Commentaire sur la maladie de Claude Béchard - Charest trouve les propos de Marois déplacés

Québec — Pauline Marois a manqué de «compassion», dimanche, estiment Jean Charest et le ministre libéral en convalescence Claude Béchard. Ils ont trouvé déplacé que la chef du PQ mentionne la maladie de M. Béchard parmi les facteurs qui permettraient à l'opposition de renverser le gouvernement. «J'ai trouvé ça assez ordinaire», a commenté M. Béchard à l'issue d'une visite au caucus de son parti, hier midi. «Ce n'est pas une grande leçon de compassion de dire que tu comptes sur [les problèmes de] santé de quelqu'un pour peut-être renverser le gouvernement. [...] Je n'ai pas trouvé que c'était très gentil de sa part», a-t-il déclaré aux côtés du premier ministre. Dépité, ce dernier a lancé: «Je pense que ça donne toute la mesure du personnage», avant d'ajouter, en anglais, que «c'était une première», qu'il n'avait jamais vu une telle chose en politique.

À l'issue du colloque du Parti québécois en fin de semaine à Drummondville, Mme Marois avait abordé la possibilité que le gouvernement perde un vote en Chambre puisque Tony Tomassi n'était plus du caucus et qu'il y avait «actuellement un député qui est aux prises avec des problèmes de santé». Si la situation se présentait, elle n'hésiterait «pas une seconde» à faire tomber le gouvernement.

Choqué, M. Béchard, qui suit actuellement des traitements de chimiothérapie pour une récidive d'un cancer du pancréas, a vu dans les propos de la chef péquiste une «source d'inspiration». «Qu'elle ne compte pas trop là-dessus parce que j'ai l'intention de ne pas lui permettre de renverser le gouvernement sur mon état de santé», a-t-il rétorqué. L'article contenant la déclaration trônerait même sur son mur: «Chaque matin, je le regarde.» Très amaigri mais semblant d'attaque, M. Béchard ne portait pas la cravate réglementaire pour entrer en Chambre. «Le jour où je vais arriver ici avec une cravate, méfiez-vous», a-t-il averti.

Quant au scénario de défaire le gouvernement, M. Charest y a vu «de la politique -iction». «C'est difficile de trouver autant d'arrogance dans une seule fin de semaine. [...] Les gens qui ont observé ça ont dû tirer leurs propres conclusions. [...] Si c'est comme ça que Mme Marois [...] voit la politique, il y a de bonnes raisons de remettre en question son jugement.»

La chef péquiste a répondu ainsi: «Jamais nous ne jouerons sur la maladie de qui que ce soit, et nous en attendons autant de la part du premier ministre.» Contrairement à ce qu'elle avait laissé entendre dimanche, elle a ajouté que «la majorité du gouvernement ne tient pas à l'absence ou la présence de M. Béchard [...]. Nous sommes 50, nous savons compter et il est mathématiquement impossible pour nous de renverser le gouvernement». Enfin, elle s'est dite «estomaquée de voir à quel point M. Charest et son parti sont désespérés pour proférer de telles absurdités».
9 commentaires
  • Rodrigue Guimont - Abonnée 19 mai 2010 10 h 19

    Qui "utilise" qui ici?

    Je ne sais pas si Monsieur Charest cherche à susciter la pitié en utilisant l’indignation mais il ne faut quand même pas charroyer…

    Le Québec tout entier, appuie Monsieur Béchard, ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation de même que des Affaires intergouvernementales canadiennes, dans sa lutte contre la maladie et malgré toutes les oraisons et les vœux pieux (on n’est pas en catéchèse ici, mais en politique, dixit Liza) pour son rétablissement, Monsieur Béchard ne pourra pas encore bien longtemps diriger l’administration des affaires de la nation de sa chambre d’hôpital ou de chez lui.

    Soyons compatissants et logiques. Monsieur Béchard est atteint du cancer du tube digestif et du pancréas depuis plus de deux ans. Or, deux ans c’est la moitié d’un mandat, où si vous voulez quatre éternités (six mois en politique c’est une éternité disait Robert Bourassa).

    J’ai l’impression plutôt que c’est Monsieur Charest qui cherche à se refaire du capital de sympathie avec la maladie du ministre Béchard.

  • Renaud Blais - Inscrit 19 mai 2010 10 h 36

    Y avait-il là une nouvelle?

    Renaud Blais
    Québec

  • Raymonde Chouinard - Inscrite 19 mai 2010 11 h 47

    Pôvre Pauline....

    Le rassemblement de la fin de semaine nous démontre que même les membres de son parti ne sont pas prêts à la suivre dans rien.

    S'en prendre aux malades, c'est devenu une habitude chez-elle. En plus de leur couper les services, elle souhaite maintenant leur mort..... On sait maintenant ce qu'elle entend par "instinct de tueur"...expression qu'elle employait dans l'interview intimiste accordé en début mars.

    Pourquoi ne démissionne-t-elle pas; elle devient carrément dangereuse.

  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 19 mai 2010 13 h 52

    Diversion

    La meileure défensive est l`attaque. Charest accuse Marois sur la santé de Béchard. On peut créer des triangles de ce genre par milliers. Charest fait de la diversion pour refuser d`agir dans les cas de copinage au bureau du Premier-ministre.

  • Donald Bordeleau - Abonné 19 mai 2010 23 h 06

    Pôvre Monsieur Charest

    Très bas , très bas, comme procédé politique.

    On reconnaît votre désarroi devant la situation actuelle d'utiliser Monsieur Béchard comme figure de proue avec sa maladie pour stimatiser l'opinion publique avec votre mensonge.

    De plus d'amener Monsieur Béchard devant les caméras pour dire des choses qui n'ont pas été dite. En politique l'on extrapole.

    Monsieur Béchard aura besoin de toute ces forces durant sa convalescence Monsieur Charest.

    Votre procédé est très bas, comme votre parcour comme gouvernement Libéral