Jean Charest doit «réfléchir à son avenir»

Québec — Le leader parlementaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, croit que le premier ministre Jean Charest, qu'il juge incapable de protéger les institutions de l'État, n'a pas d'autre choix que de réfléchir à son avenir.

«Il est temps [pour lui] d'aller prendre une grande marche — avant on disait dans la neige, là on arrive à l'automne — dans les feuilles et qu'il réfléchisse à son avenir», a lancé Stéphane Bédard au cours d'un point de presse. Il faisait référence au mot qu'a eu Pierre Trudeau concernant sa démission en 1984. Le leader péquiste s'est toutefois gardé de demander carrément la démission du Jean Charest.

Stéphane Bédard accuse le premier ministre d'avoir menti à l'Assemblée nationale quand il a affirmé en octobre 2003 que ni lui, ni son cabinet n'étaient intervenus auprès du procureur général — Marc Bellemare à l'époque — dans le dossier du mégaprocès des Hell's Angels. Or Denis Roy, un conseiller du bureau du premier ministre, l'a lui-même reconnu à la suite du témoignage de M. Bellemare à la commission Bastarache. Le leader péquiste y voit un affront à l'institution qu'est l'Assemblée nationale.

Stéphane Bédard juge que le premier ministre, ainsi que deux de ses ministres ont manqué de respect à l'institution du Directeur général des élections (DGE). «Aujourd'hui [hier], je l'ai vu banaliser même la démission du Directeur général des élections. Il a même ri», a-t-il souligné.

Jean Charest a également porté atteinte à l'institution que sont les commissions d'enquête en définissant lui-même le mandat de la commission Bastarache et en choisissant son commissaire. «Cette commission, elle est complètement décrédibilisée. Il n'y a plus personne qui la croit», a avancé Stéphane Bédard.

«Toutes nos institutions sont en train d'être tournées en ridicule», a déploré Stéphane Bédard, qui a aussi cité le refus du ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, de se prononcer sur l'affaire du juge Michel Simard, nommé juge en chef adjoint à la Chambre civile de la Cour du Québec après l'intervention de Charles Rondeau, un collecteur de fonds du Parti libéral du Québec.

Les députés peuvent s'exprimer

Avant que ne commence la période de question à l'Assemblée nationale, son président, Yvon Vallières, a rendu un avis visant les propos que peuvent tenir les députés sur les travaux d'une commission d'enquête comme la commission Bastarache. Les parlementaires n'ont pas à s'abstenir de tout commentaire au sujet de la commission Bastarache, contrairement à ce que soutenait mercredi le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier. Pour une affaire devant les tribunaux, la règle sub judice doit s'appliquer de manière absolue parce que le préjudice à un tiers est présumé. Dans le cas d'une commission d'enquête, un député ne peut faire de déclarations qui pourraient porter préjudice à qui que ce soit, mais c'est au député d'évaluer sa marge de manoeuvre, a statué Yvon Vallières.

Le leader adjoint de l'opposition officielle, Bertrand St-Arnaud, ne s'est donc pas privé de faire référence à la commission Bastarache. S'inspirant du témoignage de Charles Rondeau, M. St-Arnaud a accusé des donateurs libéraux de s'être acheté des postes au sein de l'appareil gouvernemental. À l'arrivée des libéraux au pouvoir, le Conseil des ministres a nommé 15 anciens députés ou candidats défaits du Parti libéral, 24 anciens attachés politiques libéraux et 40 personnes proches du parti, a compilé le leader adjoint. «Ces 69 personnes ont contribué au fil des ans pour plus de 400 000 $ à la caisse électorale du Parti libéral», a affirmé Bertrand St-Arnaud.
9 commentaires
  • Etienne Merven - Inscrit 24 septembre 2010 07 h 14

    Il n'est pas le seul...

    D'autres devraient aussi réfléchir à leur avenir et laisser la place à plus compétents!

  • Geoffroi - Inscrit 24 septembre 2010 14 h 55

    En est-il capable ?

    « Apprendre sans réfléchir est vain. Réfléchir sans apprendre est dangereux. »

    Confucius

  • meme moi ici - Inscrite 24 septembre 2010 15 h 34

    en effet m merven

    il pourrait prendre une longue marche avec beaucoup de ses ministres tels les normandeau,beauchamp, bachand, bolduc, boulet, corbeil pour n'en nommer que quelques uns, et aussi quelques députés marionnette, dont on pourrait se passer...

  • Geoffroi - Inscrit 24 septembre 2010 17 h 01

    Je vous en supplie Mme Landry

    Je suggère à M. Charest d'envoyer son CV à Mme Chantal Landry. Elle va sûrement lui trouver quelque sinécure bien payé par les contribuables. On pourra enfin passer enfin à autre chose.

  • Jean Rousseau - Inscrit 24 septembre 2010 17 h 25

    LA SIXIÈME ÉTOILE


    Si je possédais l'énergie, je mettrais sur pied un bureau de recrutement du personnel car j'ai conscience de son utilité et de certains pièges à éviter. L'un de ceux-ci consiste à ne jurer que de l'intelligence et ne guère considérer un facteur plus fondamental, telle que la maturité ou la conscience. Je me souviens d'une ancienne annonce de Chrysler, où on apercevait le directeur du personnel et de la production, (je crois), nous parler passionnément des autos de la marque. Sans avoir suivi de cours pour décoder les expressions, les gens sont à même de déceler intuitivement l'authenticité d'une personne. Dans son cas, elle resplendissait avec autant d'éclat que celle du médecin afghan Abdullah Abdullah qui s'était présenté à la présidence. C'est comme une grâce qui habite la personne et la fait dépasser l'égoïste primaire, pour un autre d'un type supérieur, qui laissera grande place à autrui dans l'échange. Habituellement, la plupart se rangeront du côté des plus forts et/ou des valeurs dominantes. Mais on a pourtant vu un PM canadien poursuivre avec acharnement l'idéal de faire une place intéressante aux québécois à l'intérieur de ce pays. Tandis que les autres que j'ai pu observer semblent, (consciemment ou pas), vouloir nous livrer, poings et pieds liés sur un plateau, au reste. Mais, « à l'anglaise », (tranquillement, pour ne pas que ça paraisse), comme disait un illustre patriote.

    J'ai cru un moment que Jean Charest pouvait se comporter comme son ancien mentor et relancer le travail d'unification différenciée. Après tout, il en a l'intelligence, mais il semble s'être aligné sur le niveau d'excellence propre au fonctionnariat; (s'assurer de la conservation du système). Tandis que la bonne étoile se devrait d’être la capacité de pouvoir sortir de la base.

    Jean Rousseau, B. Ps
    chercheur pour L’Académie des sapiens
    courriel : jeanrousseau1956@live.ca