Le commissaire à la santé condamne le projet de franchise santé

Le commissaire à la santé Robert Salois.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le commissaire à la santé Robert Salois.

Le commissaire à la santé condamne le projet du gouvernement Charest d’instaurer une franchise santé. Ce projet, souvent assimilé à une forme de ticket modérateur, risque de limiter l’accès aux soins, selon Robert Salois, qui déposait aujourd’hui son deuxième rapport au ministre de la Santé.

Il ne fait pas de doute, dans son esprit, que certaines catégories de citoyens n’auront pas les moyens d’obtenir les soins dont ils ont besoin, si une telle initiative voit le jour.

C’est ce qu’il soutenu en conférence de presse, en rendant public son volumineux rapport de plusieurs centaines de pages, qui porte cette année sur l’évaluation des soins prodigués aux malades chroniques, en comparaison avec ce qui se fait ailleurs.

Le rôle du commissaire à la santé consiste à juger la performance du système de santé québécois et de formuler des recommandations au gouvernement.

Après examen, le commissaire conclut notamment qu’au chapitre de l’offre de soins aux malades chroniques, le Québec fait piètre figure, à l’échelle canadienne.

Pire, loin de s’améliorer, la performance du Québec s’est détériorée, au cours de la dernière décennie, se classant sous la moyenne canadienne.

Or, le commissaire rappelle l’importance à accorder aux malades chroniques, qui ne constituent que cinq pour cent des patients, mais accaparent près de la moitié du total des soins dispensés au Québec.

Il recommande donc au gouvernement de revoir toute l’organisation des soins pour mieux tenir compte de leurs besoins particuliers, notamment le soir et le week-end, et éviter qu’ils engorgent les urgences d’hôpitaux.

Les maladies chroniques les plus répandues sont le diabète, les maladies cardiaques, le cancer, l’asthme et l’arthrite.
7 commentaires
  • Jean Rousseau - Inscrit 13 mai 2010 15 h 46

    UN CHERCHEUR MAL OUTILLÉ.

    Ses honoraires constituaient pour Freud un élément important dans la réussite de la thérapie. Pourquoi? Parce que l'argent nous touche au plus profond; à l'instinct de survie. Une franchise proportionnelle au revenu de la personne aura l'avantage de la responsabiliser et d'éviter tout abus. Le bar ouvert nous a par contre amené la situation des commandites et ce triste exemple pour la jeunesse que ce représentant de la FTQ qui a facturé plus de 1000$ pour un seul repas... Si qui que ce soit ne comprend toujours pas le bien fondé de poser des balises pour continuer d'assurer les services de santé, c'est qu'une malheureuse immaturité l'empêche de réfléchir hors de la tendance dominante.

  • Jacques Lafond - Inscrit 13 mai 2010 17 h 08

    $200 par année pour la santé ...

    Je pense qu’il devient urgent au Québec que tout le monde mette l’épaule à la roue, et contribuent financièrement, ne serai ce qu’un minimum $200 par année, à notre système de santé.

    Je pense que le ‘’party’’ est fini, et que tous les citoyens du Québec doivent réaliser maintenant que le système de santé n’est pas gratuit, et qu’ils doivent payer.

    Au Québec, il y a un peu moins que 60% de la population qui ne paye pas un sou d’impôt !! Au Québec, il y a un peu moins que 20% de la population qui paye un peu plus que 80% de l’impôt total collecté par le gouvernement !!

    Ces 20% de soit disant riches ne peuvent plus continuer à payer, comme ils le font depuis très longtemps, pour le 60% de soit disant pauvres.

    Ça ne fonctionne tout simplement plus.

    Le 60% de la population du Québec qui ne paye pas un sou d’impôt depuis toutes ces années, devront apprendre à faire un effort à la hauteur de $200 par année pour notre système de santé. Je pense que c’est un strict minimum, et je pense aussi que ça risque d’être formateur.

    Certains de ces individus réaliseront peut-être que de travailler un peu plus, paye un peu plus ; et que travailler beaucoup plus, paye beaucoup plus …

  • Micheline Gagnon - Inscrite 13 mai 2010 17 h 20

    Un bar ouvert où on attend longtemps...

    Lorsque j'aurai finalement accès au spécialiste qui pourra m'aider, listes d'attente obligent, cela fera plus d'un an que je souffre de douleurs quotidiennes qu'aucun médicament ne peut soulager. Alors, un bar ouvert? Vraiment?

  • Olivier Robichaud - Inscrit 13 mai 2010 21 h 53

    Quand on n'a pas d'arguments, on invente des chiffres. Pas vrai, M. Lafond?

    D'abord, c'est complètement faux de dire que 60% des Québécois ne paient pas un sous d'impôt, c'est 40%. Ce qui, je l'accorde, est tout de même élevé. Mais il faut considérer que cette estimation comprend les milliers de Québécois qui sont aux études mais ont tout de même un travail. Je suis étudiant, je peux gagner environ 17 000$ dans une année avant de payer des impôts.

    Et je n'ai absolument aucun problème à ce qu'une famille monoparentale paie moins d'impôt.

    Vos commentaires sur les gens qui (supposément) ne travaillent pas sont insultants : on dirait que, pour vous, si on est pauvre c'est parce qu'on est paresseux. Les "working poor", vous en avez déjà entendu parler? Ce phénomène existe ici comme ailleurs.

  • André Doré - Inscrit 14 mai 2010 05 h 57

    On ne choisit pas d'être malade...

    On ne choisit pas d'être malade. Comme société responsable, nous avons donc choisi d'être solidaires avec les malades et de les aider lorsqu'ils sont touchés par la maladie. Il y a des enfants malades, il y a des malades chroniques, il y a des personnes accidentées, des personnes âgées, etc. etc.

    Nous avons aussi choisi d'aider ceux qui sont sans emploi et de
    soulager de l'impôt les plus pauvres d'entre nous afin qu'il leur reste de l'argent pour se payer le minimum: logement et chauffage, vêtements, nourriture, autres frais de toutes sortes et souvent taxés.

    Voilà que certains Jos-connaissants nous suggèrent de les faire payer parce qu'ils consomment des soins de santé...!!!

    Nous payons déjà par nos impôts, ceux d'entre nous qui avons la chance d'avoir suffisamment de revenus. Je paye pour les enfants malades, pour mes vieux parents, pour les accidentés, pour les malades chroniques, et c'est très bien. Nous devrions en être très fiers. Demandons par contre plus de rigueur à ceux qui administrent nos argents.

    J'ai payé de mes impôts durant toute ma vie de travail, et je paye encore aujourd'hui même à la retraite, alors que je ne consomme qu'un minimum de soins de santé. C'est ça, la solidarité. Ne soyons pas trop individualistes... Un jour, ça sera peut-être notre tour...