Stade olympique - L'ADQ réclame un grand brassage d'idées

Le chef de l’ADQ, Gérard Deltell n’exclut ni la vente ni la démolition pure et simple du Stade olympique.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le chef de l’ADQ, Gérard Deltell n’exclut ni la vente ni la démolition pure et simple du Stade olympique.

La ministre du Tourisme, Nicole Ménard, a rejeté du revers de la main la demande du chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Gérard Deltell, qui réclamait à cor et à cri, hier matin, la mise sur pied d'une commission parlementaire sur l'avenir du Stade olympique.

Le chef du deuxième groupe d'opposition à l'Assemblée nationale a suggéré au passage la mise en veilleuse du projet de remplacement du toit du Stade olympique, évalué actuellement à 300 millions de dollars. «Il est temps de mettre le pied à terre, de dire non aux 300 millions de dollars qu'on veut dépenser là-dessus; qu'on consulte la population, qu'on voie toutes les idées, toutes les hypothèses, toutes les visions d'avenir qu'on a pour le stade et, qu'après ça, on fasse le choix», a affirmé M. Deltell, à l'occasion d'un point de presse.

Environ 2,4 milliards ont été engloutis au fil des années dans le Stade olympique, a dénoncé Gérard Deltell. «Le Stade n'est pas rentable: 30 années sur 34, le Stade n'a pas fait de profits», a-t-il lancé. Il n'écarte pas la vente du stade à des intérêts privés ou sa démolition — excluant toutefois celle de la Tour de Montréal, dont l'Observatoire est prisé par les touristes. «Tout est sur la table.»

Mais la démolition du Stade, sis dans l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, ne peut être envisagée, selon la RIO. «La démolition [du Stade] n'est pas une option», a fait remarquer la porte-parole de la Régie, Sylvie Bastien, à La Presse canadienne. Son explosion doit être exclue des options en raison de la présence des stations de métro Pie-IX et Viau et des immeubles résidentiels à proximité. Par ailleurs, la pression exercée sur la structure ferait en sorte qu'une partie des 400 000 mètres cubes de béton utilisés pour sa construction «se rendrait jusqu'à Longueuil». En plus de coûter 700 millions de dollars, la démolition du Stade olympique nécessiterait deux ans et demi de travaux, a conclu Sylvie Bastien.

«Tout ce qu'on fait, c'est qu'on gère [à la RIO et au gouvernement] urgence par-dessus urgence. On gère quasiment à la petite semaine, alors que c'est un édifice qui mérite une vision d'avenir», a poursuivi Gérard Deltell.

Délai inutile

La réaction du gouvernement de Jean Charest à la proposition de l'ADQ ne s'est pas fait attendre: «La décision est prise. Nous allons remplacer le toit du Stade», a rétorqué, par médias interposés, la ministre Nicole Ménard au chef adéquiste. Une commission parlementaire sur l'avenir du Stade olympique occasionnerait un délai inutile au lancement de l'appel d'offres que s'apprête à faire la Régie des installations olympiques (RIO), a-t-elle fait valoir.

D'autre part, Mme Ménard, qui n'exclut pas de réaliser ce projet en mode public-privé, a jugé prématurée toute évaluation des coûts du remplacement de la toiture pour le moment. «Il est beaucoup trop tôt pour parler de 300 millions de dollars. Il faut d'abord aller en appel d'offres, et nous verrons ce que les soumissionnaires auront à proposer», a-t-elle affirmé.

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière de tourisme, Pascal Bérubé, a quant à lui qualifié, hier, la suggestion de créer une commission parlementaire de l'ADQ d'«idée intéressante», même s'il a rejeté d'emblée la destruction de la structure. «Tout est sur la table, sauf la démolition. Notre volonté première, c'est de s'assurer que l'argent durement gagné des contribuables puisse être utilisé de la meilleure façon possible. Il faut optimiser l'argent qu'on met là-dedans pour que cette infrastructure-là, collective, soit la plus rentable possible et utile. Il y a beaucoup d'argent en jeu», a souligné le député du Parti québécois.

Évoquant la construction de l'îlot Voyageur, qui a viré au fiasco, M. Bérubé estime que les Québécois ne font plus confiance au gouvernement libéral pour piloter de grands projets. «Il n'y a pas que le toit. Il y a l'ensemble des infrastructures. Le Stade en lui-même, qu'est-ce qu'on va faire avec pour les prochaines années? Combien d'argent on va investir? Quel est le plan?», s'interroge-t-il.

De son côté, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, s'est refusé, hier, à sauter dans la mêlée. Son attaché de presse, Bernard Larin, s'est contenté de rappeler que M. Tremblay s'était réjoui d'apprendre que le conseil d'administration de la RIO avait donné son feu vert, lundi dernier, aux «démarches requises» en vue du lancement d'un nouvel appel d'offres public pour le remplacement de la toiture du Stade olympique.

