Le Maclean's sur la corruption au Québec - Charest défend les souverainistes

«Comme premier ministre, c’est important de parler au nom de tous les Québécois, incluant les souverainistes», a dit Jean Charest aux journalistes hier.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir «Comme premier ministre, c’est important de parler au nom de tous les Québécois, incluant les souverainistes», a dit Jean Charest aux journalistes hier.

Québec — Le premier ministre Jean Charest s'est porté à la défense de l'État québécois et du mouvement souverainiste en demandant des excuses au magazine Maclean's pour son article qui affirme que le Québec est la province la plus corrompue au Canada.

Dans une lettre virulente qu'il a fait parvenir à l'éditeur de Maclean's, Mark Stevenson, dimanche dernier, Jean Charest dénonce cet article qui fait «la démonstration d'une thèse simpliste et odieuse selon laquelle les Québécois seraient génétiquement incapables d'agir avec intégrité» et qui s'appuie sur «un amalgame d'informations erronées, d'allégations non démontrées prises au hasard de l'histoire, où vous mêlez le premier ministre Duplessis, les syndicats de la fonction publique, la Révolution tranquille, la place de l'État dans l'économie, nos racines catholiques et, surtout, le mouvement souverainiste».

L'article «ne répond à aucun des standards habituels du journalisme», déplore le premier ministre. «Avec une telle dérive journalistique, une telle ignorance, n'importe quelle société pourrait être dépeinte sous un jour défavorable», écrit-il.

«La thèse principale de l'article, c'est de dire que c'est la faute des souverainistes», a dit Jean Charest aux journalistes hier. «Comme premier ministre, c'est important de parler au nom de tous les Québécois, incluant les souverainistes.»

Dans sa lettre, Jean Charest rappelle que «le Québec est parcouru depuis 40 ans par un débat fondamental sur son appartenance au Canada; ce n'est pas une tare, c'est même un signe de notre maturité démocratique et de nos valeurs: je connais peu d'endroits au monde où un enjeu aussi fondamental a pris la forme d'un courant politique légitime, démocratique et pacifique».

L'article signé par Martin Patriquin, qui est accompagné par une analyse «sociologique» d'Andrew Coyne, évoque un lien entre l'importance de l'État au Québec et la corruption. «L'État québécois porte une très grande responsabilité sur la question de la langue, de l'identité», a fait valoir M. Charest devant la presse. «Les Québécois le veulent, le souhaitent. Moi, je suis très fier du rôle que joue l'État québécois.»

L'autre raison avancée par Maclean's pour expliquer la corruption endémique au Québec, c'est le catholicisme. Celle-là, Jean Charest la trouve risible. «À cause de la religion catholique, il y aurait une tolérance pour le vice officiel, c'est nouveau pour moi, c'est une nouvelle théorie», a-t-il raillé.

Jean Charest n'est pas le seul à critiquer le travail journalistique de Maclean's. Carole Beaulieu, l'éditrice du magazine L'Actualité, qui fait partie du conglomérat Rogers tout comme Maclean's, écrit sur le site Internet du magazine que ses professeurs de journalisme de l'Université Carleton, «un des bastions de l'orthodoxie et de la rigueur journalistiques canadiennes-anglaises, auraient mis un gros zéro au titre de la couverture de Maclean's». Elle pose une question de base: «Si le Québec est la pire province, Maclean's peut-il nous indiquer laquelle est la meilleure?»

Dénonciation unanime à Ottawa

À Ottawa, conservateurs, libéraux, bloquistes et néodémocrates ont fait front commun — pour une rare fois aux Communes — et déposé une motion dénonçant le dossier de Maclean's.

Les parlementaires y ont souligné «que cette Chambre, tout en reconnaissant l'importance des débats vigoureux sur des sujets d'intérêt public, est profondément attristée par les préjugés véhiculés et les stéréotypes employés par le magazine Maclean's pour dénigrer la nation québécoise, son histoire et ses institutions».

Jean Charest était convaincu, hier, qu'il n'obtiendrait pas d'excuses du magazine torontois. Il avait raison: dans un éditorial publié hier sur son site Internet et qui se retrouvera aujourd'hui dans son édition papier, la direction du magazine, qui s'appuie notamment sur l'opinion d'André Pratte et de Vincent Marissal de La Presse, persiste. Même si Maclean's reconnaît manquer de données statistiques prouvant que le Québec est la province la plus corrompue, il existe «une prépondérance de preuves» — les scandales qui, les uns après les autres, ont touché tous les ordres de gouvernement de la province — qui lui donne raison.

Certains ont appelé au boycottage de Maclean's au Québec. Cela ne devrait pas affecter outre mesure le magazine. Le Québec compte pour moins de 5 % de son tirage, qui s'établit à 362 000 exemplaires au total pour l'ensemble du Canada.

