Accommodements dans l'administration publique - Le projet de loi soulève des craintes de racisme

Québec — La Fédération des Canadiens musulmans accuse le gouvernement Charest d'avoir succombé à l'islamophobie et au racisme en présentant le projet de loi 94 établissant des balises pour les accommodements dans l'administration publique.

«C'est prendre un canon pour tuer une mouche», a dit Aziza Blili, la porte-parole de l'organisme qui participait, hier, à la commission parlementaire sur le projet de loi 94 présenté par la ministre de la Justice, Kathleen Weil.

La Fédération, qui regroupe sept associations musulmanes du Québec, réclame le retrait du projet de loi et l'encadrement des demandes d'accommodements par voie de règlements.

Dans son mémoire, cette fédération musulmane souligne que le dépôt du projet de loi a suscité une «forte commotion» et «une vive inquiétude» dans ses rangs. «Nous craignons que le Québec suive l'exemple de certains pays européens et se sente obligé d'emboîter le pas et qu'il s'inscrive dans une logique empreinte de racisme et de xénophobie», écrit l'organisme.

L'article 6 du projet de loi stipule que les services publics devront être livrés par les employés de l'État et reçus par les citoyens «à visage découvert». Mme Blili a indiqué que la fédération ne s'oppose pas à cette obligation à des fins d'identification ou de sécurité. Toutefois, «l'infériorité qu'on associe au niqab est bien plus dans le regard des autres femmes que dans ce choix vestimentaire», estime l'organisme. «Des militantes se battent avec beaucoup d'énergie pour l'égalité et les droits d'autres femmes tout en portant sur elles un regard condescendant et paternaliste.»

L'interdiction du niqab est une mesure «bien dérisoire et trompeuse», selon l'organisme.

Plus tôt dans la journée, c'est le Conseil du statut de la femme (CSF) qui a comparu. La présidente du CSF, Christiane Pelchat, a contredit tant Kathleen Weil que le premier ministre Jean Charest qui ont soutenu, en présentant le projet de loi en mars dernier, qu'il établissait qu'un employé de l'État pouvait porter des signes religieux, ce qui était présenté comme la «laïcité ouverte». Le projet de loi ne parle aucunement des signes religieux, a rappelé Mme Pelchat. L'article 4 impose à l'administration publique deux «tests» pour accorder un accommodement: est-il conforme à la neutralité de l'État et contrevient-il à l'égalité entre les femmes et les hommes, a expliqué Mme Pelchat. Il pourrait toutefois être utilisé par les établissements d'enseignement pour interdire le port de signes religieux, estime la juriste.

Quant à l'article 6, il est «superfétatoire» et il ne dicte pas l'interdiction du niqab, selon Mme Pelchat. «Le Conseil ne pourrait pas donner son aval puisque ça interdirait un seul signe religieux, celui porté par une femme, ce qui est assez terrible», a-t-elle avancé.

Le Québec a besoin d'une loi sur la laïcité, estime Christiane Pelchat. Le CSF vient d'ailleurs de se donner pour mandat de produire un avis sur la question.

La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a plaidé, elle aussi, pour une consécration de la laïcité de l'État québécois, qui doit être inscrit dans une charte. Le projet de loi 94 n'affirme en rien cette laïcité, a-t-elle déploré. «C'est le fait de ne pas agir adéquatement qui favorise la montée de l'intolérance», a-t-elle dit.

Claudette Carbonneau croit qu'on devrait interdire aux agents de l'État en autorité, comme les juges, de porter des signes religieux et peut-être aussi aux «modèles» que sont les enseignants et les éducateurs.
4 commentaires
  • Dartagnan - Inscrit 20 mai 2010 10 h 09

    Accommodements dans l'administration publique

    Il faudrait peut-être rappeler à l'Association des canadiens musulmans, que la place de la religion est dans les différents lieux du culte et en privé. Non sur la place publique.
    Les différentes Chartes garantissent la libre pratique de la religion, et non, l'envahissement de certaines religions sur la place publique.

    Quant au voile intégrale "burqa", ce n'est pas un signe religieux, mais bien un signe civil et politique de certains hommes qui veulent dominer et contrôler leur (s) femme(s).
    Aucun article de Loi et/ou Charte ne mentionnent que les tribunaux doivent sanctionner un tel outrage aux femmes.
    Il est temps que l'on se tienne debout, et que l'on combatte toute forme d'intégrisme sur le territoire québécois.
    On se doit pour les immigrants de respecter nos Lois, nos us-et-coutumes, faute de quoi, ils peuvent toujours retourner dans leur pays d'origine pour savourer LIBERTÉ et ÉGALITÉ qu'offrent ces pays musulmans intégristes.

