L'ADQ relève d'autres signes de malversation dans les FIER

Québec — Les Fonds d'intervention économique régionaux (FIER) font encore la manchette pour les mauvaises raisons. Un an après deux rapports signalant des indices troublants dans l'administration de ces fonds, l'Action démocratique du Québec (ADQ) révèle que les administrateurs d'un FIER de la région métropolitaine de Montréal sont aussi actionnaires dans les trois quarts des entreprises bénéficiaires des subventions de ce FIER.

En conférence de presse hier, le député adéquiste de Shefford, François Bonnardel, a dénoncé la «culture du favoritisme» du gouvernement et a attaqué le ministre responsable, Clément Gignac, qui détient le portefeuille du Développement économique. «Sur le scandale des FIER [de l'an dernier], M. Gignac avait le mandat de rassurer les Québécois. Il ne l'a pas fait. Il n'a pas fait le travail.»

L'ADQ a scruté les activités du FIER Carrefour Capital, qui a reçu 7,3 millions du gouvernement, en plus d'investissements privés de 3,6 millions. Parmi ses trois administrateurs, il y a Antoine Clermont et Pierre Breton, qui sont aussi des investisseurs privés dans le FIER, avec Pierre McMaster, à hauteur de 3,6 millions. Mais 8 des 12 entreprises qui ont reçu des fonds du FIER ont comme actionnaires Antoine Clermont et Pierre Breton. Elles ont obtenu le maximum admissible, soit un million chacune.

«Comment voulez-vous qu'il n'y ait pas de conflit d'intérêts? a lancé M. Bonnardel. Ce que je demande au ministre, c'est la mise en tutelle du FIER, qu'il y ait enquête et qu'il nous explique pourquoi on est encore en situation de mauvaise gouverne.»

L'an dernier, un rapport du vérificateur général ainsi qu'un autre du directeur général de Montréal avaient soulevé des problèmes de gouverne dans les FIER: il y avait matière à conflit d'intérêts. Il y était suggéré que les personnes au quorum des conseils d'administration des FIER n'aient pas d'intérêts dans les entreprises financées. On suggérait aussi qu'au moins 50 % des fonds du FIER soient investis dans la région qu'ils couvraient.

Tout en admettant qu'il y a eu amélioration de la situation à la suite des deux rapports de vérification de l'an dernier, M. Bonnardel a tout de même fait remarquer que, parmi les 27 FIER du Québec, un sur cinq n'investit toujours pas sa part de 50 % dans la région qu'il est censé couvrir.

Durant la période de questions, M. Gignac s'est borné à dire que le vérificateur général n'avait relevé aucun cas de fraude ou de malversation dans son rapport. «Je ne sais pas si le député de Shefford veut refaire le travail du vérificateur général dans le dossier des FIER.»