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Avec la collaboration de Stéphane Baillargeon

Avec La Presse canadienne
22 commentaires
  • tonnerre - Inscrit 30 septembre 2010 00 h 16

    condamnation proclamée au Parlement contre l'article de Maclean's



    Une motion de condamnation a été proclamée à la Chambre de Communes contre l’article du magazine Maclean’s. Sommes-nous entrain d’implanter une certaine censure contre toute critique qui pourrait blesser ou désorganiser l’orgueil de nos politiciens qui participent de près ou de loin à la gérance ou à l’administration d’une province canadienne? Un seul député a eu la lucidité de préférer la liberté de presse et d’opinions à une condamnation, un blâme, un contrôle ou une censure.

    Nos députés fédéraux en agissant ainsi refusent de regarder vraiment en face la prolifération des corrupteurs qui guettent toutes les fonctions étatiques d’un territoire pour le ternir et le saccager. L’article de Maclean’s y fait allusion pour le Québec. Pourquoi de simples citoyens ne s’offusquent pas si dangereusement à la sortie de cette publication dans Maclean’s? Tout simplement parce qu’ils croient leur province de Québec trouvera toujours plein d’énergies et de forces pour lutter contre le pire cancer de notre modernité qui se propage dans tous les pays de notre planète, la corruption.
    Le Parlement canadien compte un député qui a une vigilance exceptionnelle et une sagace remarquable. Bravo! Au député indépendant de Portneuf - Jacques- Cartier , Monsieur le député André Arthur.
    Quant aux autres, ils ont été tout simplement guidés par leur ostentation au lieu de prendre conscience qu’aucune province canadienne n’est à l’abri de la corruption. Le Québec est réaliste et il n’a pas l’habitude de mâcher ses mots pour faire face aux pires maux.

    Simplecitoyenne

  • Carole Dionne - Inscrite 30 septembre 2010 00 h 31

    PAS LE BON GARS POUR MONTRER AUX AUTRES QUOI FAIRE...

    HUM. C'est comme si on demandait à un bandit de dire à la société qu'elle est pourrie. D'ailleurs, MCClean a mis James Charest presque en première page. Amir Khadir, aurait pu. Deltell, pourquoi pas. À la limite, Pauline Marois. Mais Jamnes Charest, vraiment, il a un front de boeuf. Ou il est vraiment inconscient ou innocent. J'ai bien beau ne pas l'aimer, là il me donne toutes les raisons du monde pour qu'aux prochaines élections, je lui montre que je ne suis pas naïve.

  • Alain Rowe - Inscrit 30 septembre 2010 04 h 36

    elle est bonne!

    ah!ah! Charest essaie de faire porter aux souverainistes les vérités du Mclean's alors que sa face apparait en gros plan et que les exemples mentionnés concenent lsurtout les fédéralistes! Nous les souverainistes savont et démomçont toutes ces choses depuis belle lurette. Pourquoi pensez-vous que l'on veut se séparer? Pour une fois, nous nous retrouvons du même côté que le McLean's!

  • Marcel Bernier - Inscrit 30 septembre 2010 06 h 33

    À suivre le raisonnement de Charest...

    On risque de retrouver Bonhomme Carnaval en camisole de force sur la page couverture de votre magazine préféré. No paseran!

  • Pierre Sabourin - Inscrit 30 septembre 2010 07 h 36

    C'est le point qui compte, je-m'en-foutisme de qui qui essais de pogner des votes.

    Je repete les lettres de l'autre jours pour que certain lecteur sache faire la distinction entre une premise vrai(la corruption au quebec) et une conclusion invalide...(blamer les souvrainiste, les catholique etc)
    Deplus sachez qu<on s'en$%^#%^$%^ que ca ca soit un bleu ou un rouge ou toutes les couleurs du parlement qui denonce (et non censure) le caractere logiquement faible de la revue et ce n'est pas parceque cest Charest qui dit ca que sont point n'est pas valide.

    Alors voici encore une fois:

    samedi 25 septembre 2010 06h56
    Il était une fois...sur une planète très lointaine....
    (Chewbaca defence; Red Hering en logique)
    Chewbaca vien de la planète kashyyyck mais veux alle vivre sur la planete Endor...est-ce que ca fais du sens...J`veux dire Chewbaca mesure 8 pied et veux alle vivre avec des ptits Ewok qui mesure 2 pied est-ce que ca fais du sens...non et c'est pour ca que les Québecois (séparatistes) sont la cause la corruption......wow vraiment???Est-ce que vous pouvez vraiment faire ce lien???

    Les propos dans le Maclean sont de très mauvaises réflections, j'pourrais casiment prendre tout leur point et changer la conclusion que c'est pour ca que les Amérindiens sont pas assez subventionner et j'pourrais passer mon article dans le Macleans....leur conclusion on aucun rapport avec leurs prémise c'est franchement ridicule....L'équivalent, aussi, serais de dire que le Dallai Lama est un communiste parcequ'il vie a coté de la chine, on appelle ca une faute de culpabilité par association, tres mauvaise association qui a aucun rapport......
    Je dirais même plus Mr Dupon.........., si Maclean ce permais de dire des conneries du genres est-ce qu'ils affirmerais par leur meme proposition que parceque le Dailai Lama veux ne pas être conquis par la chine que c'est a cause de ca et en gros sous entendu, qu'il est la cause de la corruption....et de la corruption a l'exterieur du Tibet... !