Jean Charest doit songer à partir, dit Pauline Marois

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Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Pauline Marois.

Québec — La chef du Parti québécois, Pauline Marois, croit que le premier ministre Charest a tellement nui aux institutions de l'État qu'il doit «réfléchir à son avenir», une expression qu'avait employée la semaine dernière son leader parlementaire, Stéphane Bédard.

«M. Charest a beaucoup nui à nos institutions depuis quelque temps», a affirmé Pauline Marois en marge d'une conférence de presse tenue par la coalition contre le projet de loi 103.

«Je lui demande au moins d'y réfléchir [à sa démission], réfléchir à son avenir, réfléchir aux gestes qu'il a posés actuellement et qui nuisent profondément à l'image du Québec.»

La chef péquiste a dit comprendre que le comportement du gouvernement Charest ait pu inspirer l'article du magazine Maclean's, qui a titré que le Québec était la province la plus corrompue au Canada. Elle a cité les allégations de corruption et de collusion dans l'industrie de la construction, ainsi que les places en garderie accordées à des contributeurs libéraux. «On peut comprendre que de tels événements suscitent la réaction qu'on a vue dans Maclean's», a déclaré Mme Marois. Selon la chef péquiste, l'article est un «épiphénomène» qui est «lié à un comportement inacceptable de la part de notre gouvernement».

Lors de la période de questions à l'Assemblée nationale, l'opposition officielle s'est servie du témoignage de Chantal Landry, responsable des nominations au sein du cabinet du Jean Charest, à la commission Bastarache pour accabler le premier ministre. La porte-parole péquiste en matière de justice, Véronique Hivon, a accusé Jean Charest d'avoir «discrédité le processus de nomination des juges».

Le leader parlementaire adjoint de l'opposition officielle, Bertrand St-Arnaud, a accusé Jean Charest d'avoir donné deux versions différentes, l'une à la commission Bastarache, et l'autre, à l'Assemblée nationale. Devant la commission, Jean Charest a affirmé qu'il ne connaissait pas le processus qui était suivi avant son arrivée au pouvoir en 2003. En avril, le premier ministre affirmait en Chambre que les règles de nomination des juges n'avaient pas changé depuis 2003. «Or, cela est inexact. Il a changé le processus, il a perverti le processus de nomination des juges, notamment en y ajoutant les Post-it politiques de Mme Landry», a fait observer Bertrand St-Arnaud.

Le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a préféré ne rien commenter, répétant qu'il fallait attendre le rapport de la commission Bastarache.

Bastarache veut savoir


La commission Bastarache entendra au moins un membre d'un ancien gouvernement du PQ afin de déterminer si le processus de nomination des juges a changé depuis l'arrivée des libéraux, a indiqué mardi le porte-parole de l'enquête publique, Guy Versailles.

M. Versailles a d'autre part indiqué que les procureurs de la commission ont reçu hier la disquette contenant l'agenda de l'ancien ministre de la Justice Marc Bellemare, qui couvre la période durant laquelle il soutient avoir été l'objet de pressions de collecteurs de fonds, au moment de nommer des juges.

Avant de déposer l'agenda, les procureurs doivent déterminer quels sont les passages pertinents pour le mandat de la commission. Les avocats de M. Bellemare ont soutenu lundi que le document contredirait le témoignage de

M. Charest, qui a soutenu n'avoir jamais rencontré M. Bellemare, le 2 septembre 2003, pour écouter ses plaintes au sujet des pressions des collecteurs de fonds Franco Fava et Charles Rondeau.

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Avec La Presse canadienne
34 commentaires
  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 29 septembre 2010 00 h 46

    une comission citoyenne sur la nomination du PM

    Jean Charrest a eu un mandat clair : être député de la circonscription de Sherbrooke. Son nom n'est pas apparu sur mon bulletin de vote.

    Si Charrest part, il importe que ce soit les citoyens qui désignent par élection le prochain PM hors de la députation, afin de s'assurer d'une saine séparation des pouvoirs, afin de faire qu'il ou elle soit le la PM de tous les québécois.

    Il ne faut pas que ce personnage qui, d'après moi a bien trop de pouvoirs, soit seulement nommé par le PLQ selon leur "propres" règles.

    Guillaume Blouin-Beaudoin
    altermontrealiste@hotmail.com

  • Ciceron Derome - Inscrit 29 septembre 2010 02 h 14

    Pauline Marois doit partir

    Le vide de son programme masqué par son obsession de prendre le pouvoir et de la souveraineté, donc de la reprise des chicanes interminables avec Ottawa afin de "prouver" que l'indépendance est essentielle, incite à la réflexion. Sa tasse de thé est la chicane, chicane avec le gouvernement libéral actuel en surfant sur des allégués, peu importe leur véracité, chicane avec le premier ministre qu'elle veut, à tout prix, évincer pour étancher sa soif de pouvoir, chicane, par le biais de ses sbires, avec tous les québécois qui osent ne pas penser comme elle ou ses gouroux de coulisse.

    Pronostic: regardez bien sur quel plan sera attaqué Joseph Facal, qui songe à quitter le PQ, dans les mois qui suivent. Il le sera comme Sarkosy l'a été, sur le plan personnel, comme Jean Charest, sur le plan personnel et comme l'auteur Tremblay, sur le plan personnel. C'est ce que j'appelle la tactique du derby de démolition. L'option du débat d'idées n'est pas rentable pour madame Marois en terme de capital politique. L'émotion, la main sur le coeur, l'horreur du scandale, surtout sur des allégués non fondés, sous le couvert de l'immunité parlementaire, le tout assorti d'une profonde aversion des "canadians", voilà ce qui cache le vide de programme qui caractérise madame Marois dans cette formation politique. Lévesque doit se retourner dans sa tombe devant cet ensemble vide amateur de pétarardes, amateur tout court.

  • André Loiseau - Inscrit 29 septembre 2010 06 h 56

    Pourquoi devrait-il partir ?

    Pourquoi demander au premier des ministres de quitter, ne serait-il pas plus facile à battre alors qu'il se trouve par terre dans tous les sondages?
    À moins que ce ne soit pour profiter de son esprit de contradiction qui lui fait nier l'évidence à la Commission...

  • Roland Berger - Inscrit 29 septembre 2010 07 h 51

    À Ciceron Derome

    Quel soulagement a dû vous apporter cette attaque personnelle contre Madame Marois ! Une telle haine épuise.
    Roland Berger

  • MJ - Inscrite 29 septembre 2010 08 h 48

    Bilan avant le Bye Bye

    Afin d’alimenter ce débat, je suggère un exercice qui demande de la recherche et un rappel de notre mémoire collective, soit de faire un bilan du gouvernement libéral de Charest depuis son premier mandat en 2003 et ce, sur deux colonnes: le positif et le négatif, comme on fait à la fin d’une année pour le Bye Bye! Donc, d’un côté, les réalisations ou politiques (législations) pour le bien du peuple québécois et de l’autre, les décisions néfastes pour l’intérêt collectif ou les décisions controversées, en incluant bien évidemment les scandales.

    De même, l’on ferait un bilan des précédents gouvernements péquistes (sous René Lévesque, Jacques Parizeau, Bernard Landry, etc.) en commençant par le premier mandat du PQ en 1976 avec l’accession au pouvoir de René Lévesque. Et on pourrait comparer, pour ces deux formations politiques, laquelle a le mieux contribué au mieux-être collectif.

    Donc, faire un constat des contributions positives ou négatives de chacun des partis au pouvoir. Un genre de “commission d’enquête” ou de recherche faite par le public et les journalistes.