Une hausse des émoluments des éducatrices pour faire disparaître les garderies au noir

Québec — Selon la CSN, une hausse de 42 % des émoluments des éducatrices des services de garde en milieu familial pourrait contribuer à inciter certaines d'entre elles à passer du réseau privé au réseau public et, surtout, à faire disparaître les nombreuses garderies au noir qui existent encore au Québec.

Plusieurs centaines d'éducatrices en milieu familial accompagnées de leurs enfants et de représentants de la CSN ont manifesté devant l'Assemblée nationale, samedi, en prévision de la reprise des négociations entre leur syndicat et le gouvernement du Québec pour un premier contrat de travail. Karine Morrisseau, propriétaire de la garderie Le P'tit Bonheur de Saint-Hyacinthe et membre du comité national de mobilisation, est convaincue de la nécessité de faire passer de 26 $ à 37 $ par jour par enfant le montant versé aux éducatrices en milieu familial.

«Ça nous permettrait d'avoir un régime de retraite, de contribuer à la CSST [Commission de la santé et de la sécurité du travail], d'avoir des vacances et des congés fériés ainsi qu'une hausse de salaire d'environ 2 %. Dans les conditions actuelles, plusieurs filles préfèrent travailler au noir quand elles voient arriver les exigences ministérielles», a expliqué Mme Morrisseau.

Ann Gingras, vice-présidente du Conseil central Québec/Chaudière-Appalaches de la CSN, signale pour sa part que les éducatrices en milieu familial sont très mal protégées actuellement. «Elles ne sont pas couvertes par la CSST, elles n'ont pas de vacances et font souvent 60 heures par semaine. Dans plusieurs cas, ce qu'elles gagnent ne représente même pas le salaire minimum. C'est la même lutte que les éducatrices des centres de la petite enfance ont menée il y a 20 ans», a-t-elle expliqué.

En plus d'améliorer leurs conditions de travail et de faire diminuer le travail au noir, les demandes des éducatrices pourraient contribuer à éviter une pénurie dans l'avenir, selon Karine Morrisseau. «Il y a 10 ans, les filles restaient une dizaine d'années dans le métier, alors qu'aujourd'hui, on parle de quatre ou cinq ans», a-t-elle noté.

Selon Mme Morrisseau, la plupart des propriétaires de garderies en milieu familial sont de jeunes mères et elles sont de plus en plus nombreuses à abandonner le métier quand leurs propres enfants ont atteint l'âge scolaire.