Télévision - Le téléthon du FLQ...

Deux émissions spéciales racontent les événements tragiques survenus il y a 40 ans, mais aussi la lutte menée pour le contrôle de l'information et les balbutiements d'une société du spectacle macabre.

Après avoir semé des bombes meurtrières, avant d'enlever un diplomate britannique et d'assassiner le vice-premier ministre du Québec, des leaders du Front de libération du Québec (FLQ) ont concocté une ambitieuse action de propagande baptisée Showtime, à l'anglaise.

Le projet financé par des vols de banque prévoyait le tournage d'un documentaire sur l'exploitation des ouvriers francophones au Québec par le jeune documentariste Pierre Harel, frère de la femme politique Louise Harel et futur rockeur du groupe

Offenbach. Une cellule devait ensuite kidnapper le lieutenant-gouverneur, prendre d'assaut la télévision de Radio-Canada et forcer la présentation du manifeste cinématographique en échange de la libération du représentant de Sa Majesté.

«On voulait prendre du matériel pour diffuser pendant 24 heures de temps, créer un immense téléthon», explique l'ex-felquiste Jacques Lanctôt, qui confie cette histoire pour la première fois, dans l'exceptionnelle émission spéciale de Tout le monde en parlait dont le premier volet est diffusé ce soir. La seconde partie suivra demain.

La proposition documentaire se divise en deux: d'abord L'Engrenage, puis Le Dénouement. L'ensemble permet de comprendre «une des pages les plus sombres de l'histoire du Canada», comme le dit le journaliste-animateur Guy Gendron en introduction.

Le travail exceptionnel (les journalistes des médias en ont vu les trois quarts hier) multiplie les révélations et les scoops historiques, par exemple autour de la chaîne des événements ayant mené à l'imposition de la Loi sur les mesures de guerre. Beaucoup des acteurs du drame y sont, dont Marc Lalonde, conseiller de Pierre Elliott Trudeau à l'époque, et Julien Giguère, qui dirigeait la section antiterroriste de Montréal.

En même temps, en montrant comment «tout le monde en parlait», le travail d'enquête met en évidence le rôle central joué par les médias dans ce drame. Les felquistes cherchaient les micros et les caméras pour relayer leur cause. Ils ont d'ailleurs exigé et obtenu la diffusion de leur fameux manifeste. Son lecteur à l'écran, Gaétan Montreuil, explique dans le documentaire qu'il a été touché par ces mots, lui-même venant du quartier pauvre de Saint-Henri.

La fine autopsie s'attarde à la couverture des événements comme au rapport de force entourant les médias. Il est question des sympathies felquistes présumées de certains reporters, mais aussi de la censure. On voit le jeune Bernard Derome avec Claude-Jean Devirieux diffuser pour la première fois en direct des studios radio-canadiens. C'est RDI en gestation, le début de l'information en continu...

Ce documentaire de chevet, franchement admirable, inaugure une alléchante série d'émissions spéciales de la société d'État pour ainsi faire oeuvre de mémoire. Bernard Derome présentera son propre travail de synthèse avec des acteurs-clés (dont Paul Rose, condamné pour son rôle dans l'assassinat de Pierre Laporte) le vendredi 1er octobre. Les lundi 4 et mardi 5 octobre, la Première Chaîne de la radio explorera cette période enténébrée de manière très originale en faisant témoigner les enfants de certains protagonistes.


13 commentaires
  • Marie-France Legault - Inscrit 23 septembre 2010 07 h 51

    Publicité felquiste....

    le F.L.Q. n'est pas mort...il existe toujours...mais en veilleuse...
    il attend, tel un charognard, pour saisir les proies et les amener
    progressivement dans la "cage à homards"...

    Il travaille en sourdine, en hypocrite...il a un but bien précis: travailler pour la Sécession (séparation) du Québec...

