La microgestion du ministre Bolduc critiquée... et saluée

La microgestion des urgences du Québec par le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a été décriée hier par le Parti québécois, mais félicitée par Québec solidaire.

Le Parti québécois a déploré que le ministre «mette les deux mains dans la gestion des urgences». «C'est un problème», a soutenu la porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé, Agnès Maltais. «Il en est rendu dans les urgences, dans les civières. Maintenant, il n'y a plus de distance entre un problème et lui. Il vient de court-circuiter toute l'administration», a-t-elle affirmé.

La députée de Taschereau a averti qu'elle tiendra désormais M. Bolduc responsable de tous les faux pas commis dans les urgences des hôpitaux du Québec. «À chaque fois qu'il y aura un problème maintenant, nous pourrons lui dire: "Vous êtes celui qui gère les urgences au Québec. Vous auriez dû agir."», a fait valoir Mme Maltais. C'est sans compter qu'il y a d'autres secteurs névralgiques où il devrait donner de la tête, a-t-elle souligné.

M. Bolduc met son nez dans les affaires quotidiennes des urgences en forçant notamment les centres hospitaliers à mettre en oeuvre un outil de gestion des lits qu'il coordonne lui-même, a indiqué hier Le Devoir.

D'autre part, le fait qu'Yves Bolduc, aux commandes du ministère de la Santé et des Services sociaux depuis la fin juin 2008, s'immisce aujourd'hui dans les affaires quotidiennes des centres hospitaliers constitue, selon le PQ, un «aveu qu'il n'arrive pas à faire agir le ministère comme il le veut».

Québec solidaire salue

Québec solidaire estime pour sa part qu'on ne devrait aucunement se formaliser du fait que le ministre Yves Bolduc coordonne lui-même un nouveau mode de gestion des lits, faisant fi de la hiérarchie administrative en échangeant des courriels avec différents acteurs de la première ligne. «Voyons donc!» s'est exclamé Amir Khadir, porte-parole du parti. «On ne questionne pas en Chambre les administrateurs ou la hiérarchie. On questionne le ministre. Il doit savoir ce qui se passe. S'il a une excellente idée, tant mieux. C'est tout à fait légitime», a-t-il estimé.

M. Bolduc devrait toutefois «se concentrer à apporter des correctifs systémiques», selon M. Khadir. Le «système» est «asphyxié» par un manque de ressources causé en grande partie par un sous-financement et nécessite de l'argent frais. «Le système ne manque pas de recettes de gestion. Il manque d'oxygène», a conclu le Dr Khadir, invitant M. Bolduc à faire pression afin que les exploitants des gaz de schiste versent des redevances au gouvernement — si le feu vert est donné à l'exploitation — ou à faire en sorte que le gouvernement du Québec ne «gaspille [plus] notre argent en payant trop cher nos médicaments».
2 commentaires
  • Jean-François Trottier - Inscrit 30 septembre 2010 12 h 18

    Théorême de Peeters?

    Le problème, en tant qu'administrateur de haut niveau, c'est que pendant qu'il se concentre sur un aspect, il néglige forcément les autres. Aurait-il pu confier la tâche à un sous-ministre? Qu'il mette en place un nouveau mécanisme est une chose. Qu'il vielle à son fonctionnement quotidien en est une autre.
    Enfin, on verra. Peut-être est-ce une bonne initiative. Peut-être faut-il court-circuiter son imposante machine pour arriver à faire quelque chose. Mais ce n'est pas la preuve par 10 que, malgré ce qu'il dit, il ne se sent pas confortable avec le nombre d'administrateurs dans le réseau?

  • Trobadorem - Inscrit 30 septembre 2010 15 h 15

    D'un critique acerbe de l'ensemble des politiques du gouvernement dans le domaine de la santé, M. Bolduc je salue votre authenticité dans la recherche d'une solution

    C'est rare en politique ce que vous venez de faire. Vous témoignez d'un grand sens du service et encore une fois, merci pour votre geste. Cela vous honore.

    Maintenant, le pot.

    M. Bolduc,

    je vous invite à poursuivre votre quête pour un service de soin qui soit plus diligent et efficace et ce, même si vous vous butés à répétition à l'establishment de santé qui cherche à vous vendre plus de services, d'infrastructures et de pillules au prix fort.

    C'est dans un contexte comme celui d'un ministre qui descend sur le plancher, que l'on comprend le peu de pouvoir que vous avez sur la machine...

    Votre geste est désespéré mais courageux.

    ______________________________________

    J'invite maintenant le PQ à changer de lunette. Vous vous maintenez dans l'opposition à critiquer incessament certains de vos interlocuteurs libéraux alors que certaines de leurs décisions et actions sont honorables. Vous avez contribué à travers Bouchard, un autre con-serviteur (navré m. Bouchard) à défaire les derniers boulons d'un système qui était déjà mal en point. M. Bolduc a besoin d'aide et c'est ce que Québec solidaire a compris. Si vous ne vous renouvelez pas, c'est la disparition qui vous attend.