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Avec La Presse canadienne
9 commentaires
  • Godfax - Inscrit 27 septembre 2010 03 h 17

    Voyons grand

    La solution pour le Stade Olympique passe par l'installation du cirque du soleil au Stade. Je parle ici de le mettre à la disposition du cirque (un genre de PPP) et de le transformer au goût de Guy Laliberté pour y permettre des spectacles du Cirque du Soleil à l'année longue à Montréal. Cette solution permettrait de régler à la fois le problème du Cirque du Soleil à Montréal ET celui du stade. C'est simple, il ne se passe plus rien d'important au niveau sportif dans le Stade Olympique. Les Alouettes refusent d'y élire domicile, l'Impact n'y rêve même pas et les Expos sont partis. Personne n'a jamais voulu y organiser des compétitions d'athlétisme et les espoirs d'avoir une équipe de la NFL à Montréal semblent disparus à jamais. Bref Montréal semble très loin d'être une ville de sports. A tord ou à raison, le Cirque semble frustré de ne pas avoir eu son propre projet d'emplacement financé par nos taxes. Je soutiens que le Stade Olympique, après quelques rénovations -tant extérieures pour le toit, qu'intérieures pour les estrades- serait l'endroit idéal pour le Cirque. Non seulement le stade est-il déjà situé dans un espace touristique indéniable avec le jardin botanique, la tour du stade et le biodôme, mais en plus, toute la symbolique païenne du Stade Olympique semble pré-destinée à y recevoir un cirque, et pas n'importe quel, étant donné son importance dans la ville et dans le monde. Le Stade Olympique possède tout l'espace nécessaire pour n'importe quel spectacle du Cirque et celui-ci pourrait facilement devenir le quartier général du Cirque du Soleil. Que pourrait demander de plus Guy Laliberté pour le Cirque du Soleil qu'une oeuvre architecturale déjà célèbre dans le monde entier ? Mais n'est- il pas évident que le rêve mégalomane de Jean Drapeau se retrouve exprimé artistiquement dans le Cirque du Soleil? N'est-il pas aussi évident que de cette façon les montréalais seraient enfin fiers de leur stade

  • Fabien Nadeau - Abonné 27 septembre 2010 06 h 27

    Boom!

    Pour une fois, une idée de l'ADQ ressemble à ce que je pense! Je pense qu'on devrait les sacrifier, ces 700 millions que coûterait la démolition. Ça ne se fait pas? Voyons donc! Par contre, il est évident que des entrepreneurs s'en mettraient plein les poches. De toute manière, ils le font déjà. J'espère qu'un jour, une émission de journalisme d'enquête mettra au jour les coûts réels de cet éléphant blanc. À terre, le stade! ET évitez de faire la même chose à Québec, avec l'arena Labeaume!

  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 27 septembre 2010 08 h 35

    Les W.-C. du Québec

    Le stade olympique ressemble étrangement à une immense toilette. Qu'on y jette tous les projets grandioses, farfelus, illusoires, coûteux, insensés, décrochés de la réalité que nos citoyens les plus éminents cogitent, ce sera faire justice à notre portefeuille.

  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 27 septembre 2010 09 h 29

    300 millions pour les sans-toits

    Je suis d'accord que 300 millions est une grosse somme, déja qu'on s'apprête à payer des indemnités à GéniEAU ; et on a des besoins criants, notamment en logement social.

    Je fais la proposition suivante un peu à la blague : qu'on redonne l'édifice le plus marginal aux marginalisés. Qu'on y mette un toit et qu'on le transforme en une coop (ah le privé) d'habitation à prix modiques.

    Si cette proposition parait saugrenue, elle l'est moins que de continuer à se dire démocratique dans "notre" monarchie inconstitutionnelle.

    Ce qu'il "est temps de mettre le pied à terre, de dire non", c'est à ce gouvernement qui n'est pas apparu sur mon bulletin de vote ; Charrest a eu un mandat clair, des citoyens de la circonscription de Sherbrooke, c'est être député (législature).

    Question claire : "Ratifiez-vous la monarchie et les constitutions monarchistes de 1867 et 1982?"
    Processus clair : on se signe un registre, un registre signé par 10% initie un référendum
    Majorité claire : 50% plus 1 constituant 30% votant "non" et le démembrement est légitimé.

    "Il est temps de mettre le pied à terre, de dire non [...] ; qu'on consulte la population"

    Guillaume Blouin-Beaudoin

  • Paul Racicot - Inscrit 27 septembre 2010 12 h 06

    @Godfax : Le stade au Cirque du soleil ? Pourquoi pas !

    Et laissons donc à Guy Laliberté le soin de décider s'il veut un toit ou non sur son futur grand chapiteau... Il a d'ailleurs les moyens de s'en payer un, non?

    ;-)

    Et à Guillaume L'altermontréaliste. Si l'on opte pour la construction de HLM (sans démolir la structure et la tour), c'est pas la peine d'ériger un toit : il suffit de drainer les eaux de pluie et celui de la fonte des neiges vers les égouts fluviaux, non?