Charest convoque ses ministres en séance dimanche

Québec — Chose rarissime, Jean Charest a convoqué un Conseil des ministres extraordinaire, dimanche. Officiellement, il s'agit de discuter d'un «plan de réduction des dépenses gouvernementales».

Hugo D'Amours, porte-parole du premier ministre, a expliqué hier au Devoir que les membres du Conseil des ministres manqueraient de temps, lors des réunions normales à venir (elles se tiennent habituellement le mercredi), pour discuter de ce plan.

Le budget a été officiellement adopté cette semaine à l'Assemblée nationale et «ils voulaient se mettre au travail le plus tôt possible». Le cadre sera plus «décontracté» qu'à l'habitude, a indiqué le porte-parole. Ce dernier a ajouté que les réunions du Conseil normales sont souvent monopolisées par des discussions autour de présentations de projets de loi ainsi que par d'autres sujets tels que des nominations (l'ordre du jour de ces réunions est secret).

À Saint-Hyacinthe la semaine dernière, Jean Charest s'est engagé solennellement à respecter «sa part du contrat» proposé dans le budget Bachand en ces termes: «62 % de l'effort d'élimination du déficit sera fourni par l'État, grâce au resserrement de ses dépenses, aux gains d'efficience dans les organismes publics et à la lutte contre l'évasion fiscale. Les citoyens et les entreprises contribueront pour le reste.» L'entourage du premier ministre estime que jusqu'à maintenant, lorsqu'il a été question du budget sur la place publique, c'est de cette part du contribuable dont il a été surtout question: hausse de la taxe sur l'essence, contribution santé, hausse de la TVQ de deux points, hausse des droits de scolarité en 2012 et des tarifs d'électricité du bloc patrimonial en 2014.

Plusieurs, notamment l'ADQ, ont fait remarquer que la part de 62 % du «contrat» proposé par Jean Charest était beaucoup moins détaillée que le 38 % venant de la population. «C'est à cette tâche que vont s'atteler les ministres dimanche», a précisé Hugo D'Amours.

Lorsque le budget a été présenté, le 30 mars, un Plan d'action pour la réduction et le contrôle des dépenses 2010-2014, préparé par Monique Gagnon-Tremblay, a été déposé. L'objectif est de revenir à l'équilibre budgétaire en 2014.

Ce plan précise que la cible du taux de croissance en 2011-2012 sera de 2,8 % (dans le budget de l'an dernier, on l'avait fixée plus haut, à 3,2 %). Pour y arriver, le gouvernement entend entre autres geler la masse salariale globale jusqu'en 2013-2014, ce qui donne moins de latitude à la négociation avec les employés du secteur public. Pour donner l'exemple, le salaire du premier ministre, des ministres et des députés sera gelé. Les primes au rendement sont suspendues pour les années budgétaires 2010-2011 et 2011-2012. L'annonce de la l'abolition ou de la fusion de 28 organismes a été faite au budget. Dans le plan déposé le 30 mars, on parlait aussi de façon imprécise d'une amélioration de la performance des ministères et on annonçait une révision de «l'ensemble des programmes de l'État» d'ici 2013-2014. «Ce sont ces choses qui restent à préciser», a dit Hugo D'Amours.

Par ailleurs, on a appris hier que le premier ministre effectuera prochainement une autre mission. La destination: Chicago, pour la BIO International Convention (BIO 2010), foire des sciences de la vie. Le député Alain Paquet l'accompagnera dans ce déplacement qui s'inscrit dans le cadre d'une «stratégie biopharmaceutique».
1 commentaire
  • Roland Berger - Inscrit 24 avril 2010 21 h 33

    Décontraction totale

    Plus décontractés, le conseil des ministres libéral peaufinera la façon d'appauvrir encore davantage la classe moyenne tout en ayant l'air de venir à son secours.
    La franchise en soins de santé enrobée de chocolat ! De quoi faire saliver les mieux nantis 1
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario