Pierre Cimon quitte ses fonctions de procureur chef de la commission Bastarache

Michel Bastarache
Photo: Archives Le Devoir Michel Bastarache

L’avocat Pierre Cimon a confirmé aujourd’hui qu’il quitte ses fonctions de procureur chef de la commission sur la nomination des juges.

M. Cimon a fait part de sa décision à La Presse Canadienne, huit jours après l’annonce de sa nomination.

«Je suis parti», a écrit M. Cimon dans un échange de courriels au sujet de sa participation à l’enquête publique.

Guy Versailles, le porte-parole de l’enquête publique présidée par l’avocat Michel Bastarache, s’est refusé à tout commentaire.

Au cours des derniers jours, M. Cimon avait été la cible de critiques relativement à des contributions qu’il a faites au Parti libéral du Québec.

L’ex-ministre de la Justice, Marc Bellemare, avait notamment jugé que cela faisait de lui un partisan libéral et il avait mis en doute l’impartialité de l’enquête publique, qui doit déterminer si des donateurs ou des collecteurs de fonds ont exercé une influence sur la nomination de magistrats.

La porte-parole de l’opposition officielle en matière de justice, Véronique Hivon, avait aussi mis en doute le choix de M. Bastarache et elle avait réclamé qu’il vienne expliquer pourquoi il ne portait pas atteinte aux apparences d’impartialité.

En Chambre, Mme Hivon est revenue sur le sujet, aujourd’hui, mais la ministre de la Justice, Kathleen Weil, s’est refusée à tout commentaire, insistant sur l’indépendance de l’enquête publique.

Mme Weil a soutenu que M. Bastarache avait toute la latitude de nommer les personnes qu’il voulait.

«J’ai l’intention de respecter l’indépendance de la commission Bastarache et j’ai l’intention de laisser la commission Bastarache faire son travail», a-t-elle dit.

Devant les critiques, M. Bastarache a publié la semaine dernière un communiqué dans lequel il affirme qu’avant de retenir les services des membres de son équipe, il a exploré avec chacun les possibilités de conflit d’intérêts et conclu qu’il n’y en avait pas.
5 commentaires
  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 18 mai 2010 18 h 19

    Bravo monsieur Bellemare

    La preuve se bâtie autour des assertions de Bellemare. Le club des amis du Parti Libéral implique les Études légales et les levées de fonds auprès de ces même Études légales, qui imposent des contributions aux associés. Vous devez aller de l`avant avec votre cause car elle est juste et honorable. Le chantage de Charest doit être démasqué.

  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 18 mai 2010 20 h 23

    Les amis du pouvoir

    La commission Bastarache pourrait se discréditer à fair la preuve du club des amis de Charest. La position de Bellemare se raffermie à constater les liens intimes de ces avocats juges et politiciens imbriqués au Parti Libéral du Québec.

  • michel lebel - Inscrit 18 mai 2010 22 h 19

    Se tenir debout!

    J'ai toujours trouvé inutile cette commission d'enquête. C'est la faiblesse du leadership de Jean Charest qui amené la création de cet organisme. Mais une fois la commission crée et les procureurs choisis en raison de leur compétence, il fallait aller de l'avant et pas quitter le bateau en raison de critiques. Pas se laisser distraire par des insinuations ou des historiettes provenant de Marc Bellemarre ou de quiconque. Se tenir debout!

    Michel lebel

  • Jean de Cuir - Abonné 18 mai 2010 23 h 29

    Conclusion?

    Conclusion. Tous ceux et celles qui exercent une profession et qui ont contribué à un parti politique sont d’emblée soupçonné de partialité, car contribué à un parti c’est automatiquement ne pas apparaître impartial. Soyons juste et installons une commission d’inquisition pour dénicher tous ceux et celles qui occupent un poste nécessitant une pureté politique totale et délogeons ceux et celles qui ont une apparence de partialité. Écoutons M. Bellemare un ex-libéral qui lui est sans doute impartial puisqu’ il a été lié à un parti politique ! Mais que dire donc de tous ces politiciens et politiciennes, membres d’un parti, ne sont-ils pas tous de purs partisans, incapables de neutralité, donc non fiables. Qu’est-ce qu’être impartial et partial? Voilà la question. Et qu’est-ce donc la neutralité? Est-elle même possible? En fait, abolissons toute contribution aux partis politiques. Quelqu’un a même demandé si celui qui a accepté la nomination de M. Simon --condamné à la partialité -- ne manquait pas aussi de jugement. Qui juge alors et selon quels critères? Où trouvez la blancheur parfaite de l’esprit?

  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 18 mai 2010 23 h 29

    Ça ne suffisait pas à Charest

    Le procureur Cimon se retire pour apparence de conflit d`intérêt. Charest ri jaune et accuse Marois de diminuer la condition de santé de Béchard. On comprend beaucoup mieux son niveau de désespoir, face à tant d`idioties venant d`un Premier-ministre discrédité. C`est à son tour de laisser le poste exécutif dans la honte.