FTQ: René Roy tire sa révérence

C'est pour éviter une division supplémentaire des troupes au sein de la Fédération des travailleurs du Québec que le secrétaire général de la FTQ-Construction, René Roy, a décidé de ne pas se présenter à la présidence de la centrale contre Michel Arsenault. Du même souffle, il a décidé de prendre sa retraite.

M. Roy en a fait l'annonce hier lors de l'assemblée du conseil général de la FTQ. Vraisemblablement, ce n'est pas de gaieté de coeur qu'il a pris cette décision. «C'est toujours un peu triste après 35 ans de syndicalisme», a-t-il laissé tomber au Devoir.

Après 12 années passées au poste de secrétaire général, René Roy, avait l'impression d'avoir fait le tour du jardin et croyait pouvoir offrir ses services comme président. Un premier tour de piste des membres l'a convaincu qu'il n'aurait pas suffisamment d'appuis pour déloger le président actuel, Michel Arsenault. De plus, il n'était pas question d'ajouter de l'huile sur le feu.

«J'ai réalisé qu'une élection, c'est très divisif. La FTQ aurait pu perdre de la solidarité. Les dernières années n'ont pas été faciles. C'est pas le temps de se diviser davantage», a-t-il ajouté.

De fait, l'image de la FTQ a été écorchée depuis deux ans. Les liens amicaux entre le président Michel Arsenault, défenseur entre autres de milliers de travailleurs de la construction, et l'un des plus importants entrepreneurs du Québec, Tony Accurso, ont créé un malaise. Aussi, M. Arsenault n'a pas réussi à discipliner la FTQ-Construction, plongée dans une tourmente où les liens avec le crime organisé des uns et les dépenses extravagantes des autres, une perquisition policière, des accusations criminelles, des congédiements et des claquages de portes ont nourri le mouvement populaire réclamant une enquête publique sur l'industrie de la construction. Encore aujourd'hui, Michel Arsenault n'a pas fait un geste pour récupérer l'argent provenant des cotisations des syndiqués.

C'est dans ce contexte houleux que MM. Roy et Arsenault ont tenu quelques rencontres «pour faire le point» sur ce qui est bon pour la FTQ. René Roy en est ressorti en affirmant qu'il appuiera la candidature de son collègue lors du congrès qui se déroulera de la fin novembre jusqu'au scrutin du 3 décembre.

C'est à ce moment que M. Roy tirera officiellement sa révérence. En plus de ses fonctions de secrétaire général, M. Roy siège au conseil d'administration du Fonds immobilier de la FTQ, ainsi qu'à celui de l'UQAM, et représente la FTQ au sein de l'organisme gouvernemental Investissement Québec.
1 commentaire
  • Khayman - Inscrit 30 septembre 2010 07 h 45

    Grande déception

    Il y a deux semaines, le mouvement des syndiqués de la FTQ de ma région avait fondé beaucoup d'espoir chez moi :

    http://www.radio-canada.ca/regions/saguenay-lac/20

    Puisque les politiciens, les juristes et la population n'arrivent pas à rien faire pour nettoyer le domaine de la construction québécoise, je croyais naïvement que ça viendrait des membres eux-même, tannés d'être coupables, aux yeux de la population, par association aux gestes posés par la mafia instaurée dans leur mouvement syndical.

    La décision de René Roy ferme le cercueil sur l'idéalisme syndical qui pouvait encore animer les syndiqués FTQ et sur l'espoir des autres syndiqués de redorer l'image du mouvement syndical en général. L'enterrement sera complété lors de la réélection facile d'Arsenault.