Les médecins s’opposent à la «franchise santé» proposée dans le budget

Photo: Jacques Grenier - Le Devoir

Une large coalition d’organismes représentant des médecins s’oppose catégoriquement à l’instauration d’une «franchise santé» telle que le propose le budget Bachand, ainsi qu’à toute forme de paiement à l’utilisation qui aurait pour effet de réduire l’accessibilité.

Les médecins font valoir que cette mesure poussera de nombreux patients, particulièrement les plus démunis, les personnes âgées et les malades chroniques, à réduire le nombre de leurs consultations médicales.

Conséquemment, ces patients plus vulnérables verront leur condition se détériorer et auront besoin, en bout de ligne, de soins plus lourds qui, ultimement, coûteront plus cher au réseau de la santé.

Les médecins dénoncent, du même coup, le discours qui justifie l’instauration d’une telle mesure. Selon eux, il est faux de dire que les gens consultent pour rien et qu’ils abusent du système.

La présidente de Médecins québécois pour le régime public (MQRP), la docteure Marie-Claude Goulet, qui oeuvre en urgence, fait valoir que personne ne consacre 12 heures à attendre à l’urgence ni ne se fait hospitaliser pour rien.

La Coalition, chapeautée par MQRP, regroupe la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Collège québécois des médecins de famille (CQMF), la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ), l’Association médicale du Québec (AMQ), la Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ), l’Association des médecins de CLSC du Québec (AMCLSCQ) de même que les doyens des facultés de médecine de l’Université Laval et de l’Université de Sherbrooke. Cette coalition a fait valoir ce matin son point de vue en conférence de presse.
4 commentaires
  • Françoise Breault - Abonnée 28 avril 2010 16 h 29

    Merci

    Profond merci aux Médecins québécois pour le régime public

  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 28 avril 2010 21 h 16

    La crainte des médecins

    Faire moins de revenus avec une clientèle réduite ou moins de répétitions de visites. Le capitaliste souffre d`inflation et surchauffe systémique; cette contrainte fiscale va réduire le phénomène. Les abuseurs genre Barette seront revenus sur terre, pour le mieux être de la population. Attendez-vous à une réduction des listes d`attente comme bénéfice marginal. Les vocalises des champions profiteurs frustrés vont vite se faire entendre.

  • Marco - Inscrit 29 avril 2010 01 h 14

    Ne touchez pas à mes sous!!

    Depuis quand, chez les médecins du Québec, le souci de leurs patients passerait bien avant celui de leur strict intérêt pécunier?!! Les choses auraient-elles changé à ce point?!… J’en douterais!…

    Rappelons-nous seulement l'épisode grotesque de la récente tourmente en Haiti, période au cours de laquelle nos pseudos bénévoles voulaient couvir leurs frais à 700$/jour!!... Bel exemple de courage et d’entraide humanitaire!!

    Maintenant, examinons de près de quoi est composée cette coalition de médecins dont il est question ici!! Essentiellement de tous ceux et celles des médecins qui assurent les services en première ligne. On craint avant tout qu'avec cette "franchise santé" un moins grand nombre de patients ne viennent faire cliquer la Castonguette de tous les bonheurs!

    Finie pour eux cette manne facile et à bon compte que représentaient pour eux les cas légers et rapides issus de cette catégorie de patients indisposés et insécurisés par le moindre rhume!! Ces chers médecins devront dorénavant se concentrer sur les cas plus sérieux, les cas obligés, comme on dit. Ces gens-là paieront légèrement plus pour obtenir des services, il est vrai! Mais cette franchise servira avant tout à payer les coûts récurents du système et à défrayer les augmentations de salaire indécentes des médecins spécialistes qui, eux, agissent en deuxième ligne!

    Avez-vous remarqué qu'en même temps qu'ils sont défavorables à cette "franchise santé" et à un certain ticket modérateur, les médecins en général voient d'un très mauvais oeil également le «décontingentement » du nombre de finissants des facultés de médecine, ce qui aurait pour avantage d'assurer plus de soins à plus de personnes, mais ce qui aurait comme inconvénient, pour eux, de diviser la masse monétaire entre plus de candidats et d'amoindrir, au moment des négociations, un rapport de force qui résultait d'une offre de services plus restreinte du fait d'une rareté de médecins...

    Voilà! Je me méfie plus que jamais quand ces espèces de bandits en sarrau se drappent encore une fois de la toge étincelante de la pureté et qu’ils prétendent défendre les intérêts de la population... Ainsi, lorsqu’on y regarde de plus près, on s’aperçoit que c'est toujours de leurs intérêts et de leurs avantages personnels dont il s'agit!...

    Surtout, ne touchez pas à mes sous!!...Non, surtout pas!…

  • Micheline Gagnon - Inscrite 2 mai 2010 17 h 01

    Je pense les médecins désintéressés


    Il y a un tel manque de médecins que, même avec une franchise, ils auront toujours autant de travail sinon plus. Songez que des personnes très malades attendront pour se faire soigner d'être devant une situation de très grande urgence.

    Il ne faut pas sous-estimer non plus le privé rembourés par la RAMQ qui nous coûte plus cher que les services publics car eux se prennent un profit. Remarquez qu'ils n'attendent pas aux portes pour prendre en charge les urgences dans les hôpitaux. Ils choisissent leur clientèle et leurs maladies...