynique.
    Pour l'instant, on est encore dans le rêve, pas vrai?