Électricité : Québec doit éviter les hausses de tarifs plus fortes que l'inflation, avertit Hydro

Le gouvernement Charest s’apprête à décréter des hausses de tarifs d’électricité totalisant 20 % en cinq ans à compter de 2014. Mais Hydro-Québec juge que «les hausses tarifaires supérieures à l’inflation sont difficilement acceptables d’un point de vue sociétal».
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le gouvernement Charest s’apprête à décréter des hausses de tarifs d’électricité totalisant 20 % en cinq ans à compter de 2014. Mais Hydro-Québec juge que «les hausses tarifaires supérieures à l’inflation sont difficilement acceptables d’un point de vue sociétal».

Québec — Alors que le gouvernement Charest s'apprête à décréter des hausses de tarifs d'électricité totalisant 20 % en cinq ans à compter de 2014, Hydro-Québec prévient que des augmentations supérieures à l'inflation sont difficilement acceptables socialement. La société d'État croit qu'il faut les éviter.

Dans un document qu'Hydro-Québec a soumis en novembre à la Régie de l'énergie à l'appui de sa demande courante de hausse de tarif, la société d'État présente l'argumentation suivante, signée de la main d'Éric Fraser, de son service des affaires juridiques: «L'expérience du distributeur [Hydro-Québec] lui permet d'affirmer que les hausses tarifaires supérieures à l'inflation sont difficilement acceptables d'un point de vue sociétal. Par conséquent, lorsque des choix se présentent, tous les acteurs impliqués dans le processus d'établissement des tarifs devraient militer en faveur d'une solution favorisant la stabilité tarifaire et évitant des hausses significativement supérieures à l'inflation.»

Ce document a été déposé, hier, par le député de Jonquière et porte-parole de l'opposition officielle en matière d'énergie, Sylvain Gaudreault, lors de l'étude des crédits du ministère des Ressources naturelles et de la Faune. La ministre, Nathalie Normandeau, quant à elle, a refusé de parler des hausses de tarifs d'Hydro-Québec.

En matière d'augmentations de tarifs, Hydro-Québec a une solide expérience depuis 2004: ses tarifs ont été majorés de près de 20 % en 7 ans, soit 7 points de pourcentage de plus que l'inflation.

Or le dernier budget Bachand prévoit qu'à compter de 2014, le tarif du bloc patrimonial d'électricité de 2,79 ¢, en vigueur depuis 1998, sera graduellement majoré de 50 %, soit de 1,37 ¢ en cinq ans. Cela représente une hausse annuelle de 3,7 % du tarif domestique, qui passera de 6,87 ¢ à 8,24 ¢, soit un bond de 20 % cumulativement, en sus de l'inflation. Ces augmentations successives feront partie du projet de loi omnibus que le ministre des Finances, Raymond Bachand, déposera sous peu afin de mettre en vigueur les mesures contenues dans son budget.

Sylvain Gaudreault a également dénoncé la prime de 125 000 $ réservée au président d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, pour 2009. Citant le bénéfice record de 3 milliards dégagé par Hydro-Québec en 2009, Nathalie Normandeau a défendu cette prime versée au moment où on demande aux Québécois de se serrer la ceinture.
2 commentaires
  • Roland Berger - Inscrit 30 avril 2010 11 h 38

    Comédie

    Hydro-Québec conseille au gouvernement Charest d'éviter les troubles sociaux en limitant l'augmentation de ses tarifs à celle de l'inflation. On croit rêver. Un exemple comique de la mentalité entre-nous.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Denis Veillette - Inscrit 30 avril 2010 22 h 54

    Seuil de légitimité

    Le conseiller juridique d'Hydro met en garde le gouvernement Charest contre une des recommandations de son budget. Elle sera illégitime dans le contexte d'un modèle de société qui a toujours mis de l'avant une valeur fondamentale: la justice sociale. Le pouvoir politique est ainsi lâchée idéologiquement par un de ses principaux porte-étandard. On voit bien que le budget Charest-Bachand est un coup de force contre le compromis social québécois. D'autres remises en question viendront dans les semaines qui viennent...