Tomassi révèle une partie de la vérité

Québec — Questionné depuis deux jours par l'opposition officielle, le ministre de la Famille, Tony Tomassi, s'est résigné à reconnaître, hier, à l'Assemblée nationale, qu'une entreprise qu'il dirigeait avait effectué des travaux dans un centre de la petite enfance (CPE) en 2001-2002 alors qu'il n'était pas encore député de LaFontaine. Mais ce n'est, semble-t-il, qu'une partie de la vérité.

À la suite de la déclaration du ministre, TVA a révélé que Genco, qui est la propriété de la famille de Tony Tomassi, avait bel et bien réalisé des travaux de construction pour au moins une garderie privée subventionnée. Selon la chaîne télévisuelle, Genco a mené en 2006 des travaux d'une valeur de 200 000 $ à la garderie De chenille à papillon, sise au 8450 du boulevard Viau à Montréal. Le propriétaire de la garderie, Mario Ranallo, a affirmé à TVA que c'est le propriétaire de l'immeuble, Vincenzo D'Alessio, qui lui a donné le nom de Donato Tomassi, de l'entreprise Genco, le père du ministre qui n'était que député à l'époque. M. Ranallo a versé 250 $ au Parti libéral du Québec après l'ouverture de sa garderie, mais il a indiqué qu'il ne connaissait pas Tony Tomassi.

Cela faisait deux jours, d'abord à l'étude des crédits du ministère de la Famille mercredi puis à la période des questions hier, que le député de Gouin et porte-parole de l'opposition officielle en matière de services de garde, Nicolas Girard, lui posait inlassablement la même question: «Est-ce que le Groupe Genco ou une autre entreprise apparentée, qui appartient à la famille du ministre, a réalisé des travaux de construction ou de rénovation dans des garderies?»

Hier, Tony Tomassi lui a finalement fourni une réponse qui apparaît bien partielle. En 2001-2002, l'entreprise qu'il dirigeait — il était à la tête de Construction Genco à l'époque — a effectué des travaux dans un CPE à la suite d'un appel d'offres. Genco était le plus bas soumissionnaire.

Il n'y a pas de quoi fouetter un chat puisque M. Tomassi n'était pas député à l'époque, encore moins ministre. Or, comme s'il avait quelque chose à cacher, Tony Tomassi a fui les journalistes hier et son attachée de presse n'a pas rappelé Le Devoir. Son cabinet a refusé de confirmer ou d'infirmer les informations de TVA. On ne sait pas non plus si la construction ou la rénovation de garderies était une activité courante dans la famille Tomassi lorsque le député était adjoint parlementaire du premier ministre à compter d'avril 2007, puis ministre depuis décembre 2008. Selon les registres de la Régie du bâtiment du Québec, Genco ne possède pas de permis d'entrepreneur en construction.
1 commentaire
  • yvesdescoteaux - Inscrit 30 avril 2010 18 h 33

    TOMASSI Nest pas avocat et se couvre donc mal...!

    Si TOMASSI est dans le bouillon, Jacques Dupuis se la coule douce, personne ne lui a demandé de s'expliquer concernant la vingtaine de detenus libérés ''par erreur...!'' en 2008 et la quarantaine de detenus libérés encore ''par erreur ...!'' en 2009....
    la question étant combien de detenus ont été liberés sous pretexte derreur...!'' en 2010 ou le seront et combien coûte une libération ''par erreur ...!''