Le commissaire Bastarache est excédé par les questions du camp Bellemare

Québec — L’avocat qui représente Marc Bellemare a excédé le commissaire Michel Bastarache, aujourd'hui, en contre-interrogeant le collecteur de fonds libéral Charles Rondeau. Jean-François Bertrand a été rappelé à l’ordre à plusieurs reprises par M. Bastarache, qui jugeait ses questions non pertinentes au mandat de la commission.

En ajournant l’audience pour la pause de midi, M. Bastarache a lui-même prévenu M. Bertrand qu’il ne pourrait continuer à poser des questions à M. Rondeau s’il s’entête ainsi à l’interroger notamment sur les pratiques de financement du PLQ et la mécanique des nominations gouvernementales.

En avant-midi, le contre-interrogatoire mené par M. Bertrand a aussi contrarié les avocats représentant le gouvernement, le premier ministre Jean Charest ainsi que le Parti libéral du Québec, qui ont fréquemment soulevé des objections.

En réponse à M. Bertrand, M. Rondeau a eu l’occasion d’exposer qu’il joue parfois l’équivalent du rôle d’un «député», a-t-il dit, en relayant des curriculum vitae de personnes intéressées par des nominations gouvernementales ou encore les plaintes de soumissionnaires mécontents des résultats d’appels d’offres publics. M. Rondeau, un comptable agréé qui milite depuis 35 ans au PLQ, a aussi expliqué qu’avec son ami collecteur de fonds Franco Fava, ils avaient décidé de ne pas participer à la campagne de financement de la course à la mairie de M. Bellemare, en 2005, après son départ du gouvernement.

M. Rondeau a affirmé qu’il connaissait d’autres aspirants maires dans la course cette année-là et qu’il ne voulait pas envoyer le message, en travaillant pour M. Bellemare, que l’ancien ministre de la Justice était le candidat du PLQ.

La commission examine les allégations de trafic d’influence de M. Bellemare quant au processus de nomination des juges.

Mardi, M. Rondeau a admis qu’il avait suggéré à M. Bellemare d’offrir une promotion à un juge, Michel Simard, qui a déjà agi à titre d’avocat conseil lors des campagnes électorales du PLQ.
M. Simard a été ensuite promu juge en chef adjoint à la Cour du Québec par M. Bellemare, qui a quitté ses fonctions de ministre en 2004, après un an au gouvernement.
19 commentaires
  • Erick Gagnon - Inscrit 22 septembre 2010 14 h 31

    Bozo Bastarache

    Je n'étais pas un fervent de la politique d'avance, d'accord. Mais depuis le début de cette commission, je peux vous affirmer que je déteste maintenant cela. De tout mon coeur. Le peu de respect que j'avais envers les politiciens a sacré le camp en même temps que le bon sens dans cette saga aussi stupide qu'inutile.

    Voir mes sous si durement gagné être gaspillés de la sorte m'horripile au plus haut point, et je suis poli. Surtout lorsque des témoignages se contredisent, témoignages émis par des "éminences grises" sous serment. Le seul point positif de la chose, c'est que maintenant je peux mettre un visage sur les raisons du cynisme de la population envers la politique.

  • Michel Simard - Inscrit 22 septembre 2010 14 h 41

    Tiens tiens

    Deux poids deux mesures ?

  • Sanzalure - Inscrit 22 septembre 2010 14 h 43

    Deux poids, deux mesures

    Quand il s'agit de cuisiner le côté de Monsieur Bellemare, toutes les questions sont permises et bienvenues. Mais quand il s'agit de cuisiner le côté de Monsieur Charest, seules les questions sans danger sont acceptées. Il y a apparence d'injustice !

    Serge Grenier

  • François Dugal - Inscrit 22 septembre 2010 15 h 02

    Et de l'autre côté

    Une majorité de québécois est excédée par les questions du clan Charest.

  • Jean Rousseau - Inscrit 22 septembre 2010 15 h 09

    UNE ÉVIDENCE INVISIBLE


    Les amis ou connaissances de Fava ont obtenu, entre autre, des contrats de 800 millions de dollars d'Hydro-Québec. Ceux qui ne comprennent pas encore, ne saisiront jamais que le tout n'opère que par copinage ou partisannerie, au dépend de l'excellence. Si des gens avisés ont promu la loi anti monopole, c'est pour la même raison qu'il faut s'assurer de l'objectivité dans la sélection du personnel. Ces deux manières de fonctionner, (quoiqu'en disent certains), tueront la créativité et l'ambition de ceux qui seraient en mesure d'améliorer les choses. Parce que les p’tits amis poussés là sans trop se préoccuper de leurs compétences, risquent d’être seulement moyens, mais en plus, ils pourraient tout faire pour nuire à ceux qui possèdent le feu sacré. Mettez-moi en présence d’un sous ministre du travail qui a du cœur au ventre et je pourrais rénover de fond en comble ce secteur névralgique.

    JEAN ROUSSEAU, B. Ps
    L'ACADÉMIE DES SAPIENS
    courriel: jeanrousseau1956@live.ca