Rentrée parlementaire à Québec - Le projet de loi 103 est «équilibré»

Tout comme son chef Jean Charest, le leader parlementaire Jean-Marc Fournier a plaidé pour un changement de ton à l’Assemblée nationale. «La passion, oui, mais le respect aussi», a-t-il dit.<br />
Photo: François Pesant - Le Devoir Tout comme son chef Jean Charest, le leader parlementaire Jean-Marc Fournier a plaidé pour un changement de ton à l’Assemblée nationale. «La passion, oui, mais le respect aussi», a-t-il dit.

Québec — Le nouveau leader parlementaire du gouvernement Charest, Jean-Marc Fournier, estime que le projet 103 sur les écoles passerelles est «équilibré» et qu'il pourra être adopté tel quel d'ici le 22 octobre, date à laquelle la loi 104, qu'il remplace, devient nulle tel que l'ordonne la Cour suprême.

«C'est certainement une position d'équilibre par rapport à deux extrêmes qu'on entend entre autres en commission», a fait valoir, hier, Jean-Marc Fournier au cours d'un point de presse portant sur la session parlementaire qui s'ouvre aujourd'hui.

Le leader parlementaire faisait référence à la position du Parti québécois ainsi qu'à celle de nombreux groupes qui se sont présentés à la commission parlementaire pour réclamer l'application de la loi 101 aux écoles privées non subventionnées quitte à recourir à la clause dérogatoire. L'autre extrême évoqué par M. Fournier, c'est la position exprimée par divers représentants de la communauté anglophone qui souhaitent un assouplissement des dispositions sur la langue d'enseignement de la Charte de la langue française ou encore leur abolition, c'est-à-dire le retour au libre-choix.

«Louis Bernard a parlé de position radicale [celle du PQ]. Toute position radicale qui vise à porter atteinte aux droits et libertés des Québécois ne colle pas aux valeurs des Québécois», a soutenu M. Fournier. Quant à la proposition de Louis Bernard, qui a suggéré au gouvernement d'abandonner l'application d'une grille d'analyse complexe pour déterminer quels élèves, après un «parcours authentique» onéreux dans une école privée non subventionnée, acquerraient le droit de fréquenter l'école publique anglaise, Jean-Marc Fournier juge que cette solution soulève des questions qui demeurent encore sans réponses.

Les travaux relatifs au projet de loi 103, qui n'en est qu'à l'étape de la consultation publique, «sont déjà intensifs», selon M. Fournier, et ils vont continuer jusqu'à l'échéance du 22 octobre. Il est encore trop tôt pour dire si le gouvernement usera du bâillon pour le faire adopter à temps.

Pour le leader parlementaire de l'opposition officielle, Stéphane Bédard, le gouvernement «n'a pas la légitimité pour imposer un bâillon» sur une question qui touche la langue quand «il y a 100 %, pas 95 %, des gens venus à la commission qui ont dit que le gouvernement n'avait pas la bonne solution».

Changement de ton?

Tout comme son chef Jean Charest, Jean-Marc Fournier a plaidé pour un changement de ton à l'Assemblée nationale. «La passion, oui, mais le respect aussi», a-t-il dit. Le gouvernement ne va fournir de vraies réponses qu'à de vraies questions. «On ne peut pas attendre une réponse à une suite d'insinuations, à une fabrication d'allégations ou à un procès d'intention», a-t-il affirmé.

Stéphane Bédard a rappelé que se déroulait justement une commission d'enquête sur des allégations, la commission Bastarache. «On s'aperçoit que les allégations sont en grande partie fondées.»

Ce n'est pas le ton qui doit changer avant tout, mais l'attitude du gouvernement, selon Stéphane Bédard. Il cite l'exemple du gaz de schiste où le gouvernement Charest a adopté «une attitude très affairiste pour avantager des intérêts particuliers».

«Je m'inquiète de leur attitude. Je ne sens pas de leur part une volonté d'être au diapason de la population», a-t-il poursuivi. «On est en face d'un gouvernement qui ne s'en va nulle part. Il n'y a rien qui l'anime. On est vraiment dans le décompte; son temps achève.»
10 commentaires
  • Andre Belanger - Abonné 21 septembre 2010 07 h 00

    don de soi

    Notre bon gouvernement. Il est conséquent dans toutes ses actions, il donne nos richesses naturelles, maintenant il donne notre culture et notre langue en pâture. Ce petit Saint-Jean-Baptiste nous impose la peau de mouton que nous avons jeté il y a bien longtemps.
    Tout est à vendre pas cher mon frère!
    Comme dans l’encan de Félix Leclerc.

  • Bernard Gervais - Inscrit 21 septembre 2010 07 h 52

    Équilibré, dites-vous ?

    Équilibré, le projet de loi 103 ? Faites-moi rire ! Celui-ci ne fait l'affaire d'à peu près personne. Je suis même convaincu que des membres de l'équipe ministérielle de Jean Charest s'y opposent, même s'ils ne le diront pas.

    Cependant, les libéraux l'adopteront probablement quand même, compte tenu du délai accordé par la Cour suprême (dans un jugement rendu fin octobre 2009, celle-ci avait donné un an au Gouvernement du Québec pour modifier la Loi 104).

    Et puis, de toute manière, les libéraux savent très bien qu'ils seront défaits aux prochaines élections et que, par conséquent, c'est le PQ qui se retrouvera tôt ou tard avec cette « patate chaude » !

  • Claude Archambault - Inscrit 21 septembre 2010 09 h 07

    Équilibré!

    On ne peu jamais plaire à tous, et ce n'est pas parce que l'on plait à la majorité que cela est bon. Je crois fermement à l'équilibre et à la suprématie des droits et libertés individuels. Ceci dit si un projet de loi, surtout dans le cas de sujet très émotionnel donc irrationnel, ne satisfait pas entièrement l'un ou l'autre des partis, c'est qu'il est équilibré il en donne un peu mais pas tout à tous et chacun.

    @ M Gervais, est ce une mauvaise chose de laisser au PQ ce genre de patate chaude, après tout n'est-ce pas leur genre de bataille? Ne sont ils pas ceux qui demande les mesures les plus extrémiste? Laissons leur ce choix et regardons comment ils agiront EUX!

  • Bernard Gervais - Inscrit 21 septembre 2010 10 h 15

    @ M. Archambault

    Merci à vous d'avoir lu mon commentaire !

  • Sylvain Auclair - Abonné 21 septembre 2010 11 h 24

    Droits collectifs...

    Et si on parle du droit de la minorité anglophone au Québec (ou plutôt, selon moi, de la partie québécoise de la majorité anglophone au Canada) d'intégrer des immigrants, voire des francophones, on parle AUSSI d'un droit collectif, non? La langue est toujours quelque chose de collectif.