Sondage - Gaz de schiste: les Québécois restent sceptiques

Les Québécois sont toujours très sceptiques à l'égard de l'exploitation des gaz de schiste. À peine un sur cinq est favorable à cette très probable éventualité, alors que plus de la moitié jugent que le gouvernement fait passer les intérêts de l'industrie gazière avant ceux de la population. La ministre des Ressources naturelles reconnaît d'ailleurs qu'il existe un «défi» d'information sur les enjeux liés à cette nouvelle filière.

Les chiffres dévoilés hier dans un sondage Hebdos Québec-Léger Marketing montrent en effet que l'exploitation de cette ressource d'énergie fossile est loin de rallier une majorité de Québécois. En fait, seulement 20 % de la population se dit favorable à l'exploitation du gaz de schiste, alors que 35 % est clairement contre.

Les réponses des sondés semblent aussi confirmer le manque d'informations au sujet de cette filière dont à peu près tout le monde au Québec ignorait l'existence au début de l'été. Ainsi, 35 % des Québécois estiment qu'ils n'en connaissent pas assez sur le dossier pour se prononcer. Un total de 27 % disent ne pas avoir d'opinion sur le sujet, tandis que 18 % affirment ne jamais en avoir entendu parler.

Les personnes défavorables à l'exploitation du gaz contenu dans le sous-sol sont par ailleurs plus enclines à considérer que le gouvernement fait passer les intérêts de l'industrie gazière avant ceux de la population (74 %). Seules 14 % pensent que le gouvernement défend autant les intérêts de l'industrie gazière que la population et seulement 4 % jugent qu'il fait passer les intérêts de la population devant ceux de l'industrie.

Réagissant aux résultats de ce coup de sonde, la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a reconnu que le gouvernement devait toujours relever le «défi» de bien expliquer ce qu'implique la mise en valeur du potentiel gazier québécois. «Les gens veulent des réponses à leurs questions. Ils veulent être rassurés», a-t-elle réitéré, au cours d'un entretien avec Le Devoir.

La ministre a également tenu à préciser qu'elle réviserait le régime de redevances à la hausse, jugeant celui-ci désuet. Celles-ci devraient donc être plus élevées que le chiffre de 12,5 % qui circule depuis quelque temps. Mme Normandeau n'a toutefois pas voulu s'avancer sur ce qui sera proposé. Il faut dire que les libéraux ont essuyé de nombreuses critiques en raison des faibles redevances que touche le Québec en phase d'exploration, contrairement à une province comme la Colombie-Britannique.

Le coup de sonde a été mené auprès de 1000 personnes entre le 20 et le 23 septembre auprès de la population adulte du Québec dans le cadre d'un sondage Omnibus.