Commission Bastarache: Jean Charest défend l’intégrité de deux proches collaborateurs

Québec — Le premier ministre Jean Charest a défendu l’intégrité, aujourd’hui, de deux employés de son ministère qui ont des liens avec deux collecteurs de fonds libéraux à l’origine d’allégations de trafic d’influence dans le processus de nomination des juges.

M. Charest a affirmé que le secrétaire général du conseil exécutif, Gérard Bibeau, et Chantal Landry, responsable des nominations gouvernementales, avaient toute sa confiance. En contre-interrogatoire à la commission Bastarache, M. Charest a admis qu’il ignorait la fréquence des visites du collecteur de fonds Charles Rondeau à Mme Landry, notamment dans les mois suivant l’élection de 2003.

M. Charest s’est cependant dit tout à fait à l’aise avec le fait qu’il ait conseillé Mme Landry afin de combler notamment des postes d’administrateurs de sociétés d’État. Quant aux liens de M. Bibeau avec un autre collecteur, Franco Fava, M. Charest les connaissait mais encore là, le premier ministre a défendu l’intégrité de son personnel.

Avant d’obtenir le poste de secrétaire général du conseil exécutif, le plus haut poste de la fonction publique, M. Bibeau a été secrétaire associé dans le même ministère. En 2003, M. Bibeau était alors responsable des emplois supérieurs et il a admis à la commission qu’à ce titre, il a reçu des suggestions de nominations de la part de M. Fava.

Plus tôt, M. Charest a nié que le processus de nomination des juges a été modifié, après son arrivée au pouvoir, pour lui donner accès aux dossiers des candidats aptes à la magistrature.
M. Charest a dit ignorer quelle était la procédure avant avril 2003, mais il a affirmé que sa compréhension des règlements lui permettait d’avoir accès à ces informations.

En contre-interrogatoire, M. Charest a d’autre part soutenu que jamais, depuis son élection, une liste de candidats finalistes pour la Cour du Québec n’a été accessible pour les réunions de son gouvernement.

M. Charest a amorcé aujourd’hui la deuxième partie de son témoignage devant la commission Bastarache sur le processus de nomination des juges, dont le mandat porte sur les allégations de trafic d’influence formulées par l’ancien ministre Marc Bellemare.

En examinant le règlement de nomination, l’avocat de M. Bellemare, Jean-François Bertrand, a tenté de démontrer que le premier ministre s’ingérait dans le processus. En réponse aux questions de M. Bertrand, M. Charest a affirmé que son interprétation de la procédure de nomination lui permet de connaître l’identité des finalistes des concours pour la magistrature. «Ce n’est pas écrit mais ça n’a pas besoin d’être écrit non plus, a-t-il. Ça fait partie des démarches d’un gouvernement.»

M. Bertrand a pour sa part formulé l’avis contraire, soutenant que le règlement ne prévoit pas l’implication du premier ministre dans le processus, à l’exception du moment où le conseil des ministres entérine le choix final du ministre de la Justice. «Le contrôle se fait là, M. Charest, il ne se fait pas dans votre bureau où vous avez la liste des noms», a-t-il dit.
12 commentaires
  • Georges Hubert - Inscrit 24 septembre 2010 15 h 27

    Scusez, mais c'est pas la bonne commision !

    Diversion
    La partie est belle pour J. Charest.... il s’amuse avec maître Bertrand comme... un pitbull avec en petit poussin.
    Il est dans son eau douce M. Charest ... il sait que la commission Bastarache ... sa créature ...ça fonctionne... à son avantage..

    Car .... l'eau salée est ailleurs ! « L'ENJEU », n’est pas la nomination des juges (et il faut être bon observateur pour le voir à travers les témoignages des Fava et Rondeau), c’est la valse des millions de l’industrie de la construction ... des milliards de la Caisse de dépôt ... l’enrichissement des tit’zamis ... la collusion entre le patronat (gouvernement) et les grandes centrales syndicales qui ont des « Fonds de solidarité » à consolider ... et sont tricotés par les intérêts « communs ». La dernière « négociation » avec la fonction publique, qui se traduisent par la baisse des salaires en sont une des preuves. Le renfloument de la Caisse n'est-elle pas l'opération sauvetage des capitaux de la CSN et de la FTQ à même les salaires des travailleurs au bord de la retraite ? Les vrais enjeux, c’est « ÇA »... un gouvernement qui a choisi de chager les politiques de la Caisse de Dépôts et des syndicats .... parties-prenantes des Fonds qui ont été mis en périls par la Caisse. L'IMPORTANT... pouir le gouvernement, c'est de faire diversion face à ce qui est la pire fraude financière de l'histoire des institutions québécoises.... avec la complicité des syndicats, intéressés dans l'affaire !

    La nomination des juges ? de la petite bière ... l’élément qu’on peut « CONTRÔLER », de la DIVERSION" dans une situation de crise ! Charest et les chefs syndicaux rient dans leurs barbes ... même s’ils n’en ont pas .... Pas pour rien qu'ils sont contr etoute commision d'enquête sur le financement des partis politiques et les problèmes de la construction !

