Gaz de schiste - Le gouvernement ira de l'avant

Selon Jean Charest, le rapport du BAPE permettra d’assurer un développement à la fois prudent et correct et qui respecte les principes du développement durable.<br />
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Selon Jean Charest, le rapport du BAPE permettra d’assurer un développement à la fois prudent et correct et qui respecte les principes du développement durable.

Québec — Le premier ministre Jean Charest a confirmé, hier, que son gouvernement a déjà décidé d'aller de l'avant avec l'exploitation du gaz de schiste, avant même que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) n'amorce ses travaux sur le sujet.

«Est-ce que le Québec va mettre en valeur son potentiel de gaz naturel? La réponse, c'est oui. Est-ce que ça va se faire au détriment de l'environnement? Bien, la réponse, c'est non», a déclaré Jean Charest au cours d'un point de presse tenu à l'issue du caucus présessionnel des députés libéraux.

L'exploitation du gaz de schiste aura certes un impact sur l'environnement, comme toute activité humaine, a relativisé le premier ministre. «L'enjeu, c'est de savoir comment nous pouvons minimiser l'impact que nous avons sur l'environnement. C'est ça, la vraie question», a-t-il dit.

Aucunement démonté


Jean Charest n'est aucunement démonté par la prise de position que d'anciens commissaires du BAPE ont rendue publique dans les pages du Devoir hier. Selon ce collectif de 11 spécialistes, le mandat restreint que le gouvernement a confié à l'organisme pour examiner l'exploitation du gaz de schiste «impose des contraintes telles que le BAPE ne dispose ni du temps ni des ressources nécessaires pour susciter le débat public rigoureux et crédible requis afin de répondre aux questions et aux craintes exprimées concernant le développement de cette filière gazière en territoire québécois».

«On ne réinvente pas la roue. Il y a du gaz de schiste ailleurs, puis il y a des expériences ailleurs dont nous allons nous inspirer», a fait valoir M. Charest. Il a par ailleurs reconnu que «dans le cas du gaz de schiste, c'est relativement nouveau partout dans le monde».

L'exploitation de cette filière ne se fera pas n'importe comment, a assuré le premier ministre, qui promet un développement «à la fois prudent et correct et qui respecte les principes du développement durable». C'est ce à quoi le rapport du BAPE servira, a-t-il fait valoir.

Pour Jean Charest, tout l'aspect économique de l'exploitation de la filière, que le BAPE n'abordera pas en raison des limites de son mandat, notamment la question des redevances, relève de la ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau. La ministre doit déposer cet automne un projet de loi sur l'exploitation des ressources gazières et pétrolières. Le BAPE, dont les travaux commencent le 4 octobre prochain, ne déposera son rapport que quatre mois plus tard, le 4 février, une fois que le gouvernement aura fait son nid.

Le BAPE «semble satisfait»


Le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, a fait valoir hier qu'en dépit de l'opinion des anciens commissaires, «les gens qui dirigent actuellement le BAPE semblent satisfaits de leur mandat». C'est un «mandat d'enquête et d'audiences publiques» ce qui s'oppose au «mandat générique» que réclament les anciens commissaires du BAPE. Le ministre a cité l'exemple du mandat, limité à quatre mois et demi, que le gouvernement a donné au BAPE en 2004 relativement aux secousses sismiques dans le golfe du Saint-Laurent.

Dans leur examen de la filière du gaz de schiste, les commissaires du BAPE «ont toutes les ressources» nécessaires, a avancé Pierre Arcand. Ils pourront se rendre à l'étranger et interroger de «nombreux experts scientifiques du monde entier».