  • Kaomax - Inscrit 20 mai 2010 13 h 04

    Les larmes de crocodiles

    C'est à dire, les larmes d'une minorité, dans une minorité ethnique...À la différence que les "larmes" se retrouvent devant un micro public.

    Je suis totalement d'accord avec Dartagnan. Les pays musulmans doivent surement offrir davantages d'atout en fait de liberté pour que ceux qui n'apprécient pas nos lois canadiennes, puissent y retourner pour y trouver un bon refuge en plein coeur de leur propres moeurs.

    Le jour ou les moeurs occidentaux seront totalement respectés et implantés dans les pays musulmans, nous pourrons peut-être tirer davantage sur l'élasticité de nos lois, déjà très largement étirées.

    Entre temps, on leur permet quand même de fantasmer qu'ils pourraient un jour nous assimiler...tels que semblent être leur "définition" d'accommodements raisonnables....

  • Jean Peupu - Inscrit 22 mai 2010 08 h 28

    quand un gouvernement manque de couilles !

    Au lieu de gérer en lavette notre gouvernement devrait s inspirer de ceci au lieu de vouloir plaire a tous et ménager la chèvre et le chou aux profits de votes, au lieu de préserver une liberté acquise ,tant qu’ a la charte elle est malheureusement devenue désuète .Pour le Québec il y a toujours la clause nonobstant qui peu être invoqué

    le premier ministre John Howard a choqué quelques musulmans australiens en déclarant…

    Citation : »LES IMMIGRANTS, NON AUSTRALIENS, DOIVENT S’ADAPTER. Je suis fatigué que cette nation s’inquiète à savoir si nous offensons certains individus ou leur culture.

    Notre culture s’est développée en luttes, d’habilités et de victoires par des millions d’hommes et de femmes qui ont recherché la liberté.

    Notre langue officielle est l’anglais ; pas l’espagnol, le libanais, l’arabe, le chinois, le japonais ou n’importe quelle autre langue. Par conséquent, si vous désirez faire partie de notre société, apprenez-en la langue !

    La plupart des australiens croient en Dieu. Il ne s’agit pas d’une obligation chrétienne, d’influence de la droite ou de pression politique, mais c’est un fait, parce que des hommes et des femmes ont fondé cette nation sur des principes chrétiens, et cela est officiellement enseigné. Il est parfaitement approprié de les afficher sur les murs de nos écoles. Si Dieu vous offense, je vous suggère alors d’envisager une autre partie du monde comme votre pays d’accueil, car Dieu fait partie de notre culture.

    Nous accepterons vos croyances sans poser de question. Tout ce que nous vous demandons c’est d’accepter les nôtres et de vivre en harmonie pacifiquement avec nous ?

    Ici c’est NOTRE PAYS, NOTRE TERRE et NOTRE STYLE DE VIE. Et nous vous offrons l’opportunité de profiter de tout cela. Mais si vous en avez assez de vous plaindre, de vous en prendre à notre drapeau, notre engagement, nos croyances chrétiennes ou de notre style de vie, je vous engage fortement à profiter d’un autre grande liberté australienne, LE DROIT DE PARTIR.

    Si vous n’êtes pas heureux ici, alors PARTEZ. Nous ne vous avons pas forcés à venir ici.

    Vous avez demandé à être ici. Alors acceptez le pays que VOUS avez accepté ».



    Que pensez-vous d’un tel discours ?

    Tout simple

  • Henry Bois - Inscrit 5 juin 2010 08 h 51

    Je n'en peux plus

    Nous n'avons même pas de textes à écrire, aucune explications à donner, seulement nous faire respecter en leur montrant le chemin de retour sans aucun commentaires. Qu'ils retournent dans leur pays créer leur charte des droits et libertés et bonne chance. Tant qu'à nous, modifions là et ajoutons la charte des obligations de la personne.

    Nous sommnes rendus avec l'appelation Arbre des fêtes pour ne pas leurs déplaire. Ce n'est plus une farce on fait rire carrément de nous, de nos coutumes, de notre religion et de notre pays. Une chance que je suis pas au gouvernement car il n'en resterait pas beaucoup de certaines ethnies et ceci sans aucun racisme, mais par logique tout simplement et surtout assez solide pour ne pas plier l'échine comme plusieurs québécois.