  • meme moi ici - Inscrite 24 septembre 2010 15 h 39

    oupsss

    sur cette photo, ce cher charest semble pas mal moins relax que hier...
    de plus sur ce cliché, il ressemble étrangement à l'homme décrit par lui-même quand il parlait de son ex ministre Bellemare ...
    très bonne photo en passant, et j'aurais bien aimé voir la face de basta, qui devient de plus en plus rouge à mesure que la commission avance

  • Jean Desjardins - Inscrit 24 septembre 2010 15 h 56

    Un sacré bon vendeur ...de chars !

    Hier et ce matin, John James Charest a prouvé hors de tout doute raisonnable à la commission Bastarache qu'il est un sacré bon vendeur ...de chars.

    En effet, réussir à ne pas répondre à la question fondamentale du malaise que devrait avoir normalement un premier ministre d'apprendre qu'un des principaux solliciteurs de fonds de sa formation politique (PLQ) vient à raison d'une fois par semaine à son bureau pour discuter avec la personne qui agit comme courroie de transmission (sic) dans les nominations à de hauts postes ...dont celles de juges, chapeau à John James. Ce gars-là est tout un vendeur et, pas à peu près !

    Réussir à soutenir sans sourciller qu’il ne voit aucun conflit d'intérêt à commander une commission d'enquête dont il définit lui-même le mandat et le périmètre d'analyse ainsi que de la nomination du commissaire qui devra juger de ses propres actions, chapeau à John James. Ce gars-là est tout un vendeur et, pas à peu près !

    Sortir sans rougir la cassette à l'effet qu’il est très préoccupé par les relations humaines et qu'il est essentiel pour lui que ses ministres et leurs sous-ministres travaillent main dans la main et en harmonie ...sans qu’il juge sensé de consulter préalablement ses ministres sur le choix des sous-ministres avec lesquels ils devront interagir au quotidien, chapeau à John James. Ce gars-là est tout un vendeur et, pas à peu près !

    En résumé, il n'y a plus aucun doute dans mon esprit sur les habilités de John James Charest à ne pas répondre aux questions qui lui sont posées et à sortir de son chapeau, une à une, les cassettes que lui ont été préparées par ses procureurs et autres spécialistes en tactiques de vente. Malheureusement, au Québec, ce n'est pas d'un bon vendeur de chars dont on a besoin mais bien d'un bon et authentique premier ministre !!!

  • Carole Dionne - Inscrite 24 septembre 2010 17 h 46

    IL A TOUJPURS FAIT CELA



    REMARQUES SUR LE CONTRE-INTERROGATOIRE DE M JAMES (JOHN) CHAREST

    On indique que son armure n’a pas été vraiment touchée. Je tiens à rappeler à ces personnes ainsi qu’à tous ceux qui pourraient penser ainsi :

    1- De dire que M Charest a évité les pièges tendus par Me Bertrand, c’est un peu exagéré. Il a plutôt fait ce qu’il est habitué de faire à l’Assemblée Nationale, soit de ne pas répondre à la question posée. EX : « Ne trouvez-vous pas ça assez spécial ou n’êtes vous pas mal à l’aise qu’un collecteur de fonds travaille avec Mme Landry sur les nominations à venir? » RÉP de M Charest: « J’ai totalement confiance en Mme Landry. » Ce n’était pas cela la question. Et plusieurs fois à plusieurs questions.

    2- Lors d’un contre-interrogatoire, le magistrat, quel qu’il soit, doit ramener à l’ordre celui qui est contre-interrogé, ce qui n’a jamais été fait par Bastarache. Me Bastarache aurait dû demander à M Charest de répondre seulement à la question.


    3- Il a fait dire à M Charest qu’il savait que M Rondeau était un collecteur de fonds. Il lui a fait dire la différence entre une connaissance et un ami. Depuis quand inscrit-on dans son agenda la date d’anniversaire d’une connaissance pour l’appeler le jour de sa fête? Il n’y a que de deux cas : par affaires ou par amitié. Je mets au défi quiconque appelle toutes ses connaissances le jour de leur anniversaire.

    4- Enfin, M Charest a institué une commission d’enquêtes sur la possibilité de pressions indues lors de nominations de juge. Me Bertrand demande à M Charest, ce qu’il entend par « pressions indues ». Là, comme durant tout son témoignage sur les principaux arguments, il patine : un peu en avant, de côté, « donnez-moi un exemple, Me Bertrand ». Si un premier ministre fait une commission d’enquête sur des pressions indues tout en ne sachant pas ce que sont des « pressions indues », ça va

  • meme moi ici - Inscrite 24 septembre 2010 18 h 31

    la confiance de charest

    J’ai totalement confiance en Mme Landry. » Ce n’était pas cela la question. Et plusieurs fois à plusieurs questions. de répondre charest
    tout comme il y a quelques mois, celui ci avait aussi confiance en son ministre tomassi ce qu il répétait sans cesse au parlement... alors....