    En lisant le livre: La crise d'octobre de G.Pelletier,
    vous verrez qu'ils ne sont pas tous des "enfants de choeur" et
    qu'ils ont un plan bien précis qu'ils ne lésinent pas sur
    les moyens...ils en ont rien à foutre de l'honnêteté, de l'intégrité...

    Ils auraient dû les laisser à CUBA pour toujours...

  • gparadis - Inscrit 23 septembre 2010 09 h 35

    Le FLQ nous a voler notre indépendance.

    Le FLQ nous a volé, plus ou moins, notre légitimité à devenir indépendant, à cause des moyens extrêmes qu'ils ont utilisés pour leurs causes. Depuis ce temps l'indépendance du Québec à été associé à l'extrême gauche et a fait peur à plus d'un québécois.

  • naif - Inscrit 23 septembre 2010 13 h 10

    Les enfants de choeur!

    Pendant ce temps les mots coulent à la Commision Bastarache.

    Certains témoins devraient rester en Floride plus de 6 mois par année.

    L'époque Duplessis, c'est de la petite bière à côté de celà.

    Duplessis défendait "peut-être mal" l'identité politique du Québec que Jonh James, fils de "Red" Charest s'acharne à effacer (pour vérification voir le site Wikipedia) anglophone du-dit John James "Jean" Charest

  • Céline A. Massicotte - Inscrite 23 septembre 2010 13 h 30

    Le FLQ nous a volé notre indépendance?

    Ben voyons donc! Il n'a pas pu nous voler quelque chose que nous n'avions pas! À ce moment-là, l'appui à l'idée d'indépendance était très minoritaire, et ces événements n'ont même pas empêché l'élection du P. Q., un parti souverainiste, deux mandats plus tard.

    Les Québécois ne sont pas aveugles, et ma foi, mis à part quelques malhonnêtes, nous savons très bien que ce groupuscule terroriste, à l'heure où ceux-ci s'avéraient très nombreux sur la planète, ne représentait en rien le mouvement indépendantiste ou la population.

    Aucun mouvement de cette sorte n'a jamais freiner l'accession d'un peuple à l'indépendance. Nous ne sommes pas différents. Mais c'est sûr que c'est plus facile d'utiliser des sornettes, autrement appeler épouvantails à moineaux, que de se pencher sur notre histoire et de l'utiliser pour bâtir l'avenir...

  • meme moi ici - Inscrite 23 septembre 2010 14 h 31

    qui a volé quoi??????? quelle indépendance?...

    en auriez vous manqué des bouts??....Des informations confirmées par l'ex-dirigeant du service du renseignement à l'escouade antiterroriste, Julien Giguère. Ce dernier soutient avoir rayé lui-même les noms des militants felquistes de la liste des arrestations à effectuer. Pourquoi? Parce que la majorité des membres du FLQ étaient à l'époque sous filature, ce qui permettait aux agents du renseignement d'en apprendre davantage sur eux.

    Selon le lieutenant Giguère, ses services avaient même établi l'identité des ravisseurs de James Cross et de Pierre Laporte dès le tout début de la crise.

    À peine 24 heures après l'enlèvement du ministre Pierre Laporte, l'escouade antiterroriste connaissait déjà l'identité des ravisseurs.


    Je ne sais pas si tout le monde réalise l'ampleur de ces déclarations.

    Ils connaissaient les Felquistes et auraient pu les arrêter. Au lieu de le faire et en finir avec les actes terroristes, ils ont décidé (Bourassa, Trudeau et leurs valeureux conseillers) que la meilleure chose serait de terroriser le Québec.

    Le but: associer indépendentistes et terroristes. Comme quoi les souverainistes seraient des personnes violentes et tout et tout. en plus, cela a marché plusieurs québécois faire cette association si chère aux dépendantistes comme dirait m, tremblay:))) ce terme va nous rester...

    Je crois que cette nouvelle est d'une grande importance : voici la preuve concrète de toute la manipulation de l'opinion publique québécoise, de la part des libéraux, tout comme présentement charest essai de faire avec la commission bas ta rache