Aires protégées - Québec suivra l'exemple européen

Pour marquer la Journée internationale de la biodiversité, qui se déroule aujourd'hui partout sur la planète, Québec a dévoilé hier un bilan du réseau d'aires protégées qui en indique sans complaisance les forces et les faiblesses.

Avec un réseau couvrant 135 300 km2, soit l'équivalent de la surface combinée du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve, le Québec a fini par dépasser en 2009, avec quatre ans de retard sur son objectif initial, la cible des 8 %. Et il entend maintenant hausser ce pourcentage à 12 % d'ici 2015, soit les niveaux que l'Europe a déjà atteints.

Selon le bilan dévoilé hier par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), notre réseau d'aires protégées compte 24 parcs nationaux, 70 réserves écologiques, 82 réserves de biodiversité, 9 réserves aquatiques et 26 grandes rivières. Le réseau a fait ses principaux gains dans la zone boréale, où le niveau de protection atteint présentement 9,05 %, soit plus de 100 000 km2.

Ce chiffre illustre par contre — ce dont Québec convient dans son bilan et que relève Greenpeace — que plus de la moitié des régions géographiques du Québec n'atteignent pas l'objectif de protéger 8 % de leur territoire. De son côté, Nature Québec souligne que c'est dans le sud et dans l'est du Québec que le niveau de protection est le plus bas.

Pour Jean Hubert, porte-parole de Nature Québec, le bilan québécois demeure globalement «très positif». Mais il faudra, dit-il, faire participer davantage le milieu municipal pour arriver à une protection minimale des milieux naturels du sud et de l'est du Québec. Tout comme il faut, selon le même organisme, accentuer la protection des milieux marins et des zones forestières les plus sensibles, au profit principalement du caribou forestier, même s'il s'agit de zones convoitées par les puissants lobbies de l'énergie, de la forêt et des mines.

Pour Greenpeace, la science indique qu'il faut protéger des surfaces de plus de 5000 km2 pour protéger avec succès les grands mammifères, y compris les caribous forestiers, ce dont on pense convenir avec l'industrie forestière dans le cadre de l'entente annoncée au cours des derniers jours.