Appui au candidat libéral dans Vachon - Démission de cinq membres de Corruption zéro

L’appui du président de la coalition Corruption zéro au candidat libéral dans la circonscription de Vachon a provoqué hier la démission de cinq membres de l’organisme, qui sont des militants souverainistes affichés.

«La partisanerie est revenue au galop», a dit constater l’un des démissionnaires, Marc-Antoine Cloutier, qui se désole de la situation au sein de la Coalition, dont l’action tente de se situer au-dessus de la ligne des partis politiques.

Selon eux, M. Hillier, «a outrepassé son rôle de porte-parole de l’organisme qui lui commandait un devoir de réserve», écrivent-ils avant de rappeler que la Coalition «vise à proposer une alternative positive au cynisme».

En entrevue au Devoir, Marc-Antoine Cloutier, qui est attaché de presse du député péquiste François Rebello et porte-parole communications pour l’aile jeunesse du Bloc québécois, a reconnu que «chacun de nous est associé à un parti politique ou un autre». «On savait que la frontière est mince entre l’amitié, la partisanerie et le militantisme dans une coalition comme Corruption zéro», a indiqué M. Cloutier.

La semaine dernière, Ryan Hillier, un ami personnel de Simon-Pierre Diamond, candidat du Parti libéral du Québec à l’élection partielle qui s’est déroulée hier en Montérégie, lui a donné son appui sur Twitter. M. Diamond s’oppose à la tenue d’une enquête publique tout comme son parti.

Du coup, des membres péquistes et adéquistes de la coalition Corruption zéro sont montés aux barricades. Mais les discussions avec M. Hillier ne les ont pas satisfaits bien que leurs relations ne soient pas entachées pour autant. «Ryan est un type bien. Il croit comme nous aux positions défendues par la Coalition. Il faut combattre le cynisme au Québec en apprenant à travailler ensemble. Mais une fois qu’on a franchi la ligne, on ne peut plus revenir en arrière», a affirmé M. Cloutier.

Ryan Hillier a également exposé son point de vue dans une lettre au Devoir publiée aujourd’hui en page Idées. «J’étais surpris qu’un appui personnel, et non à titre de porte-parole de notre organisme, crée des départs. D’autant que ces gens-là continuent de publier sur les réseaux sociaux des positions en faveur de leurs partis politiques», a-t-il raconté.

Cette petite tourmente partisane ne freinera vraisemblablement pas l’élan de Corruption zéro. «Il n’est pas question de mettre fin à nos activités. Je veux continuer à lutter contre la corruption et pour que soit revu le financement des partis politiques», a soutenu M. Hillier.

Créée en septembre dernier pour réclamer notamment que le gouvernement du Québec tienne une enquête publique afin de rétablir la confiance de la population envers les institutions, Corruption zéro prépare un colloque sur la corruption devant se dérouler au début de l’automne.
8 commentaires
  • Jean-François Trottier - Inscrit 6 juillet 2010 01 h 01

    Comment discréditer un organisme

    Avant que son chef appuie le PLQ, je n'avais jamais entendu parler de cet organisme. Maintenant, je pourrai l'associer à un groupuscule de façade du PLQ.
    Bravo pour la démobilisation et la lutte au cynisme!

  • Normand Carrier - Inscrit 6 juillet 2010 06 h 44

    Incongruité incompréhensible.....

    Lorsque l'on milite pour un organisme qui se bat pour une enquête publique dans la construction et que le premier ministre s'entête a la refuser malgré le voeux de 85% de la population , il se crée une grande incongruité a appuyer ce même parti et cela enlève beaucoup de crédibilité a cette personne .... Aujourd'hui il ne faut pas se surprendre si ces démissions surviennent car ces gens sont en ligne avec leur objectifs et ne peuvent accepter ce raisonnement tortueux ....

  • Claude Archambault - Inscrit 6 juillet 2010 11 h 02

    Admission flagrante

    Cela démontre d'une admission flagrante de partisannerie. Si un organisme se veut non partisan, il faut que ses membre soit non partisan, mais dans ce cas ci, plusieurs de ses membre milite ouvertement pour le PQ ou QS mais interdisent le militantisme ouvert envers le parti libéral.

    On peu parfaitement être pour une enquête publique et appuyer le candidat du parti qui est visé (par certain)

    La démission de ces gens démontre clairement que le but de ces gens dans ce groupe n'est pas d'avoir une enquête, mais bien de représenter une forme pseudo non partisanne d'opposition au gouvernement pour aider la cause du PQ et de QS.

  • François Dugal - Inscrit 6 juillet 2010 11 h 12

    Le contrôle

    Quoi de plus naturel pour un parti politique que de contrôler un organisme apparemment contre lui afin d'être vraiment «au courant».
    L'infiltration est la base de la stratégie.

  • Jacques Morissette - Inscrit 6 juillet 2010 16 h 40

    Sous le couvert de la neutralité, un nid de partisans.

    Ça démontre que ces oiseaux ont des ailes qui manquent beaucoup d'envergure.