Pour l'opposition officielle, qui a déjà réclamé un moratoire sur l'exploration liée au gaz de schiste, le gouvernement Charest doit modifier le mandat du BAPE. «Maintenir le mandat limité du BAPE, c'est condamner le Québec à un développement anarchique de cette filière sans connaître tous les impacts», écrit la députée de Vachon et porte-parole péquiste en matière d'environnement, Martine Ouellet, qui a déploré «l'amateurisme» de la ministre Normandeau.
49 commentaires
  • Lepelletier - Inscrit 18 septembre 2010 02 h 25

    Le Monarque

    Charest se croirait il Le Monarque du Québec?Il serait temps que le Québec poursuive en justice ce fourbe représentant....

  • Mario Jodoin - Inscrit 18 septembre 2010 03 h 31

    Développement durable ?

    «L'exploitation de cette filière ne se fera pas n'importe comment, a assuré le premier ministre, qui promet un développement «à la fois prudent et correct et qui respecte les principes du développement durable». »

    Par définition, le fait d'exploiter des ressources non renouvelables ne peut pas être durable. Quand on les retire du sol, elles n'y sont plus.

    Cela montre les effets de l'utilisation galvaudée de l'expression «développement durable». Cette expression ne veut simplement plus rien dire du tout...

  • Assez merci - Inscrit 18 septembre 2010 05 h 52

    Une vraie farce ce charest!


    Nous allons encadrer l'exploitation...

    Vous aviez encadré l'ÉTHIQUE m. charest et ca n'a pas empêché un ministre de recevoir un contrat d'asphaltage sans soumission!

    Un moratoire et un BAPE élargi, ca presse en démocratie.

  • André Chevalier - Abonné 18 septembre 2010 06 h 38

    Le BAPE: lubrifiant pour arnaquer la population sans douleur

    Mandat de la commission du BAPE, tel que défini par le gouvernement Charest : Rassurer la population en lui démontrant que l'exploitation des gaz de schiste est sans danger pour l'environnement et la santé.

    Comme le décrit si bien Gil Courtemanche sur un autre sujet dans son billet de ce matin, «Cela s'appelle «commander une conclusion». Les rédacteurs de ces rapports travaillent à l'envers: ils écrivent la conclusion puis cherchent les moyens de la justifier.»

  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 18 septembre 2010 06 h 54

    gaz de schisme ; Charrest agit en monarque, débarassons-nous de la monarchie

    Go north old men, go north!
    En s'entêtant à vouloir permettre aux tinamisduparti de nous forer et n'apporter que du négatif plutot qu'à mobiliser le Québec à capter le méthane du pergélisol et changer un désastre potentiel en économie durable, Patapouf Dernier démontre bien des choses.

    La santé de son troupeau n'est pas sa priorité ; si on signe un contrat avec quelqu'un et qu'on nous fait des fausses promesses, on peut poursuivre pour fausse représentation.

    L'amélioration de nos structures participatives, tel le BAPE, n'est clairement pas son sujet, et je me demande si l'adjectif "démocratique" nous sied encore, si on respecte mon discernement citoyen, si on se créé les structures dignes des plus meilleurs pays au monde pour valoriser le discernement éclairé du plus grand nombre plutot que le discernement achetable d'un seul. Parce que pour l'instant, il semble qu'on fait tout pour plaire aux courtisans tel que Caillé ; pour l'instant, ça ressemble à une monarchie inconstitutionnelle.

    L'instant de discuter nos structures est arrivé. Et la John James va être content que je défende les valeurs Libérales de Rousseau et du contrat social ; il va être content que je rappelle sa position constitutionnelle de l'ère Mulroney, que le Québec doive, et donc n'a jusqu'ici pas signé la constitution monarchiste de 1982.

    Je crois qu'il est temps de cesser de croire en la monarchie comme on a tous, franco comme anglos, cessé de croire en la fée des dents ; il est temps de cesser de croire que la structure actuelle est adéquate et que le problème est personnel, partisan ou national.
    La démocratie c'est pas juste voter, et Patapouf Dernier n'était même pas sur mon bulletin de vote ; ll est temps de se signer entre citoyens un nouveau contrat social, une nouvelle constitution, et modifier le pouvoir.

    Guillaume Blouin-Beaudoin