L'intégrité du gouvernement attaquée dès la rentrée

L’enjeu principal de la nouvelle session sera la reprise économique, a déclaré hier Jean Charest.<br />
Photo: Agence Reuters Jacques Boissinot L’enjeu principal de la nouvelle session sera la reprise économique, a déclaré hier Jean Charest.

Québec — La nouvelle session parlementaire a débuté hier comme la dernière s'était terminée en juin: par des remises en cause de l'intégrité du gouvernement.

Bien peu de choses ont donc changé à l'Assemblée nationale, malgré un intermède de trois mois et des promesses, faites des deux côtés de la Chambre, d'assainir le climat.

Les partis d'opposition, Parti québécois, Action démocratique et Québec solidaire, sont revenus à la charge une énième fois pour réclamer, notamment, la tenue d'une vaste commission d'enquête sur l'industrie de la construction et l'influence des partis politiques sur l'administration publique.

À cette requête, toujours restée sans réponse, l'opposition officielle a formulé deux autres demandes: la tenue d'une commission parlementaire chargée de déterminer si le premier ministre Jean Charest a menti en Chambre en octobre 2003, puis une autre commission parlementaire portant sur le possible démantèlement des installations de la raffinerie Shell, de Montréal, qui a annoncé sa fermeture.

D'entrée de jeu, la chef péquiste, Pauline Marois, a donné le ton durant la période de questions en estimant que, sur le plan éthique au Québec, la situation s'était dégradée depuis le mois de juin. Elle a dit que les Québécois avaient besoin de retrouver leur confiance dans leurs institutions.

«Deux ministres ont démissionné sur des questions d'éthique», a-t-elle rappelé pour appuyer son point de vue, en faisant référence à David Whissel et Tony Tomassi.

Priorité à l'économie

Le premier ministre Charest n'a pas attendu pour répliquer, comme il l'a fait à maintes reprises durant la session précédente, que les prétentions de sa rivale n'étaient qu'un tissu d'allégations et d'insinuations.

Plus tôt, en point de presse, il avait dit que l'enjeu principal de la nouvelle session ne serait pas l'intégrité du gouvernement, mais plutôt la reprise économique.

«C'est toujours l'économie qui domine les autres enjeux. Quand l'économie roule, on peut se payer un système de santé et un système d'éducation», a-t-il commenté, en se disant préoccupé par la situation économique aux États-Unis.

Pendant ce temps, le leader parlementaire de l'opposition officielle, Stéphane Bédard, a profité de la reprise des travaux parlementaires pour réclamer qu'on fasse toute la lumière sur une déclaration de M. Charest datant d'octobre 2003, qui a eu un écho à la commission Bastarache ces dernières semaines.

En octobre 2003, en Chambre, le premier ministre avait déclaré que ni lui ni personne de son cabinet n'étaient intervenus dans le mégaprocès des Hells Angels.

Or, durant son témoignage devant la commission Bastarache, Marc Bellemare a affirmé qu'un conseiller de M. Charest, Denis Roy, qui travaillait au cabinet du premier ministre, était intervenu auprès de lui (alors qu'il était ministre de la Justice et procureur général) relativement à ce procès, ce qu'a confirmé le lendemain M. Roy.

«Denis Roy a dit exactement le contraire» de ce qu'avait affirmé le premier ministre en 2003, selon M. Bédard, qui veut faire témoigner M. Charest.

Mais il s'agissait là d'un «conseil» et non d'une «pression» politique, a nuancé le nouveau leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier.

Ce dernier, qui encore la veille s'engageait à mener les débats dans le respect de tous, est passé à un cheveu de traiter M. Bédard de menteur, en lui disant qu'il «manipulait la vérité».

L'opposition péquiste déposera une motion en Chambre aujourd'hui pour revendiquer la tenue d'une commission chargée de faire la lumière sur cette histoire.


3 commentaires
  • Kaomax - Inscrit 22 septembre 2010 23 h 06

    La Question est de savoir ce qui pouvait bien intéresser Jean John Charest ... dans le procès des Hells

    Était-ce qu'un des accusés puisse avoir un traitement particulier, en étant l'ami d'un ami, d'un ami ???

    La politique et la justice n'ont rien à voir ensemble, selon l'organigramme de notre gestion sociale.

    Y a pas à dire, Jean John Charest est à la "une" dans toutes les sphères ... des médias.

  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 23 septembre 2010 08 h 58

    Intégrité c'est quoi?

    Une facture annuelle de $75,000 pour services rendus au Parti Libéral du Québec et le tour est joué.

  • Marie-France Legault - Inscrit 10 octobre 2010 11 h 31

    L'intègrité...

    menacée...selon les péquistes...FAUX.
    Ce sont les adeptes du P.L.Q. qui ont payé la facture...
    et non pas TOUS les québécois...
    Tandis que la Commission Bastarache TOUS les québécois
    payent pour ce Cirque inutile et grotesque...