Le PQ exige une politique claire sur le logiciel libre

Appel à la liberté. Le Parti québécois (PQ) demande au gouvernement de Jean Charest d'adopter rapidement «une politique claire et complète sur le logiciel libre». Le groupe politique, qui a dévoilé hier un «document de réflexion» sur cette question, estime que le Québec n'a plus le luxe de se priver de ces solutions informatiques dites ouvertes et qui contribueraient à la réduction des dépenses publiques, tout comme à l'amélioration de la sécurité informatique.

«Nous ne pouvons plus mettre un frein au développement du logiciel libre dans l'administration publique et dans les entreprises», a résumé Marie Malavoy, porte-parole du PQ en matière d'enseignement supérieur, de recherche et de prêts et bourses et qui, avec son collègue Sylvain Simard, a décidé de militer pour cette autre façon d'envisager l'informatique. «Depuis six ans, le gouvernement parle souvent du logiciel libre et de l'importance de le considérer dans son développement. Mais il ne fait rien.»

Le PQ a rappelé hier que plusieurs pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont adopté dans les dernières années des politiques et des mesures pour promouvoir et favoriser ces logiciels libres au sein de leurs administrations. Contrairement aux logiciels dits propriétaires, souvent mis sur le marché par le géant Microsoft, ce type d'applications ne s'accompagnent pas de coûteuses licences d'utilisation. Elles peuvent aussi être facilement personnalisées en fonction des besoins des usagers.

«Le contexte actuel indique que nous devons réfléchir à la question, dit Mme Malavoy. Le logiciel libre est une façon de réduire les dépenses de l'État».

Le document présenté par le PQ souligne que, tout en enlevant de la pression sur le budget de l'État, ces logiciels viennent également réduire la dépendance du gouvernement à un seul fournisseur informatique, facilitent l'échange de données entre plusieurs services, sécurisent les données informatiques, mais aussi augmentent l'autonomie numérique du gouvernement. «Le logiciel libre a aussi l'avantage d'encourager l'industrie locale du service informatique avec, à terme, la possibilité d'avoir une véritable expertise québécoise dans ce domaine» en pleine expansion partout sur la planète.

La position du PQ intervient quelques jours après qu'un groupe de militants de ce parti eut lancé un appel à une plus grande gouvernance numérique au Québec. Le projet a été baptisé PQ numérique (pqnumérique.org) et appelle, entre autres, à la mise en valeur des normes informatiques ouvertes.

L'idée du logiciel libre fait de plus en plus son chemin dans les instances gouvernementales, surtout depuis un jugement rendu contre la Régie des rentes du Québec, rabrouée par le tribunal pour n'avoir pas considéré cette possibilité dans un récent appel d'offres visant à changer des suites bureautiques dans plusieurs de ses ordinateurs. Plus récemment, en raison de fortes critiques, la Société de transport de Montréal a dû suspendre un appel d'offres qui favorisait les produits de la multinationale Microsoft, et ce, afin de voir quelle place le transporteur public pourrait faire au logiciel libre dans son environnement informatique.
4 commentaires
  • Guy Rochefort - Inscrit 9 octobre 2010 12 h 00

    Le Parti Québécois en faveur du logiciel libre

    J'étais sur le site du BAPE sur les gaz de schiste hier soir. On nous informait que les mémoires peuvent être envoyés par informatique, mais seulement sous un format compatible avec Microsoft-Windows ou pdf. Discrimination systématique contre les logiciels Apple, Linux, ou les logiciels libres.
    N'existe-t'il pas une loi fédérale qui s'appelle la Loi contre les pratiques commerciales restrictives?
    Mais on comprend très bien, après tous les scandales de l'octroi des permis de garderie, des contrats du Ministère des transports, de la construction en général, des contrats à certaines études d'ingénieurs, du copinage et du népotisme dans les gaz de schiste, des scandales informatiques (e.g.: informatisation des dossiers médicaux, où les coûts sont proportionnels à l'inefficacité, contrats de préparation de logiciels envoyés aux Indes par l'Hydro-Québec - en français?), que le gouvernement qui pollue notre environnement politique depuis 2003 gère en fonction des enveloppes brunes.

  • Adario - Inscrit 9 octobre 2010 12 h 13

    Économique et favorable à l'intelligence collective

    Il est indéniable que le recours aux **logiciels libres**, c'est-à-dire aux programmes informatiques dont le code source est libre d'être étudié, copié, modifié et partagé, entraîne des économies considérables à court, moyen et long terme.

    De plus, il faut considérer le fait que la population est extrêmement vulnérable par rapport aux nouvelles technologies lorsqu'elle n'en comprend pas la teneur. Il y a donc une panoplie d'opérations fastidieuses qui pourrait être grandement simplifiées. Également, il y a le volet lié à l'usage du matériel, dont la puissance étant mal exploitée, on se retrouve souvent obligé de "recycler" nos ordinateurs au gré des changements souvent arbitraires de l'industrie informatique. Enfin, il y a toute la question de la protection des données sensibles dont l'État à tout avantage à ne pas négliger (le choix étant de laisser les gens dans l'incompréhension ou de les informer des risques d'un mauvais usage).

    Bref, il ne faut pas se laisser hypnotiser par les quelques dizaines de millions d'économie récurrente que pourrait engendrer la politique exigée. Il s'agit, selon moi, encore plus de libérer les employés de la lourdeur administrative que suscitent des formats imposés en standard qui ne répondent pas aux exigences pratiques propres à nos besoins. Cesser d'alourdir la tâche quotidienne des employés en éliminant les difficultés artificielles qu'imposent des logiciels mal adaptés, n'est-ce pas là une application de l'idéal de réduire la taille de l'État ?

  • Geoffroi - Inscrit 12 octobre 2010 09 h 16

    Cocktails

    Tout ça se décide aux cocktails du premier ministre et des mandarins.

  • Camarade - Inscrit 12 octobre 2010 15 h 26

    Les méchants formats propriétaires

    Je vais jouer l'avocat du diable ici, je m'en excuse.

    Il faut considérer le coût d'une telle transition entre les formats et les logiciels propriétaires au logiciels et formats ouverts. Il va falloir former les employés à utiliser autre chose que MS Outlook et MS Word, en plus des systèmes d'exploitations sous base Linux. En plus des coûts de formation, le temps pour l'adaptation n'est pas instantané, et donc pour arriver à une machine administrative au même niveau d'efficacité, il va falloir attendre plusieurs années.

    Ça ne se fera pas du jour au lendemain, et la formation de la main d'œuvre va rendre l'option moins attrayante j'en ai bien peur.

    @Guy Rochefort
    En passant, depuis 2008, le format PDF est un format libre. Et le format DOC, bien qu'il soit propriétaire, plusieurs logiciels libres comme Open Office sont capable travailler avec ce type de fichiers.

    Soyez réaliste un peu, quel format de document texte serait plus approprié que DOC ou PDF?