Briseurs de grève: unanimité à Québec pour moderniser le Code du travail

Québec — L'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité une motion pour que le gouvernement étudie la possibilité de modifier le Code du travail afin d'empêcher des entreprises comme Quebecor d'engager des briseurs de grève qui travaillent à distance lors d'une grève ou d'un lock out.

Présentée par Amir Khadir, député de Mercier élu sous la bannière de Québec solidaire, la motion se lit comme suit: «Dans la perspective d'avoir un Code du travail qui reflète les nouvelles réalités du monde du travail, que l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec d'étudier la possibilité de moderniser le Code du travail, particulièrement en ce qui concerne les dispositions antibriseurs de grève afin notamment de tenir compte de l'impact des nouvelles technologies.»

Adoptées en 1977, les dispositions antibriseurs de grève interdisent à une entreprise en grève ou en lock-out de recruter des travailleurs de remplacement dans ses établissements. C'est cette notion d'établissement qui est remise en cause, en raison des changements technologiques et l'émergence du télé-travail.

Pour obtenir l'appui de tous les partis à l'Assemblée nationale et des députés indépendants de droite, Amir Khadir a dû élargir la portée de sa motion. Plutôt que de seulement traiter des briseurs de grève qui travaillent à distance, la motion évoque la modernisation de l'ensemble du Code du travail. Le député indépendant Éric Caire, qui prône l'abolition de la formule Rand, y trouve son compte.

La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, ne veut pas qu'«on tombe dans une logique de give and take» avec le patronat, souhaitant que le gouvernement se limite à ne corriger dans le Code du travail que l'omission des travailleurs à distance. En dépit de cette réserve, elle s'est dite «heureuse» de l'adoption de la motion.

En revanche, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) s'est élevé, hier, contre cette modernisation des dispositions antibriseurs de grève, réclamant plutôt leur abolition pure et simple.