Nouveau plaidoyer citoyen pour un autre mode de scrutin

Plusieurs personnalités publiques des milieux politique, syndical et citoyen ont joint leur voix, hier, au Mouvement pour une démocratie nouvelle (MDN) pour exhorter le gouvernement de Jean Charest à soumettre, dès le début de la rentrée parlementaire automnale, un projet de réforme du mode de scrutin actuellement en vigueur au Québec.

Le désintérêt et le cynisme de la population à l'égard de la politique devraient convaincre les chefs des partis politiques présents à l'Assemblée nationale à «poser un geste concret pour redonner confiance aux citoyennes et citoyens, il faut que leur volonté soit respectée, et c'est impossible sans un mode de scrutin à finalité proportionnelle», a fait valoir la présidente du MDN, Mercédez Roberge, hier, quatre ans jour pour jour après le dépôt du rapport final de la Commission spéciale sur la Loi électorale mise sur pied par l'Assemblée nationale 12 mois plus tôt afin d'étudier différentes questions liées au mode de scrutin, aux modalités d'exercice du droit de vote et aux mesures favorisant la représentation des régions, des femmes et des minorités ethnoculturelles.

«Il est faux de prétendre que le Québec n'est pas prêt pour une telle réforme; les études et travaux du passé de même que les appuis recueillis actuellement le confirment [...] Une réforme satisfaisante serait [d'adopter] un mode de scrutin à finalité proportionnelle», a-t-elle ajouté.

Québec solidaire, qui défend un mode de scrutin mixte compensatoire à redistribution régionale, est le seul parti à avoir répondu à une lettre du MDN, datée du 16 mai dernier, dans laquelle il enjoignait aux partis d'agir afin d'honorer leurs promesses à réformer le mode de scrutin. Le Parti québécois et le Parti libéral du Québec ont quant à eux fait la sourde d'oreille, déplore le MDN. «Cette inaction aura des conséquences importantes [...]. Il y aura évidemment encore beaucoup de votes perdus par abstention, un grand nombre de citoyens ayant la conviction que leur vote ne servira à rien», a souligné le cofondateur de l'Action démocratique du Québec Jean Allaire, flanqué de l'ancien président de la Confédération des syndicats nationaux Gérald Larose, qui est aujourd'hui professeur à l'École de travail social de l'UQAM, et de la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Alexa Conradi.
4 commentaires
  • Fernand Turbide - Inscrit 1 juin 2010 05 h 25

    Un Chef d'État...

    Avant de jouer dans nos institutions et notre mode de scrutin il me semble que l'on devrait commencer par le commencement pour atteindre l'objectif d'un citoyen un vote. D'abord abolir le poste de Lieutenant Gouverneur, poste archaïque , inutile et dépassé et le remplacer par un chef d'État élu au suffrage universel a qui l'on confierait au départ la réforme de notre mode scrutin et de nos institutions. Par la suite lui faire présider a l'élaboration d'une constitution Québécoise pour ensuite la proposer au reste du Canada et tenter de l'arrimer a la constitution canadienne.Il y a des différences importantes entre le Québec et le reste du Canada qui doivent être précisées dans le plus grand intérêt du Québec et du Canada. IL ne s'agit pas de démolir le Canada mais de l'ajuster a sa réalité d'aujourd'hui. Autrement on tourne en rond et on ne vas nulle part.

    Fernand Turbide, Ville Saguenay

  • Khayman - Inscrit 1 juin 2010 07 h 05

    Désespéré

    J'en arrive à croire que l'on n'arrivera jamais à se débarrasser de ce scrutin uninominal majoritaire à un tour. Notre mentalité de peuple colonisé cherchant un bon père de famille, un sauveur, est encore bien ancrée.

  • infini inconnu - Inscrit 1 juin 2010 14 h 34

    problème de logistique?

    Si le vote pouvait avoir un réel impact sur les sphères politiques et économiques, il y a bien longtemps qu'il aurait été aboli...

  • Michele Dorais - Abonnée 2 juin 2010 07 h 48

    @ Khayman...

    Vous n'auriez pu mieux dire. La différence entre peuple sujet et peuple souverain est une notion étrangère à l'esprit du Québécois.